Triathlon Half de Dijon 26 mai 2019

C’est l’un de mes défis de l’année 2019, je me sens prêt, bien entrainé et quelque chose me dit que je vais bien finir ce triathlon Half à Dijon. Je ne sens pas trop la pression et je n’ai pas l’appréhension des premiers départs en triathlon comme l’année dernière au Triathlon du Chemin des Dames ou celui de Guéret.

Mon fidèle ami, triathlète et traileur, Alain m’a rejoint avec sa femme Patricia. Elle sera encore ma photographe officielle lors de cette épreuve. Tout semble être au top pour une course qui devrait se passer sous un soleil radieux, mais pas sous une chaleur étouffante.

Avant de départ

Avant de rentrer dans le parc à vélo, j’ai un gros coup de stress. Impossible de retrouver  mon ordinateur de vélo (Garmin 520+), la dernière fois que je l’ai vu il était dans ma chambre d’hôtel … je le cherche partout impossible de le retrouver dans mon sac. Je m’installe dans la queue des cyclistes et je fouille mon sac de fond en comble, j’y ai mis tout mon bazar: combinaison de natation, chaussure de running, gels, barres. Après de longues minutes le voilà enfin. Ça m’apprendra il faut ranger son matériel.

Je vais enfin pouvoir rentrer dans le parc à vélo … mais non, je me fais refouler par un commissaire de course, je n’ai pas les 3 attaches OBLIGATOIRES sur mon dossard. C’est ballot mon dossard n’a que 2 trous. Les organisateurs demandent d’avoir 3 attaches sur le dossard mais ne font que 2 trous aux dossards, c’est d’une logique imparable. Un peu tatillon ces organisateurs de triathlon, il faudra penser à prendre une trouilloteuse pour un faire un Triathlon maintenant !

Peu après m’être installé, Alain me rejoint dans le parc à vélo, on est un peu éloigné l’un de l’autre, j’ai repéré son vélo. En me baladant dans le park à vélo, je croise mon ancien collègue Blaise, un vrai triathlète avec plusieurs Ironman à son actif. Je ne savais pas qu’il était là, il est venu avec son club Lausannois. Aux vélos qu’ils ont, je vois qu’ils ne sont pas là pour tenir compagnie aux lanternes rouges.

La Noyade

La température de l’eau est annoncée à 16°C, ça me rappelle l’année dernière, lors de mon premier triathlon aux Chemin des Dames, la température était de 17°C. Donc pas trop de problème pour la natation tout va bien se passer, enfin c’est ce que je pensais avant d’entrer dans l’eau.

Je me mouille avant le départ et je commence à relativiser mes dires, tout ne va pas si bien se passer dans le lac de Kir. J’essaie de nager mais impossible. L’eau est un peu froide et me coupe la respiration, je nage 3 battements de bras et me voilà en apnée. J’ai des spasmes, je hoquette, j’hyper-ventile … non je ne nage pas, en tous les cas pas le crawl. Je persévère et après quelques minutes cela semble aller un peu mieux, mais je ne suis pas à l’aise du tout. Je ressors et le départ va être donné.

On se retrouve sur la plage du lac de Kir, tout le monde est prêt sauf moi, cette petite trempette ne me dit rien qui du tout, si je ne peux pas respirer, je nagerai plus vite c’est sûr, mais pas très longtemps c’est une évidence.

Le départ est donné, Inch’allah, je me jette dans l’eau et … me voilà stoppé net par le froid sibérien de l’eau du lac de Kir. Je ne respire pas, les spasmes reprennent, réaction automatique de ma cage thoracique, je ne nage pas.

Tel le Titanic, je coule. Non pas réellement, ma combinaison me fait flotter, mais mes 18 semaines d’entrainements, piscine, vélo et enchainements course à pied sont comme les violons sur le pont du Titanic. Belle mélodie, bel entrainement mais je coule et je ne peux pas partir. Rien à faire, j’essaie la brasse, impossible avec une combinaison, je n’irai pas loin. Je ré-essaie le crawl, impossible je ne respire pas, je panique, je n’avance pas. Tel le Titanic, j’entends la musique de mes entrainements un peu plus fort, le bateau penche et je coule un peu plus. Je suis le dernier, les autres avancent sans moi et je coule.

Alors, j’applique la méthode Coué, je me dis que je ne vais pas couler et j’essaie, j’insiste, après quelques minutes, le corps se refroidit, la différence de température entre mes muscles et l’eau diminue. J’arrive enfin à enchainer quelques mouvements de crawl, mais ils sont beaucoup trop rapides, je me calme et ça y est, je sens que cela arrive. Je ne serai pas le Titanic dans le lac de Kir, je commence à me réchauffer et je m’échoue sur les premiers nageurs. Je vais plus vite que les derniers donc « JE NAGE »

La Nage

Je suis chaud pour une mini-remontada, le départ catastrophique m’a boosté et vraiment énervé, je ne suis pas un super nageur mais je ne suis pas trop mauvais non plus. Malgré les quelques minutes de perdues et ma tendance à virer sur la gauche en nageant, je remonte quelques nageurs. À la première bouée je suis en pleine forme et m’étonne même qu’avec une eau aussi bonne je n’ai pu partir. La deuxième bouée est là, demi tour et passage à l’Australienne, je revient sur la plage et j’attaque le deuxième tour. Je replonge dans l’eau et je continue ma remontada.

Aucun souci jusqu’à la fin à la nage tout allait très bien, j’ai dû perdre 2 ou 3 minutes au départ. Je finis en 42’09 » 255e/325, j’ai du perdre une quarantaine de place à cause de mon départ cataclysmique.

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Le Vélo

Vu mon départ en natation, je prends mon temps pour enlever ma combinaison et enfiler mes chaussures de vélo et je pars sans problème. Enfin sans trop de problème, mon estomac est un peu indisposé, j’ai un peu trop mangé hier soir et ce matin, maintenant je me sens un peu lourd.

Je pars tranquillement en essayant de ne pas dépasser ma fréquence cardiaque cible pour le vélo, 128-130 pulsations par minute, je vais suivre le livre de Matt Fitzgerarld à la lettre. Pour le triple effort, il reste après le vélo encore une bonne vingtaine de kilomètres à pied, donc prudence est mère de sureté, je veux arriver cette année.

Contrairement à Guéret l’année dernière, je me fais doubler par des avions de chasses à vélo, et au loin je vois quelques cyclistes. Mon but n’est pas de les rattraper mais de gérer le vélo.
Après 5 ou 6 km, mon pote d’enfance et de SaintéLyon, Grégo m’envoie mon temps de natation, en me faisant remarquer que 42 minutes, pour un Stéphanois (département 42), on ne peut pas tomber plus juste.

Après avoir rouler sur une piste cyclable qui part du lac de Kir, je entre dans le brousse Dijonnaise en passant les village de Velars et Fleurey-sur-Ouche. Ensuite je file sur la première petite bosse. Mais mon estomac décide de prendre les commandes de tout le système. Si je ne m’arrête pas, cela va mal finir. Il faut trouver un « petit coin » tranquille à l’abri des regards pour faire « une commission ». Arrivée au 20e kilomètre, je m’arrête en contrebas de la route dans une virage, ni vu ni connu. Un cycliste me passe, puis deux puis trois … puis je vois la tenue bleue ciel d’Alain du club Triathlon de Nogent qui m’appelle et me demande si tout va bien. Je lui réponds que oui tout va bien, mais là je suis très occupé pour papoter.

Cinq minutes tout compris, j’ai perdu 5 minutes dans cette affaire de gestion de mon intestin, ce n’est pas très grave. Je repars plus serein et forcément plus léger (je parle de l’esprit, cela va s’en dire) et je me dis que j’ai une petite chance de récupérer Alain sur le chemin.

Passé le village de l’Etang-Vergy je passe le premier ravitaillement, un charmant bénévole me dit de faire attention et que cela va monter. Je lui réponds que ça va aller, je viens des Alpes, du Jura et j’ai l’habitude des petites bosses. Mais il a bien raison, 500m après une petite côte à 10-12% environs m’accueille avec un panneau publicitaire « Bourgognes Haute-Côtes de Nuit ». Oui, oui, je la sens bien la côte, oui là, je la sens bien !!

Je passe le petit village de Chevannes et me face à la grande côte de la course, je croise un concurrent malchanceux, il vient de crever un pneu et retourne au point de ravitaillement le plus proche … hélas pour lui je crois qu’il a encore du chemin à faire. Au loin je vois la tunique bleue ciel d’Alain, ça y est je le rattrape petit à petit. Tout au sommet de cette dernière bosse, je suis à un cri de lui. Je lui lance « Hé M. Alain on ne m’attend pas ? », ça y est il m’a entendu et se retourne, mais non il ne m’attend pas et il a bien raison. La bosse passée, Alain lance sa moulinette et je ne vois plus. Il file comme l’éclair en descente. Il a disparu, j’ai beau pousser sur les pédales en descente mais rien, plus d’Alain.

Ensuite sur la plat et jusqu’à l’arrivée, que du vent de face, la météo l’avait prévu et impossible de dépasser le 25km/h. Choix cornélien, pousser fort pour essayer d’aller contre le vent et me prendre pour le Don Quichotte du Dijonnais ou attendre patiemment en pédalant à allure modérée pour finir à la course à pied en bon état ? Je choisi la deuxième option.

J’arrive un peu seul au lac de Kir, pas un commissaire pour me dire ou se trouve le début de la zone de transition, je suis vraiment seul. Je change mes chaussures, prends ma casquette et je pars à la poursuite du Alain bleu (en tunique bleue). En fait on part presque ensemble. Il est là, à 10 mètres de moi, mais je sais que le doubler ne serait qu’une victoire à la Pyrrhus, il est plus rapide que moi ça ne servirait à rien.

Course

Cela doit bien faire 1km que je cours, ça va bien en ce début de course à pied, je regarde ma montre elle affiche à peine 500m. Ce 20km va devenir un véritable marathon. Quelques centaines de mètres plus loin, mes jambes semblent endolories et courbaturées,  ça va mal finir cette fois-ci encore. Pour y remédier je prends un gel « coup de fouet » et miracle du placébo ou effet réel, 500m plus loin: je suis bien, très bien. Mes jambes sont au top et je cours entre 9 et 10km/h.

3 tours à faire pour finir les 20km et franchir l’arrivée. Le premier se passe assez bien, l’écart avec Alain se maintient, je suis dans le rythme. J’entame le 2e tour, vers le 10e km, les choses se corsent un peu, mes quadriceps deviennent un peu plus douloureux et les crampes arrivent, gentillement mais surement, comme à chaque fois.

Vers le 11e km, ma démarche devient aussi précise qu’une montre Suisse. Si je fais un écart de quelques millimètres sur la position des mes pieds, les crampes arrivent. Torsions latérales de la cheville? Impossible ou grimace assurée, comme on dirait à l’armée je file droit, mais hélas pas très vite. Je fini par marcher et courir, au dernier tour Alain à pris de l’avance … en fait j’ai pris du retard, j’ai du mal à courir, j’alterne course et marche. En se croisant avec Alain, il me lance « Débranche le cerveau », il me reste 2km, lui 500m, le pari est gagné j’ai encore 50 minutes pour finir.

Arrivée

Dernier tour de la course à pied, je suis à l’arrivée, on ne peut pas toujours échouer, je franchis la ligne d’arrivée en 7h04m12s. Il me faudra bien une minute après l’arrivée pour que mes crampes me laissent tranquille.

J’arrive 307e sur 310 arrivants et 325 partants, Alain fait largement mieux en finissant 4 places devant moi. Mais cette fois-ci je suis arrivé et j’ai définitivement avalé ma pilule de Guéret l’année dernière.

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Ça y est: Je suis un Half-Triathlète

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Préparation Triathlon de Dijon

Dans un peu moins d’une semaine, je porterai le premier dossard triathlon de 2019 et surtout le premier vrai défi de cette année. En Juillet 2018 j’ai eu une expérience difficile au Triathlon de Guéret (1.9km/90km/21km). Sûrement à cause d’une préparation non optimale, j’ai dû abandonné au dernier tour (sur 4) de la course à pied, usé, claqué et archi cuit par la chaleur. J’étais à 4km de l’arrivée, après 108km à nager, pédaler et courir, je venais de me faire doubler par le dernier coureur, j’étais hors délai. Alors la mort dans l’âme j’ai éteint ma montre GPS et je suis rentré en marchant, j’étais un DNF (Did Not Finish) mais je m’étais promis de revenir.

Nouveau plan d’entrainement 80/20 de Matt Fitzgerald

Alors pour 2019, j’ai changé ma méthode d’entrainement et cette fois-ci je suis bien décidé à finir mon premier triathlon L à Dijon. Pour cela j’ai choisi un entrainement un peu plus professionnel et mieux reconnu dans le monde de l’entrainement. Pour cela j’ai choisi le livre de Matt Fitzgerald connu pour sa méthode 80/20 dans le monde du Marathon, il a justement sorti un livre reprenant sa méthode 80/20 mais dédié au Triathlon:

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La méthode est simple et se base principalement sur la valeur seuil dans les 3 sports, ensuite il faut suivre le plan suivant son niveau et surtout suivant la distance (Sprint, Olympique, Long ou Ironman). Pour trouver sa valeur au seuil à vélo ou en course à pied, rien de plus simple:

  • faire un échauffement de 10 minutes
  • courir ou pédaler le plus rapidement possible pendant 20 minutes
  • prendre la moyenne de sa fréquence cardiaque sur les 20 minutes du test, c’est la valeur du seuil!

J’ai donc fait les tests en vélo et en course à pied et cela m’a donné:

  • vélo: 149 pulsations/min
  • course à pied: 153 pulsations/min

Je pensais trouver des valeurs beaucoup plus proches entre elles, mais mon manque d’expérience à vélo et mes petites jambes en ont décidé autrement. Mais c’est la méthode suivons la!
Ensuite il faut définir le niveau de difficulté du plan (0, 1, 2, 3), en fonction de son expérience et du temps que l’on veut investir dans cette préparation. J’ai choisi le niveau 1. Le niveau 0 me semblait un peu léger en terme d’enchainement nage + vélo ou vélo + course à pied.

Ensuite il faut suivre les 18 semaines d’entrainement. Je ne vais pas expliquer en détail le plan, de plus le livre n’est pas très cher. (petite précision je ne touche aucune commission dessus et oui j’ai acheté ce livre). Mais ce plan est très bien construit, progressif mais  certaines semaines furent un peu plus difficiles si je surfais avec les limites de la méthode 80/20.
Mais aujourd’hui à moins d’une semaine du triathlon de Dijon et sur un parcours que je connais bien, je viens de battre plusieurs records sur la montée du col de la Faucille près de Gex … et je me sens très en forme.

Autre point important, j’ai bien suivi les enchainement « vélo + course à pied » sur les sorties longues du dimanche, je pense que c’était une de mes grosses erreurs de l’année dernière à Guéret.

Mon entrainement en chiffres

Mais revenons à cet entrainement, je l’ai donc commencé fin Janvier, mais j’ai commencé à pédaler, nager et courir un peu plus tôt mi-décembre. Pour résumer en quelques chiffres depuis le début de l’année, j’ai cumulé:

  • 45 km de nage en piscine
  • 1325 km de vélo, par tous les temps (froid, pluie et vent)
  • 600 km de course à pied route et trail (dont l’Ecotrail de Paris)

Je l’avoue je n’ai pas suivi « à la lettre » l’entrainement de Matt Fitzgerald, j’ai essayé de suivre les entrainements vélo avec mon Home-Trainer et bien entendu la course à pied. Par contre j’ai un peu zappé la 3e séance de natation hebdomadaire, j’ai essayé de me tenir à 2 séances par semaine quand mon emploi du temps me le permettait. Mais il faut savoir jongler avec les 3 sports, c’est un peu plus dur que la course à pied ou le trail.

Mais mon entrainement a-t-il été efficace ?

Il y a quelques mois, j’ai regardé la littérature sur la science de l’entrainement, sur différents sites internet, j’ai trouvé que l’on peu voir son état de « Forme« , de « Fatigue » et connaitre sa « Condition Physique« . Ces valeurs sont calculées en fonction de sa fréquence cardiaque et de son entrainement, il y a une très bonne explication de ses valeurs et de leurs calculs sur le site le-triple-effort

Il existe plusieurs sites qui permettent de faire le calcul des ses valeurs et de voir sa « condition physique » évoluer en fonction de son entrainement. De ceux que j’ai essayé, en version gratuite ou payante, je trouve que le meilleur est trainingpeaks.com et les données concernant mon entrainement sont plutôt engageantes:

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Alors comment lire cette courbe? La ligne bleue représente ma « Condition Physique« , la « Fatigue » est en rose et la « Forme » est en jaune. Le plus important est de voir que la condition physique augmente avec les sessions d’entrainements. De plus, lors de longues sorties (comme le pic au début avril), j’ai vraiment ressenti une grosse fatigue la semaine suivante. Ces indicateurs me semblent assez fiables par rapport à mon ressenti, oui fiables, uniquement si les données de seuil sont bien paramétrés sur le site et si on a fait un vrai test « au seuil ».

Sur la courbe ma condition physique monte pendant l’entrainement, et surtout il n’y a pas trop de fatigue. Il semble que « théoriquement » mon entrainement c’est bien déroulé. Sur un autre site qui donnent ces mêmes informations strava.com, ma condition physique d’aujourd’hui (égale à 53) semble meilleure de plus de 20% par rapport à ma condition physique avant Guéret (égale à 46 au 30 juin 2018)

Maintenant, il faut valider cela, dans la vraie vie, résultat dimanche prochain vers 17h barrière horaire du triathlon L de Dijon …

Ecotrail de Paris 30km, 16 mars 2019

Premier dossard de l’année et premier Trail dans la capitale Française. Un Trail le mot est bien fort pour moi qui connait bien les Monts du Jura (où à 10km de chez moi je peux faire 1000m de dénivelé sur 6km et finir au sommet du Reculet à 1718m). Mais oui, un petit Trail de 30km au départ de Meudon, très peu de dénivelé (500m) mais surtout une arrivée triomphale au pied du Trocadero, juste face à la Tour Eiffel. Un peu étrange de commencer cette première course de l’année alors que mon entrainement pour le Triathlon L (longue distance) de Dijon a déjà commencé depuis 8 semaines. Mais cela permettra de voir si j’ai la forme et faire une course plutôt roulante dans une région que j’ai bien connue.

Observatoire de Meudon

L’endroit est magnifique, je n’y suis jamais allé auparavant, mais j’ai lu beaucoup d’écrits de physiciens et d’astrophysiciens qui ont travaillé dans ces murs: Foucault, Cassini, Le Verrier et plus récemment Jean-Pierre Luminet. Des écrits sur des sujets bien éloignés de la course à pied ou du triathlon … mais je m’égare.
Il ne fait pas très froid, mais il y a beaucoup de vent, environ 25-30km/h, la météo l’avait bien prévu et heureusement celui-ci sera dans notre dos et nous portera aux pieds de la Dame de Fer.

Avec mon fidèle ami Alain, nous sommes prêts, dans le sas de départ, quand soudain mon téléphone sonne … Beau-papa me fait la surprise de venir me voir, il n’est pas loin et j’aurai juste le temps de le voir 2 minutes avant le départ.

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L’Observatoire de Meudon

Départ 10h06

On part dans le 2e ou 3e vague, je ne m’en rappelle plus, l’objectif est de finir dans les 3h30, de ne pas se fatiguer et surtout de prendre du bon temps. Le départ se fait à une vitesse de 10km/h. Les bois de Meudon sont magnifiques et surtout la course est plutôt roulante, le terrain est un peu humide et il n’y a pas de difficulté particulière, bref ça roule à Paris.

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Alain, moi et la Tour Eiffel au milieu
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L’ambiance du départ
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Départ dans quelques minutes

Chaville Km 9, 1h de course

Des petites montées, des petites descentes, c’est roulant, mes nouvelles chaussures de trail Saucony accrochent très bien, mais j’ai peur que le faible drop de ces chaussures me fasse un peu mal sur la fin de la course. Je n’ai pas vraiment l’habitude de ces Saucony, je n’ai que 50km au compteur avec celles-ci, c’est un peu risqué de s’élancer avec du matériel neuf, mais le risque est faible et ce n’est pas non plus mon objectif de l’année.

Juste avant d’arrivée à Chaville, je fonce dans les descentes, et parfois j’attends un peu Alain  qui est juste derrière, puis je rêvasse et soudain CRACK … ma cheville. Je ne regarde pas et je pose mon pied sur une pierre et ma cheville se tord … aie … je boite presque. Non la cheville n’est pas foulée, tordue ou HS, mais je suis passé à quelques millimètres de la grosse faute. Je boite un peu, mais la cheville se remet vite de cette petite entorse. Tout va bien.

Marne la Coquette, Km 14, 1h36 de course

On passe Marne la Coquette, un petit clin d’œil à Johnny, là où vivait l’artiste, quand il n’était ni Californie ni en Suisse. On passe le centre ville où ce qui y ressemble et on arrive dans la forêt de Saint-Cloud.

Aux abords de Paris, km 19, 2h15 de course

Une petite montée et on arrive au seul point de ravitaillement de cette course de 30km. Oui, un seul ravitaillement. D’accord ce n’est pas la SaintéLyon sous la neige ou la boue, mais un seul ravitaillement au 2/3 de la course je ne trouve pas cela très équilibré. Le ravitaillement se passe bien, un peu d’eau et on repart, mais là je commence à ressentir des douleurs dans les jambes.

Suis-je parti un peu vite? Ou est-ce mes chaussures avec un drop réduit, qui changent ma façon de courir et me donnent des douleurs aux quadriceps? Les derniers 10km de la course vont être difficiles. En plus, contrairement au départ, je commence à vraiment avoir chaud. Les pulsations montent, cela se voit bien sur la courbe.

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Dans Paris, km 20, 2h30

Ah oui, ça y est je vois la Tour Eiffel, mais elle est encore loin. Les jambes tirent, ma chaleur augmente, je suis dans le dur. Alain cavale comme un cabri, il est bien, enfin bien mieux que moi. La suite du parcours est loin d’être joli, quelques chantiers, des zones de constructions, la porte de Saint-Cloud, l’hôpital G. Pompidou, bof bof pas terrible chez les Parisiens.
En passant le Pont de Grenelle et l’Ile aux Cygnes, le paysage se fait bien plus champêtre au cœur de Paris et je reconnais que cela change du tout au tout par rapport aux zones de chantiers. La tour Eiffel arrive à grands pas, je reconnais le Trocadéro au loin. On monte sur le 16e arrondissement, ça monte un peu, des escaliers et enfin le Palais de Chaillot et le Trocadéro.

Trocadéro, Palais de Chaillot, km 29, 3h23

Il me semblait que l’arrivée était aux pieds de la Tour Eiffel, mais en arrivant au Jardin du Trocadéro je vois l’arche de l’arrivée, je n’ai que 29km au compteur et non pas  les 30 annoncés.

Avec Alain on passe la ligne d’arrivée en 3h23 et quelques secondes. Mon estimation de 3h30 n’était pas si mal, je me basais sur 30km et non 29 et a une allure de 6 ou 7 min/km, je tombe pile-poil dans mon estimation.

En arrivant mon supporter Parisien, Beau-Papa m’a fait de nouveau le plaisir de venir me voir et on a pu manger ensemble à coté de la tour Eiffel. Ensuite comme j’avais encore un peu faim, j’ai été gouté chez mon pote d’enfance Grego qui m’avait préparé un  « Carrott Cake » de fin de course qui me ferait bien prendre un abonnement annuel à l’Ecotrail de Paris + Gouté

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J’ai bien aimé cette course, elle est bien situé pour le début de saison et elle propose beaucoup de formats 30km, 45km et 80km pour les plus audacieux. Il n’y a pas de grosses difficultés et les montées sont relativement modestes. Les bénévoles étaient aux petits soins, sur hélas, le seul ravitaillement, du format 30km.

 

Bilan 2018, Projects 2019

L’année 2018 est terminée, une petite rétrospective sur cette année un peu particulière, non je n’ai pas changé de sport mais j’en ai découvert un autre. Après la course à pied sur bitume, le trail hors des sentiers, je me suis mis au triathlon. Pas très facile ce sport, il faut beaucoup d’investissement dans les 3 sports, mais aussi investissement dans le matériel: pour la combinaison néoprène, combinaison trifonction, le vélo et son matériel … Mais j’ai adoré, mes tendons aussi, je ne me lève plus avec les 2 tendons d’Achille qui tirent. Sur le plan mécanique j’ai eu beaucoup moins de problèmes de tendinites que ces 2 dernières années.

J’ai commencé par un triathlon distance M (1.5km de nage, 40km de vélo et 10km de course à pied) en mai, pour enchainer par un Triathlon distance L (1.9km de nage, 90km de vélo et 21km de course à pied) début juillet.

Si le premier Triathlon du Chemin des Dames c’est assez bien passé, le deuxième à Guéret a été un calvaire dans dans les derniers kilomètres de la course à pied. La chaleur (>30°C) mon manque d’enchainement « vélo-course à pied » ont eu raison de moi. Non pas de ma capacité à finir, mais j’étais hors-délai. Je m’étais fait doubler par le dernier, mon pote et fidèle ami Alain. Mais je ne m’avoue jamais vaincu, en 2013 j’ai vécu un enfer lors de la SaintExpress (45km), j’y suis bien revenu en 2015 lors de  SaintéLyon (72km), en finissant une course plus longue en bien meilleur état, j’aurai bien fait 20km de plus.

L’année 2018, c’était aussi et surtout le Half Marathon des Sables de Fuerteventura. Si ni la distance, ni la chaleur ne me faisaient peur, le cumul de 3 étapes en autonomie complète était un peu plus challenging. Je pensais que faire toutes ces étapes en si peu de temps, mon le corps allait énormément souffrir, seuls mes pieds ont bien soufferts, mais la fatigue et la chaleur ne m’ont pas trop atteint.

2019

J’ai commencé à préparer 2019, j’ai 2 courses au programmes. Un triathlon en début d’année, le triathlon de Dijon toujours au format L (2km de natation, 90km de vélo et 21km de course à pied) au mois de mai. La deuxième course est encore hypothétique, je suis pendu aux résultats d’une course que je veux faire en 2020.

Je m’explique, j’aimerai tenter une course de l’UTMB (Utra-trail du MontBlanc, course autour du Mont-Blanc), mais j’aimerai faire cette course en 2020. Pour s’inscrire il faut des points, pour avoir des points il faut faire des courses, mes 2 dernières SaintéLyon (2017, 2018) m’ont permis d’avoir ces points, mais même avec les points la probabilité d’être sélectionner pour cette course est faible. Faible car il y a un tirage au sort, ma chance d’être pris est de 30% environ. Mais si je me m’inscris de nouveau en 2020, j’aurai 2 fois plus de chances d’être pris. Donc je tente ma « non-chance » cette année, pour essayer d’être sélectionner l’année prochaine en 2020.

Donc je me suis inscris cette année pour espérer ne pas être pris, mais retenter ma chance l’année prochaine pour faire cette course. Ah oui, cette course est la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix: 101km et 6500 de D+) et non pas la référence l’UTMB et ses 170km, cette dernière est hors de portée pour mes petits jambes.

Donc si tout va bien: je ne suis pas sélectionné le 11 janvier 2019 pour la CCC et je m’inscris à la LGTrail (Lausanne-Genève Trail), course très locale pour moi. Je travaille à coté de Lausanne et je vis à coté de Genève, le parcours passe à 2 km de chez moi. J’ai fait Lausanne-Genève en voiture, en train, à vélo. Il ne me restait plus que la course à pied et la nage. Pour la nage je vais attendre un peu mais pour la course à pied cela devrait se faire en 2019.

Si par chance ou malchance je suis sélectionné pour la CCC, et bien j’en profiterai quand même. Ma cote ITRA est proche de celle des derniers finishers, il faudra que je surfe une fois de plus avec les barrières horaires.

Donc 2019, tout comme les années précédentes, sera un peu plus challenging.

Et très bonnes année 2019 à tous.

 

SaintéLyon 2018

Nous y voilà, ma 4e SaintéLyon et 6e participation à une course de la SaintéLyon, je suis rodé, je connais les parcours par cœur et cette édition plus longue de la course ne me fait pas peur.

Comme à notre habitude avec mon pote d’enfance Grégo, on se retrouve pour manger ensemble, mais cette fois-ci pas chez sa Belle-Mère, mais à la brasserie le Sud invité par l’un de mes fidèles supporters, Jacques mon Beau-Père.

Ensuite et comme depuis les 3 dernières années, je retrouve Briag le Breton et nous filons à Saint-Etienne chez mes parents pour nous reposer un peu. Briag est venu avec Sylvain un de ces amis d’enfance, il y aura donc 2 Sylvain et un Briag au départ de cette 65e édition de la SaintéLyon.

Une version un peu plus longue de 9km, concoctée par Alain Souzy grand traceur du parcours de la course. Cette version un peu plus longue comporte des portions inédites mais aussi le meilleur de la SaintéLyon. Une petite pensée pour Alain qui nous a quitté l’année dernière juste avant l’édition 2017.

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Une SaintéLyon un peu plus longue 81km pour la 65e édition

Saint-Etienne, vers 22h

Nous voilà au départ de la course comme chaque année on se met à peu près au même endroit dans la ferveur du Parc des Exposition de Saint-Etienne. J’ai mal au crane depuis le début de l’après-midi, malgré un cachet d’aspirine ça ne passe pas vraiment, mais je compte sur le début de la course pour que mon mal de tête parte assez vite. Cette année il fera vraiment moins froid que l’année dernière, par contre la pluie sera bien là. D’ailleurs en attendant le début de la course dans le Hall des Expositions il commence à pleuvoir.

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Sylvain, Briag et moi en attendant le départ

Le départ 0h30

Comme nous ne sommes pas très rapides, enfin surtout moi, Sylvain Briag et moi, nous mettons dans le dernier sas, nous partons à 0h30, les premiers (dont Grégo) sont déjà partis depuis une heure. On part à petit trot, cette fois-ci on ne va pas partir trop vite. Sylvain ne n’ayant jamais fait cette distance, m’attend comme un métronome alors que Briag est pressé d’en découdre avec la SaintéLyon.

On passe plus ou moins par le même départ qu’il y a deux ans, je reconnais des passages, juste après avoir quitté Saint-Etienne. Il pleut, c’est vraiment la gadoue, la SaintéGadoue comme me dit Briag, oui très vite nos chaussures fluos, rouges, vertes et / ou flashy deviennent gadoue, les pieds sont au froid, mouillés … la SaintéLyon commence maintenant.

Cette année on ne passe pas par la Talaudière, on prend les petit chemin directement pour longer Sorbiers et filer sur Val Fleury. Val-Fleury village mythique de la SaintéLyon, pas la mienne celle de mon père en 1978, il a fait la Lyon-Sainté, cette année là, ils sont partis de Lyon pour arriver à Saint-Etienne, en arrivant à Valfleury, mon père m’a dit « j’ai cru que j’allais crevé ». J’ai une petite pensée pour lui, il sera cette fois encore avec ma mère, à l’arrivée à Lyon.

Entre Sorbiers et Valfleury km 12-13

J’ai toujours ce mal au crane, en plus d’un bide un peu récalcitrant, voilà que j’ai quelques vertiges et des envies de vomir, elle commence très mal cette SaintéLyon. J’ai presque encore une SaintéLyon normale (72km) devant moi et plusieurs voyants sont à l’orange, orange bien vif. Je commence à psychoter, si je dois abandonner ou dois-je être rapatrier? Soit j’appelle ma mère, elle vient me chercher à Saint-Christo ou je me fais rapatrier par l’organisation et je finis à Lyon et j’attends Briag et Sylvain … 10 bonnes heures … malade. Les deux options ne m’emballent pas, la troisième est de finir, mais au rythme ou je perds mes indicateurs de santé, j’estime actuellement à 10% mes chances d’arriver … ça ne va pas très bien.

Saint-Christo en Jarez, 2h51, 19 km

Ça va un peu mieux, c’est pas encore cela, mais j’ai l’impression que le pire est derrière moi, il fait un temps de grenouille, il pleut, c’est toujours la gadoue et j’ai froid. Moi qui pensait avoir un peu chaud sur cette course avec mon x-Bionic. Heureusement j’ai pris en cas de chaleur un t-shirt manches longues. En arrivant au ravitaillement je retrouve Briag et Sylvain qui m’avait laissé lors d’une pause pipi. Je mets mes gants et mon t-shirt supplémentaire cela fait toute la différence, je repars presque au sec et presque au chaud, en route pour Saint-Catherine.

Je m’aperçois en chemin que j’ai oublié 2 choses à mettre dans mon sac, ma frontale de secours un petite petzl avec laquelle j’avais fait la SaintExpress il y a 5 ans déjà et un gobelet. Pour le gobelet ce n’est pas grave, mais pour la frontale cela devrait aller j’ai fait 2 SaintéLyon avec elle et je ne suis jamais arrivé avec une batterie à plat, donc 2 oublis pas très grave.

On arrive dans la grande descente pour SainteCatherine, je suis pas trop mal, toujours un peu mal à la tête, au bide, mais les envies de vomir sont restés sur Saint-Christo.

Sainte-Catherine, 5h08, km 32

Ca va mieux je mange un peu, mais mon t-shirt et les gants m’ont bien réconforté, ça va bien mieux. Je me rappelle l’année dernière, il faisait un froid polaire (-9°C), on était transi de froid avec Briag. Cette année, ce n’est pas les grosses chaleur, mais ça va.

On repart en groupe, le moral est au beau fixe, je ne pense plus à abandonner, je sais que tout de suite la montée du Rampeaux nous attend avant d’arriver au Signal pour signer la mi-course et le point le plus haut.

La montée du Rampeaux

750m et 194m de dénivelé, nous montons dans un silence monacal, personne ne parle tout le monde monte dans la nuit, le froid et la boue. Ça glisse, ça dérape un peu mais après un peu de 20 min j’arrive enfin en haut, Briag et Sylvain m’attendent et me voilà presque à la mi course.

On arrive sur la grande descente sur Chaussan, cette année il n’y a personne, souvent c’est le bouchon (pour moi) de la SaintéLyon, chaque année le chemin est emboué, mais personne n’avance. La je peux un peu accélérer, je suis bien, enfin mieux, ensuite on arrive sur Saint-Genou, je retrouve Sylvain et Briag qui me devancent toujours un peu peu, ils sont un peu plus rapides, mais en plus je commence à fatiguer.

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Photo floue, je dois courir trop vite …

Saint-Genou, 7h52, 48km

Le soleil vient de se lever, j’ai jamais vu Saint-Genou le jour, je suis vraiment lent et la boue nous ralentit beaucoup, on ne s’attarde pas, on commence à voir pas mal de gens usés, fatigués qui commencent à défaillir. Je vois que je ne cours qu’en descente, sur le plat, je cours et je marche, la remontada n’est pas là, mes piles (ma forme) s’épuisent, mais les jambes sont toujours au top, aucunes courbatures aux jambes, juste de la fatigue je manque de jus, de sucre.

Magnifique on voit la brume en dessous de nous, Lyon au loin surement, les langues des coureurs se délient avec l’arrivée du jour, pendant la nuit c’était sinistre, tout le monde était dans sa bulle.

La gadoue, la gadoue, la gadoue à mi-course

 

Soucieu en Jarez, 10h20, 62km

J’arrive à Soucieu, je suis au bout du rouleau, je ne sais pas vraiment quelle heure il est, je passe devant la camera en courant pour faire bonne figure, mais un gros coup de massue me tombe dessus. Je suis cuit, fatigué, exténué comme jamais. Je me rappelle ma première SaintéLyon arrivé à Soucieu j’étais au taquet près à reprendre la route aussitôt. Là, je suis mort, j’allume mon téléphone, je reçois pleins de messages de collègues, d’amis runners du Pays de Gex, de la famille. Ils me disent que je fais une belle remontée !?!? Je suis dubitatif, je n’y crois pas, je me traine comme jamais sur une SaintéLyon. Alain mon pote du HMDS, des 100km de Millau, me le confirme, je n’y crois pas trop, mais je suis touché par tous ces messages. Je retrouve Briag et Sylvain et je passe à table: je dévore, saucisson, comté, pain et je bois. Un peu comme la potion magique, je repars regonflé à bloc et je cours, oui je recours.

Le passage du Garon arrive plus vite que d’habitude (une impression), la longue ligne droite et la petite montée (chemin des lapins) et bientôt l’arrivée sur Chaponost. Si je pensais pas pouvoir finir arrivé à Soucieu, l’arrivée à Chaponost me réjouit et personne n’abandonne à Chaponost, il ne reste que 10km.

Chaponost, 12h12, 71km

Je retrouve de nouveau Briag et Sylvain qui m’avait devancé dans une montée, entre temps j’ai fait la connaissance d’un Chti du Nord qui hurlait à sa copine (ou amie). Je tiens bien à préciser qu’il hurlait et qu’il ne parlait pas, s’en était presque pénible.

Je suis bien entamé, cette SaintéLyon est difficile, mon pote Grégo qui a déjà fini et qui en est à sa 9e participation me dit que pour lui c’est la plus dure. A vrai dire, cela se vaut avec celle de l’année dernière et ses températures polaires. Je repars derrière Briag et Sylvain, j’entre dans le petit parc derrière Chaponost et là encore de la boue, de la gadoue, de la flotte, c’est vraiment la SaintéGadoue.

Je reconnais l’entrepôt, après on tourne à droite et on arrive sur les aqueducs de Beaunant, mais juste avant d’arriver ma montre me fait « bip bip », elle vient de me dire qu’elle se couche, pour elle c’est terminé, elle n’a plus de batterie. Bizarre sur le HMDS, elle a tenu 15h30 sans aucun problème. Le plus drôle c’est qu’elle m’affiche une charge de batterie de 34%, ce n’est pas ce que j’appelle une batterie déchargée ?!?! Peu importe je connais pas cœur, la fin du parcours et au moins elle m’indique l’heure.

La montée des aqueducs me parait moins difficile que les années précédentes, et comme à son habitude mon pote Grégo est la pour me soutenir dans les derniers km.

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Quand je vois Grégo, il reste 3km et c’est la fin

Ensuite la descente des escaliers du chemin Grapillon, on passe la Saône, le pont Raymond Barre et c’est fini. J’aperçois 2 personnes sous la pluie qui me prennent en photo, mes parents sont bien là pour la photo finish. J’arrive enfin, difficile ce cru 2018 de la SaintéLyon, la boue, la gadoue, la pluie m’ont anéanti.

Alors ce cru 2018 était-il plus dur que l’année dernière ? Je ne sais pas, je pense que j’étais moins en forme, c’est une évidence, le froid, la pluie et la gadoue m’ont bien entamé sur le début et la fin de la course. Émotionnellement, la Saintélyon 2017 était plus intense, j’ai eu les larmes aux yeux en arrivant l’année dernière. Cette année pas mal d’émotion arrivé à Soucieu, mais je crois que j’en avais vraiment marre du parcours de la fin, je le connais pas coeur et je crois qu’en 2019 la SaintéLyon se fera sans moi, même si le départ à lieu le jour de mon anniversaire. Je crois qu’il faut que j’ai encore envie de la courir pour y revenir, surement mieux préparé et avec l’envie. Alors que je prépare la saison 2019, la SaintéLyon ne sera sûrement pas au programme.

Pour répondre à la question, je pense que le que la version 2017 était vraiment difficile du point de vue des conditions mais moins physique, celle de 2018 était plus physique à cause de la boue et de la pluie. Mais chaque SaintéLyon est difficile, mais les crus 2017 et 2018 vont rester dans les annales encore un moment.

Je finis en 14h20 à la 4400e place, je perds 200 places par rapport à l’année dernière, mais il y a eu beaucoup d’abandons cette année 1390, bien plus que l’année dernière 950 abandons, bref 2018 était bien plus dure que 2017 CQFD

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Après la bataille

Mes 3 autres participations à la SaintéLyon

Prépa SaintéLyon 2018

Voilà un peu plus d’un mois que j’ai fini le Half Marathon des Sables de Fuerteventura (étapes: 1, 2, 3), me voilà reparti pour la SaintéLyon, ma 4e:

  • 2015: la plus challenging et paradoxalement la plus facile, la première fois sur une si grande distance pour moi
  • 2016: Avec Alain et Briag, un peu difficile sur la fin, mais de très bons souvenirs
  • 2017: la plus difficile avec des températures d’une vraie SaintéLyon (-9°C), du verglas, du vent, de la neige et 3 ou 4 gamelles

Méthode d’entrainement

Les deux dernières SaintéLyon furent éprouvantes pour les cuisses, je suis arrivé avec des douleurs aux quadriceps comme jamais. Alain en 2016 et Briag en 2017 m’ont bien soutenu et supporté pour terminer ces courses. Alors pour 2018, j’ai changé mon entrainement, au lieu de faire du D+ dans les Monts du Jura, j’ai fait du plat, par contre j’ai fait beaucoup d’Air squats.

Environs tous les 3 jours, 6 séries de 25 squats, chaque série séparée par 25 secondes de repos. Pour les débutants je recommande de commencer par 6 séries de 10 Air Squats. Après quelques semaines, les montées en trail se feront sans aucune douleur.

Squats et Trail de la Valserine

J’ai pu testé cet entrainement il y a un peu plus d’un mois avec le Trail de la Valserine: 35km et 1300m de dénivelés positifs.
La course s’est bien passée j’ai surtout pu continuer à accélérer et doubler quelques concurrents sur la fin sans avoir de douleurs aux jambes. De plus, chose très étrange j’ai pu augmenter ma fréquence cardiaque moyenne sur une aussi longue distance, me faisant dire que j’ai pu pousser une peu plus la machine. J’ai hâte de tester la technique cette SaintéLyon et ses 81km.

SaintéLyon 2018

Cette année, Briag sera avec moi pour sa 3e SaintéLyon, je pense partir avec lui, mais je vais essayer de ne pas partir trop vite dans la première moitié de la course. Ensuite comme à mon habitude, je vais faire la technique de la tortue et « doubler les concurrents partis trop vite ».

Du point de vue de la météo, cela sera surement plus clément que l’année, pas de neige, de vent, de verglas et de températures négatives. Pour le moment, à 3 jours de la course, la météo annonce de la pluie dans la nuit de samedi à dimanche et des températures plutôt positives (3-8°C).

Alors résultat dans 4 jours vers 13h-13h30, heure probable de mon arrivée …

 

 

 

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 3, 27 septembre 2018

La dernière étape, un peu plus de 22km et on sera « finisher ». Tout comme les 2 premières étapes je n’ai pas regardé la carte de cette étape, les 2 choses que j’ai vraiment vu sont que le départ se fait en bus à 20 minutes à pied du bivouac et que l’arrivée est à notre hôtel. ah, si … il y a aussi une belle montée sur la fin, mais à part cela je ne sais rien du parcours, mais 22km ce n’est pas l’étape la plus difficile et ça sent l’écurie, l’arrivée, la maison!

Alain ne veut pas vendre la peau de l’ours,  oui une cheville foulée est vite arrivée et la médaille n’est pas encore à notre cou. Les bus nous déposent sur le départ, l’arche du départ est là, il y a des cailloux de la terre volcanique de partout, cela ressemble à Mars, enfin j’imagine.

La machine (moi) est plutôt en bon état, je n’ai mal nul part, pas vraiment de courbatures ou de bobos suite aux 2 premières étapes. Pas vraiment de fatigue non plus, la journée de repos totale a vraiment fait du bien, j’ai pu faire soigner mes petits ampoules sur le coté des pieds, mais surtout le sac à dos est bien moins lourd, par contre je colle de partout, entre les gels sucrés, le sable et la sueur. J’ai hâte de prendre une douche une fois arrivé à l’hôtel.

Mes guêtres sont ruinées, la colle n’a pas tenu, les contraintes de la deuxième étape et le sable du désert ont transformé mes chaussures, et mes guêtres d’un jaune pétant, en godasses crasseuses et complétement ruinées.

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Mes chaussures de Trail au départ de la 3e étape

Le départ km 0, 28°C, 10h00

Pour une fois on est pile à l’heure, j’ai l’impression de partir assez vite, même si dans les chiffre je pars entre 8 et 9km/h, le sac est léger et le souffle rapide. On part dans le lit d’un ancien volcan, le parcours est assez roulant mais vite accidenté avec des pierres très coupantes, il ne faut pas tomber, et faire attention ou l’on met les pieds. La vue est magnifique et très rapidement je vois le peloton qui s’étire comme un accordéon, bien entendu Alain et moi nous nous retrouvons toujours dans la queue.

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Km 6, 59min, 33°C

On est dans le lit de l’ancien volcan, le paysage est magnifique Buzz Aldrin aurait dit que c’est une « magnifique désolation », le terrain est très lunaire, mais il commence à faire chaud. On double on se fait doubler par les autres concurrents tout aussi rapides que nous. J’ai assez peu de souvenir de cette journée et encore moins de photo, ma camera ne marchait pas trop et je pense que l’envie d’arriver était plus importante que de prendre de flaner à prendre des photos.

Vers le 10e kilomètre on commence à retrouver la civilisation, on traverse le village de « Tequital » et l’arrivée ne nous semble plus une promesse, mais une réalité bien imminente. Les jambes vont bien après presque 100km dans le désert, il fait chaud très chaud.

Quelques kilomètres plus loin, un plus gros village nous accueille, la civilisation et la première douche arrivent à grand pas. Il fait vraiment chaud, je commence ressentir la chaleur, il m’aura fallu plus de 100km dans le désert pour avoir le sentiment vraiment étouffant de courir dans le désert et enfin de me sentir appartenir au Marathon des Sables … enfin juste le Semi Marathon des Sables. Voilà enfin de dernier ravitaillement au km 16.

Km 16, 2h30m 36°C

Ça y est, le dernier ravitaillement, avec Alain on se rafraichit une dernière fois et après ce sera la victoire, la victoire sur ce petit désert, sur cette île aux vents et à la chaleur. Le ravitaillement à lieu dans ancien lit d’une rivière, j’ai l’impression que les rochers nous renvoient la chaleur du soleil, je bous, je commence à bouillir. On repart en direction de la petite montagne qui nous sépare de l’arrivée et de notre hôtel, un col à 130m d’altitude.

Alain repart et recommence à me distancer, il grimpe comme un cabri et moi comme une limace, il file, file et me distance encore. Alain est obnubilé par Jesus, non pas celui qui marche sur l’eau mais un Espagnol qui a eu l’outrecuidance de ne pas répondre à ses questions et de ne pas lui décrocher un mot de la course. Alain file vers la victoire, moi j’essaie de m’accrocher en montée, mais il est trop rapide, j’ai beau essayé d’accélérer mais la machine surchauffe, les poumons et les jambes ne suivent plus. J’arrive au sommet, je ne vois plus Alain, mais je vois enfin l’hôtel, la fin la délivrance: l’arrivée.

Km 22, 3h45, 30°C

La musique est là, les supporters aussi, tout le monde m’encourage, il me reste 300m de plage à traverser faire une demi tour et j’aurai enfin la médaille du HMDS. Mes pieds me brulent depuis le dernier ravitaillement, une brulure vive et persistance, je n’y pense pas trop, je m’approche de l’arrivée, j’entends la sono et le speaker. Tiens, étrange, il semble déjà connaitre mon prénom … il m’encourage comme jamais dans une course, il commence à raconter ma vie de coureur, la SaintéLyon, les 100km de Millau … et je vois Alain planté derrière la ligne d’arrivée micro à la main, il m’encourage comme personne. J’accélère, je fonce, ça est c’est fini, je passe la ligne d’arrivé et tombe dans les bras d’Alain … l’objectif 2019 est atteint !!

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Il reste 200m
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Je cours, enfin j’essaie, vers l’arrivée
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Je tombe dans les bras d’Alain après 120km dans le désert
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Les 2 Finishers
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La médaille du HMDS 2018

Sur la 3e étape, Alain finit en 3h35 à la 158e place et je finis en 3h44 à la 165e place sur 222 finishers.

Au général, au temps cumulé des 3 étapes: Alain finit 123e et je finis 130e sur 222, pas très loin du milieu du classement au général (55% pour Alain et 58% pour moi).

Cette course était vraiment pleine de promesses et je n’ai pas été déçu: du désert, du sable et des paysages magnifiques on en a vu. C’est vraiment une très belle course, très différente de tout ce que j’ai vu auparavant. Je tiens surtout à remercier les organisateurs et surtout les bénévoles qui par de très grosses chaleurs nous ont attendu et réconforté.

Je pensais vraiment trouver une course très difficile, voir insurmontable. Plusieurs coureurs m’ont dit que cette édition 2019 était plus dure que celle de 2018, et certains m’ont également dit que le HMDS était plus dur que le vrai MDS, mais qu’il était juste plus court. Je n’ai pas trouvé cette course très difficile ou trop difficile, mais je pense que j’étais aussi très bien préparé.
Non je ne suis pas déçu, j’ai vraiment aimé cette course mais une 4e étape ne m’aurait pas déplu ou alors des étapes un peu plus longues.

Après tout cela le vrai Marathon des Sables me direz-vous ? Je ne sais pas, je dirai que le vrai MDS me fait moins peur et me semble beaucoup plus abordable. Mais le prix et le temps loin de ma famille me fait penser qu’il y a d’autres challenges plus condensés et peut-être plus proche de chez moi.

Mais aussi le MDS est un sérieux budget (>3500€) et budget vacances (+10 jours loin de la famille). Alors on verra pour 2020 avec Alain pour le MDS.

Pour la suite, cela sera la SaintéLyon pour ma 4e participation …

 

Les précédentes étapes:

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 2, 25 septembre 2018

La nuit vers 3 ou 4h du matin

Je viens de vous le dire, Fuerteventura veut dire vent fort, ce nom vient frapper contre ma tente toute la nuit, le vent fort de Fuerteventura tapera tout le début de la nuit sur les tentes du bivouac. Puis vers 3h ou 4h du matin, le calme plat, enfin je peux dormir, sauf si cette envie pressante et naturelle ne me poussait pas à prendre l’air. Mais sortir faire 200m pour aller jusqu’au toilettes et revenir ne m’emballe pas vraiment, j’ai plutôt envie de me reposer pour cette grosse étape de 66km qui se profile.

Bon je me décide pour aller humidifier les abords du camping en plein  milieu de la nuit, c’est la pleine lune, on voit très bien à plusieurs lieus. Je retourne dans ma tente et je peux enfin dormir un peu mieux.

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Le bivouac se réveille avant la longue étape

Petit déjeuner au bivouac

Non pas de thé ou de café, de toute façon on est pas doué pour faire du feu, c’est un fait. Je prends mes cakes Gatosport d’Overstims, ils sont un peu secs, mais c’est pas mal du tout pour un déjeuner au milieu du désert perdu dans l’Atlantique.

Le départ sera donnée vers 9h30, il faut vider les tentes, rien ne doit rester, sinon cela finira à la benne et on risque des pénalités, cette course est en autonomie alimentaire, mais on doit tout emmener. Des petits malins ont essayé l’année dernière d’enterrer de la nourriture autour des tentes, mais les organisateurs les ont trouvées. Autonomie, vraiment une autonomie alimentaire et matériel.

Juste avant le départ, avec Alain on retrouve notre ami Franck de Belgique, il a survécu à cette première épreuve et semble d’attaque pour la suivante. Après un petit briefing, le départ est donné avec quelques minutes de retard, non nous ne sommes définitivement pas en Suisse pour la ponctualité.

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Au départ de la 2e étape (66km)

Km 0, 9h34, 27°C

Il ne fait pas trop chaud, il y a un peu de vent et le départ part sur une petite descente très ensablée. Alain est obnubilé par la méthode Cyrano (courir 6′ et marcher 1′), il est persuadé que c’est a peu près le seul moment ou l’on pourra courir, sur ce fait il a tout a fait raison. Mais se cramer dès le début n’est pas trop ma tasse de thé. En plus ma ceinture cardio est morte hier, donc je ne sais pas vraiment si je suis en sur-régime ou pas. Mais pour le moment tout va bien.

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L’étape 2 du HMDS 66km

Mes amis runners de Genève sont là, avec Alain on arrive à les rejoindre, hier on ne les a pas vu du tout, ils étaient bien trop rapides pour nous (Tony, Giovanni et Javier), on fait un bout de chemin ensemble jusqu’au premier ravitaillement au km 4. Je dis à Alain que je ne veux pas les dépasser, ils me semblent plus rapides et les dépasser au début est une assurance pour se cramer pour la fin de l’étape, donc prudence est mère de sureté surtout en course à pied.

Km 4, 43m, 33°C

Le premier ravitaillement se passe rapidement, on prend un peu d’eau et on repart sur une belle descente dans le sable très fin. Je me lance à corps perdu dans la descente, cela ne sert à rien de se retenir avec les jambes à part fatiguer les muscles. En se lançant dans la descente, les muscles travaillent très peu et cela permet de prendre de la vitesse. Instantanément tout le monde me suit en courant en descente dans cette dune.

Ensuite on s’engouffre dans le piège de la plage de « Cofete ».

La plage de Cofete, km 6 à 19, 1h17m-3h45m, 33°C-37°C

Antoine, un Genevois, qui a déjà fait la course en 2017, nous en avait déjà parlé, mais je crois que je n’avais pas vraiment relevé ce nom: « Cofete ». Mais je vais vite commencer à comprendre: une plage interminable de 13km, droite, longue et presque infinie pour des marcheurs, car sur la plage on n’a pas la même puissance pour courir.

Pour y arriver, il faut passer quelques passages techniques, des pierres volcaniques et sur des descentes assez abrupts. En arrivant sur la plage, la civilisation nous revient en pleine face. La plage est immense et cette partie est très loin du premier village ou de tous lieux habités, des détritus sur la plage et aux pieds des falaises. Ensuite LA longue ligne droite nous attend.

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Arrivée sur la plage de Cofete
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Le début de la plage embrumée

Que dire, sur cette fameuse plage mythique, à part que l’on joue avec la mer pour marcher sur le sable le plus dur possible, donc très humide aux risques de se faire tremper les pieds par les vagues. Parfois la mer gagne sur nous et on se retrouve avec les pieds trempés puis on fini par faire « floc floc ».

Au loin Isabelle, visible avec son sac de couchage orange. Isabelle est dans notre chambrée, 6 tentes mis en cercle autour de notre coin « feu ». Isabelle est une marcheuse, donc par définition elle ne court pas, pas du tout. Mais elle trace, elle trace vite sur la plage de Cofete. Au début de la plage, je la vois pas très loin de nous et petit à petit la marcheuse dépose entre nous quelques hectomètres, les coureurs sont dépassés.

Km 15.7, 3h05 de course, 37°C

Alain est parfois derrière moi, parfois devant. Juste avant d’arriver au deuxième ravitaillement, une petit coup de moins bien qui dure … 30 secondes. Un mini vertige: manque de sucre, chaleur étouffante, je ne sais pas. Je rejoins Alain qui venait d’arriver, je mange un peu et tout redevient normal, plus de vertige. On repart sur la plage qui n’en finit vraiment pas, c’est long.

On arrive en fin bout de cette plage, je commence à voir la terre ferme, plus de sable. Je reçois un SMS. Je me dis tiens étrange, surement de la pub ou orange qui me signale qu’en Espagne le roaming est gratuit ?!? Pas du tout, ma sœur Laurence me dit qu’une « petite étoile bleue N°11 sautille sur son écran à coté de Cefete », je lui renvoie un message en lui disant que la petite étoile bleue n°11 (mon numéro de dossard) est bien à la fin de cette interminable plage. Cela me fait très plaisir de voir que je suis suivi par la famille et les amis. Cela me remotive, de plus la première montée nous attend.

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Le dénivelé de la 2e journée

Dans la remontée entre le km 19 et 20, on croise Isabelle la marcheuse qui semble accuser le coup, mais surtout le coup de chaud. On l’encourage jusqu’à la fin de la montée et on repart sur une petite descente qui se transforme en route, puis en route montante.

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La victoire sur la plage de Cofete
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Chemin assez volcanique
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Chemin menant sur la mer

La redescente se fait dans un presque chemin rempli de roche volcanique, ce n’est pas très praticable et ça ne ressemble pas vraiment à un chemin. On se dirige vers la mer et on atteint le ravitaillement 3.

Km 25, 5h36m de course, 38°C

On arrive tranquillement sous la chaleur, je n’ai toujours pas l’impression de suffoquer, il fait chaud mais je suis pas trop mal. On commence à se restaurer avec Alain pour manger un bout et un peu se reposer. Je sors ma potion magique, pour remplir de nouveau mes gourdes avec du Overstims et prendre un bout de saucisson. Le saucisson fait du bien au moral, il apporte du sel et du gras dont on a besoin pendant un course, mais surtout cela permet de manger quelque chose de dur, plutôt que les plats déshydratés qui sont assez mous.

Sur le ravitaillement, on croise Xavier un Genevois que j’ai connu un peu avant la course, il souffre le martyr avec son sac, il a mal au dos et n’en peut plus de porter son sac de 7-8kg. J’ai 2 mauvaises nouvelles pour lui, il lui reste encore 40km pour finir la course, mais surtout il porte son sac beaucoup trop bas dans le dos. Je lui dis de le remonter et cela devrait aller mieux. Bien après la course Xavier m’avouera que mon conseil l’a bien aidé pour finir et qu’effectivement il portait son sac trop bas.

On repart avec Alain en direction du 4e ravitaillement, je me sens très bien et surtout la moitié de cette longue étape est enfin en vue …

Km 27, 6h02 de course, 34°C

On arrive sur une plage de cailloux, Alain toujours au top, on est finalement assez seul sur cette étape on croise quelques concurrents, mais en arrivant sur les bords de l’océan on commence à voir que certains prennent leurs aises. Oui étrangement quelques coureurs le long de la course ont décidé de prendre un bain de mer. Avec mes amis Genevois on s’était posé la question sur la pertinence de prendre un bain pendant la course, mais après quelques secondes d’hésitations, le manque de douche et le sel de mer allaient surement vite gratter et frotter la peau déjà mise à dure épreuve. Mais certains ont franchi le pas, ils sont au frais mais risquent de le payer cher plus tard.

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On se croirait sur Mars
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Le moral est bon, au milieu de la 2e étape

Km 35, 7h55 de course, 33°C

Avec un peu de difficulté on arrive au 4e ravitaillement, un coureur, un très bon coureur habillé à la mode de WAA et surement un ambassadeur de la marque nous jalouse. Il me fait remarquer que le saucisson au milieu du désert est une excellente idée. En effet, j’ai ressorti mes saucissons au ravitaillement.

On file sur la deuxième grosse montée de l’étape, le dénivelé n’est pas très important mais la montée me fait un peu peur. Dans la montée, je marche devant, Alain n’est pas très bien mais suit bien, il est juste dans mes pas. J’en profite pour discuter avec une Ecossaise allergique au soleil, elle a les jambes toutes rouges. Mais quelle idée de faire le HMDS si on est allergique au soleil, les Grands Bretons me surprendront toujours.

Le soleil se couche et la température commence à baisser, j’ai lu dans le règlement qu’il faut allumer nos frontales à partir de 19h. Ici il n’y a personne à plusieurs kilomètres, pas une personne de l’organisation, il fait encore jour je ne vais pas encore allumer ma frontale.

Ça monte de plus en plus, et je commence à fatiguer, Alain en profite pour prendre un gel et d’un coup il avance de plus en plus vite. Pour moi ça monte et ma vitesse baisse, Alain avec ses grandes jambes me double et je n’arrive plus à le suivre.

Km 43, 9h55 de course, 26°C

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La vue sur la plage de Cofete après la deuxième montée

Le plus gros col est passé, un petit col à 353m d’altitude, mais les derniers mètres étaient un peu difficile, mais on repart en descente pour de nouveau affronter la plage de Cofete, mais dans l’autre sens et de nuit. J’ai des petites douleurs sur la plante des pieds, ça brule, c’est supportable mais j’ai du mal à descendre aussi vite que je veux.

Avec Alain on fait des paris pour savoir ou se trouve le prochain ravitaillement, on a une vue imprenable sur la plage et ses environs. A part une petite maison sur notre droite, pas âme qui vive. Après plusieurs kilomètres la petite maison est bien notre ravitaillement. La nuit tombe vite et nos frontales sont allumées depuis le début de la descente. On est plutôt bien, on double encore quelques concurrents

Km 46, 10h35 de course, 26°C

Ravitaillement assez rapide, quelques chiens errants nous envient les derniers morceaux de saucissons qu’il me reste. On repart en direction de la plage de Cofete. La chaleur n’est plus là, on est bien, seule la dernière montée, pas très haute mais semble-t-il très très raide nous attend. J’ai peur que mes cuisses chauffent un peu, là je regrette les bâtons!

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En direction de la plage de Cofete

Nous arrivons sur la plage, direction à droite toute, les rubalises nous ouvrent la voie pour rentrer au bicouac. Enfin les rubalises en plein nuit, se font rares et surtout si je n’avait pas ma frontale nommée le « phare breton » par Alain, on y verra pas grand chose. Oui sans ma Petzl Nao2 et son faisceau digne d’un phare, les rubalises seraient plus difficile à trouver.

Des concurrents, plusieurs groupes de concurrents nous doublent sur la plage, je n’avance pas, Alain ne peut pas me lâcher, sans ma frontale il ne voit rien. Alain s’énerve contre 2 concurrentes Instagrameuses et leur coach qui nous doublent sans nous décrocher un mot.

7km de plage en retour, à chercher les rubalises et se faire doubler, enfin un panneau, voilà la montée rude arrive, après c’est gagné, l’arrivée ne sera plus très loin.

Km 54, 12h30 de course, 26°C

On retrouve nos 2 Instagrameuses, Alain en bon gars sympa essaie de renouer le contact avec eux/elles. Rien pas un mot, pas un sourire. Bref pas très sympa les représentantes de WAA, Alain est hors de lui, il ne comprends pas et est un peu furieux contre elles.

Je lève les yeux, je vois tout là-haut des petits frontales qui montent, qui montent comme des fourmis sur une paroi. Ça monte et ça monte bien, mes cuisses vont bien, je sens que les jambes sont là, pas de douleur. Alain est devant avec ses bâtons, je me perds une fois dans la montée, je fais 3 ou 4 m pour revenir sur le chemin. Certaines parois sont très escarpées, il ne faut pas faire un pas de travers, sinon c’est la chute dans les pierres volcaniques et tranchantes.

Km 56, 13h10 de course, 26°C

Ça sent la fin, le dernier col est passé, 240m oui mais très escarpée et parfois des montées à 15% ou plus, avec un sac sur le dos, cela change les perspectives des montées en montagnes. Le dénivelé n’était pas très important mais l’effort était intense. Il reste 7km, demain jour de repos et ensuite une dernière étape de 24km. Cela semble bien parti pour ce HMDS 2018 et la médaille du finisher.

On passe le dernier ravitaillement, une vague tente avec un ou deux bénévoles, un peu d’eau et on repart. A quelques kilomètres de l’arrivée Alain me lâche il est bien, je suis aussi bien mais dans les montées et dans le sable je n’avance pas.

Dans les derniers kilomètres je fais la connaissance de Thierry un Marathonien des Sables et Half Marathonien des Sables. Il semble avoir fait d’autres courses aussi prestigieuses. Il me dit avec un sérieux de fin de soirée « les conneries c’est fini, les courses à la con, c’est fini » il en a marre. C’est un classique chez les coureurs, dans le feu de la course, on dit des choses que l’on ne pense pas vraiment. Mais Thierry me semble déterminé à finir « ses conneries ».

Moi aussi j’ai mon coup de blues, je suis en pleine nuit, on voit a peu près les étoiles, cela me fait penser à la SaintéLyon, lorsque l’on part de Saint-Etienne juste après Sorbiers. Au milieu de nulle-part à regarder les étoiles, dans 2 mois j’y serai … j’ai un doute, je suis en train de faire ma sortie nocturne de fin d’année. Faut-il vraiment remettre cela dans 2 mois, j’ai des doutes sur mon envie de refaire la SaintéLyon pour la 4e fois. Je vous rassure, cette non-envie a disparu quelques jours après. Par contre j’ai recroisé Thierry un ou deux jours après la course, il était toujours décidé à arrêter « ses conneries ».

Il me reste 2 ou 3 km, je n’ai quasiment pas couru sur cette étape, les jambes sont bien, même très bien, me voilà en train de courir, oui oui après 60km dans le désert je cours.

J’arrive quelques minutes après Alain, et quelques secondes avant ou après les Instagrameuses qui se mettent à nous parler. Alain est circonspect!

Alain fini 115e en 15h20 et je finis en 15h29 à la 121e place sur 217 arrivants, il y aura une quarantaine d’abandons sur cette grosse étape. On arrive proche de 50% (respectivement 52% et 55%) du classement, ce qui est pas mal.

Notre ami Franck le Belge abandonnera dans cette étape, dommage sa bonne humeur va nous manquer.

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Arrivée un peu floue de cette 2e étape

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 1, 24 septembre 2018

L’avant course

Ça y est, me voici au pied du mur, le deuxième gros challenge de cette année 2018 est au bout de mes pieds. Il fait chaud, le bus nous amène vers le lieu de départ. Hier je suis arrivé à l’hôtel Playitas de l’île de Fuerteventura, l’une des îles les plus désertiques des Canaries. Au large du Maroc, il fait chaud, environ 30°C au bord de l’eau, mais surtout l’île ressemble a un grand désert avec énormement de sable. Le taxi-bus qui nous a emmené à l’hôtel, nous a donner une petite vue de ce qui allait nous attendre dès demain sur ce Half Marathon des Sables.

En arrivant, le décor est planté, me voici dans l’élite des coureurs, 3 coureurs hors-normes pour moi:

  • Christophe, 3 fois Marathonien des Sables (le vrai, celui du Maroc) et une fois Half Marathonien des Sables de Fuerteventura (2017)
  • Jean-Charles, Half Marathonien de Fuerteventura (2017)
  • Marco, Péruvien et Marathonien des sables du Pérou (année 2017)

Et moi, et moi et moi, petit coureur avec aucune expérience dans un univers aussi rude.

Christophe tient a me rassurer, il me dit que: non, le Half Marathon des Sables de Fuerteventura n’est pas 2 fois plus simple, 2 fois plus facile, ou 2 fois moins dur que le vrai Marathon des Sables. Non, me voilà rassuré il est juste deux fois moins long !

Jean-Charles me dit que l’année dernière, il a fait une belle crise au premier CP (Check Point) de la première étape et a faillit ne jamais repartir.

Le décor est planté, moi qui pensait trouver une course assez simple, pas trop dure et plutôt sympa. Me voici en mode baroudeur avec un gros point d’interrogation sur la tête « Mais qu’est-ce que je fous là! ». J’avais un petit doute avant de partir, j’avais peur que cette course me surprenne un peu, que je ne sois pas très bien préparé et que je ne la finisse pas, faisant de cette année 2018, l’année des « Half » non finies (Triathlon et Marathon des Sables) ! Je suis rassuré sur un point, je ne suis PAS surpris: la course va être difficile, bien plus que je ne le pensais.

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Parcours de l’étape 1

Départ

Comme à notre habitude, on se retrouve Alain et moi, au départ. Alain n’est pas trop stressé, moi non plus. Je me sens étrangement serein, malgré les dires de Christophe et Jean-Charles. Suis-je inconscient, fou ou juste perdu à me lancer des défis toujours un peu plus dur?

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Alain et moi au départ de la première étape

Après les derniers conseils des organisateurs sur la course, le départ est donné avec un peu de retard, juste quelques minutes. A ma montre il fait déjà chaud (27°C) le départ est donné à 9h36. Nous voilà parti pour cette première étape.

Les premiers partent à toute allure, on se positionne dans la queue du peloton et on va essayer de faire la méthode Cyrano. Très rapidement, le chemin devient très accidenté, très cassant, entre roche volcanique et sable. On est juste au bord de l’eau, il y a du sable et des montées très raides avec des passages en monotrace. Ce n’est pas roulant du tout, la vitesse moyenne tombe, on est en file indienne et on est déjà dans les bouchons. Après à peine un kilomètre ça roule un peu mieux, mon sac se tient bien dans mon dos malgré les 9,5kg. Mais tout d’un coup, mon sac de couchage perd une attache et ballote dans mon dos. Me voilà après à peine 1km en train de refaire mon sac au milieu d’une plage. Alain me prend en photo, on se fait doubler, on se retrouve dans les derniers, les tous derniers. Après quelques minutes à ré-attacher mon sac, nous voilà reparti.

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Photo de l’organisation

KM 3, 0h43m de course, 33°C

On avance pas vite, mais l’essentiel est d’arriver, ce qui m’inquiète est la première barrière horaire, on se traine comme des petits vieux, mais petit à petit les bouchons du départ  s’évaporent et la vitesse moyenne comme la température remontent un peu. On attaque un faux plat en montée après un passage sous l’autoroute. Mais oui, il y a une autoroute à Fuerteventura, enfin plutôt une route droite à double sens.

Nous faisons la connaissance d’un sympathique coureur/marcheur Belge Franck, qui habillé du chemisette à manche courte, nous raconte qu’il est un habitué des longues distances (plusieurs fois centbornard en Belgique) et que la course ne lui fait pas vraiment peur. Ils sont trop forts ces Belges !

Tout en marchant un peu plus vite que notre ami Belge, nous continuons notre marche active sur ce faux plat qui se transforme en petite montée.

On double un peu quelques représentantes WAA, habillées de la tête au pieds avec le habits de la marque (marque organisatrice de la course). Elles sont aux couleurs très flashy qui détonnent un peu avec la monotonie du sable de Fuerteventura, le jaune pétard et le bleu ciel se remarquent de loin.

KM 7, 1h27m, 35°C: Premier ravitaillement ou Check Point (CP)

Enfin le premier ravitaillement, juste de l’eau, que de l’eau et que 2L d’eau, pas plus. On a juste le droit de s’arroser la tête une fois ou deux. Mais les rations d’eau sont limitées à 2L pour chaque ravitaillement. En arrivant je suis loin d’être à sec, je vide mes gourdes avant le check point pour repartir avec le ventre et les gourdes remplis. On se repose un peu et on repart jusqu’au petit sommet du km 8, ensuite on redescend sur une sorte de ravin avec du gravier et des pierres volcaniques.

La loi de Murphy

S’il doit se passer quelque chose, cela se passe toujours au plus mauvais moment. Dit autrement c’est la loi de « l’emmerdement maximum ». Alain et moi continuons tranquillement sur le chemin assez accidenté, je regarde ma montre assez souvent pour essayer de ne pas me cramer, je parle bien de mon souffle et non pas de mes coups de soleil. Je remarque que ma fréquence cardiaque est assez élevée, vers 140 battements par minutes (bpm), qui pour moi c’est assez élevé. J’en parle à Alain, il me dit que c’est ma montre qui déconne, lui est à 110 bpm. Alain le sage a parlé, sans même le savoir il a raison, ma fréquence cardiaque donne des signes de fatigue. Pardon mon capteur donne des signes de fatigue, je passe à 50 bpm, puis 140, puis de nouveau 50. La batterie est morte, c’est le symptôme classique qu’il faut changer la batterie. C’est dommage, j’y ai pensé quelques jours avant de partir, mais j’ai oublié de changer la pile.

Mais la loi de Murphy ne pouvait pas mieux tomber, si mon cardio devait tomber en panne, il ne pouvait pas tomber plus mal que pendant la course, ou il fallait faire attention aux pulsations du palpitant pour éviter la surchauffe (au sens propre comme au sens figuré). Ce n’est pas grave, je vais courir aux sensations.

KM 12, 2h12m, 37°C

Ça y est Alain prend la tangente, avec ses bâtons il avance bien, moi je ne monte plus et je commence à ne pas être très bien. On remonte une petite dune. Je prends un peu de sucre, un peu d’eau et une fois arrivé au sommet de la dune me voilà reparti. Je ne m’aperçois pas vraiment de la température 36-37°C, je vais bien, mais je fais attention au soleil et aux coups de soleil.

On redescend sur la fameuse autoroute, et nous voilà presque au point de départ sur au 2e ravitaillement.

KM 16, 2h54m, 34°C

Patricia la femme d’Alain nous attend et nous prend en photo sous la canicule. La température est un peu retombée (34°C) en approchant de la mer. De nouveau, on se charge en eau, se mouille la tête et tout le reste et on repart. Pour le moment la chaleur ne me dérange pas trop.

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Arrivée au CP 2 de l’étape 1

Avec Alain on repart, le chemin est assez sableux et monte des dunes le long de la mer et la température flirte toujours avec les 36-37°C.  Ensuite on file sur une partie un peu plus escarpée le long de la mer, le chemin est parfois un peu dangereux, les images sont magnifiques, mais dommage je ne prends que des photos floues avec mon iPhone.

S’en vient une longue ligne droite de 2,5km, toujours le long de la mer, du sable et du sable, cela n’en fini pas. Les coureurs se suivent à la queue leuleu, en contrebas d’une haute dune. Quand tout d’un coup j’entends siffler tout en haut de cette dune, une personne nous fait signe de revenir en arrière et de monter sur ladite dune. A partir de ce moment mon calvaire commence, Alain file avec ses bâtons et j’essaie tant bien que mal de le suivre.

Arrivé en haut de cette dune, cela monte encore et encore, une montée infernale, la température en profite aussi et monte petit à petit sur le cadran de ma Suunto, elle touche les 39°C. Après 20 minutes de montée je dois voir un mirage, 2 barrières indiquant le dernier km … déjà, je ne sais plus vraiment qu’elle est la distance, mais cela monte toujours c’est infernal. En tout cette dune ne fera que 180m de D+, mais j’ai l’impression d’avoir passé un col de haute montagne, non pas en dénivelé mais en puissance, la chaleur insidieusement m’a pompé mon energie.

J’entends de la musique, le camp est là, je vois l’arrivée et Alain qui m’attend avec impatience, je crois que je cours dans les dernier mètres pour finir cette première étape en 4h41 environ à ma montre.

Je finis 191e sur 257 arrivant en 4h 40m et 38s, il y a eu 6 abandons. Alain fini 7 places devant moi, 184e.

Le Bivouac

La course est finie mais pas la journée, maintenant il faut récupérer les 5 litres d’eau jusqu’à demain matin, inclus les 2 litres jusqu’au premier CP. Ensuite, chaque coureur doit préparer ses affaires pour dormir et pour manger, bien sur les tentes ne sont pas climatisées et bien sûr il n’y a pas de douche. Les toilettes sont à 200m du bivouac, si certains ont encore un peu d’eau dans la vessie, il faudra marcher.

Alain en grand prince est allé me chercher mes messages, et je tiens à tous vous remercier: Gregory, Matthieu, Véro, Soraya, Laurence, Vincent, Hervé. Vous devez me prendre un peu pour un grand malade de partir si loin, dans un pays si chaud pour dormir dans une tente sans douche. Mais n’est-ce pas cela aussi le luxe ?

On essayera tant bien que mal de manger chaud, disons que l’on a mangé tiède, malgré la persévérance d’Alain pour allumer un peu le feu. Mais les Esbit de WAA ne sont pas terribles et l’île de Fuerteventura nous rappelle à son nom (vent fort) et nos briquets semblent impuissants contre ce dernier.

Nous faisons quand même un diner presque chaud avec Isabelle une marcheuse  et Christelle, célèbre Instagrameuse @beerunneuse aux couleurs de WAA.

Demain la grosse étape, 66km avec 2 belles montées, cela va être dur très dur, je me fais un peu de souci pour cette longue étape de demain …

Ma course en chiffre sur strava ici

La deuxième étape …

Préparation au Half Marathon des Sables

Après une première moitié d’année un peu ratée (DNF sur le Halftriman de Guéret), le deuxième objectif de l’année arrive à grand pas. Il arrive tellement vite que j’ai fait plus de la moitié de l’entraînement et il me reste 2 semaines avant le départ de cette autre semi: Le Half Marathon des Sables

La course

Non ce n’est pas un semi-marathon et non il ne fait pas 21km, mais plutôt 120km. Alors pourquoi « Half Marathon » si ce n’est pas un semi-marathon? En fait, c’est la moitié du « Marathon des Sables » la célèbre course dans le désert Marocain de 250km, organisé par Patrick Bauer. 250km dans le désert en autonomique alimentaire, c’est à dire que lors de ces courses, le coureur doit porter tout son paquetage pour la durée de la course. Pour être encore plus précis: il doit emporter sa nourriture, son sac de couchage, sa popote. Seuls l’eau et une tente sont fournis par l’organisation.

La référence de l’épreuve, Rachid El Morabity, 6 fois vainqueur du Marathon des Sables au Maroc

Pour schématiser, c’est une course qui se court par 35-40°C avec un sac à dos entre 6 et 8kg, sans oublier les 2L d’eau. Tout ceci avec des étapes de 30 à 60km pour le Half et 40 à 90km pour le Marathon des Sables.

Voilà,  la tente du décor est plantée. Le Half Marathon des Sables a lieu cette année encore (comme en 2017) sur l’ile de Fuerte Ventura aux Canaries du 24 au 27 septembre 2018, soit 4 jours de course:

  • 1er jour: étape de 30km
  • 2ème jour: étape de 60km
  • 3ème jour: repos
  • 4ème jour: étape de 30km

Il semble que ces kilométrage soient plutôt indicatifs. L’année dernière, pour la première édition, les distances étaient un peu différentes que celles prévues. Mais cette année encore, la totalité devrait bien faire 120 km, dans le désert et en autosuffisance alimentaire. Ça sera donc bien un Half Marathon des Sables.

Entraînement

L’épreuve étant toute récente (2eme édition en 2018), il n’existe pas vraiment de plans d’entraînement pour cette course. Mais vu la distance j’ai choisi de refaire l’entraînement des 100km de Millau de l’année dernière, histoire d’être sûr de pouvoir finir. Je vais aussi utiliser la méthode Cyrano qui permet, en alternant course à pied et marche, de vraiment économiser les muscles des jambes et de bien finir la course. Cette méthode fût vraiment déterminante et m’a permis de terminer les 100km dans de très très bonnes conditions (récit des 100km de Millau)

Mais pour être un peu plus précis j’ai repris l’entraînement du 100km de Bruno Heubi, celui de son livre « Courir Longtemps« , mais vous pouvez trouver un entraînement gratuit sur sont site (ici). Je ne travaille pas pour lui, mais je trouve son livre très bien fait, et ses plans semblent bien fonctionner.

A 2 semaines de la course, il me semble que cette année ma vitesse se soit un peu améliorée, j’en ai pour preuve un record personnel du 5km (24’34 ») qui est tombé vendredi dernier, sans que je ne pousse vraiment sur les jambes. Je pense raisonnablement pouvoir faire moins que 50 minutes pour un 10km. Je pense donc que ma VMA doit-être aux environs de 14km/h voir un peu plus. En fait la valeur réelle/précise n’est pas très importante, l’important est que les records tombent et que la fatigue soit moins présente lors des longues sorties.

Nourriture

Comme je l’ai dit précédemment la course est en auto-suffisance alimentaire, chaque coureur doit apporter sa nourriture pour les 4 jours, seul l’eau est fournie lors de la course mais également le soir au bivouac. Le sac de 20L n’est pas de trop pour loger les 10000 kilo-calories pour ces 4 jours (2500kcal/jour). Je n’ai prévu que 9000 car le dernier jour le repas du soir n’est pas nécessaire, l’organisation de la course nous rapatrie à l’hôtel pour un repas bien mérité.

Étant plutôt méthodique et pour être sûr de ne rien oublier j’ai tout noté sur une feuille Excel:

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J’ai donc mes repas pour un poids total de 2,2kg environ et un peu plus de 9200 k calories. J’ai aussi prévu une petite faim en plus, on ne sait jamais, j’ai pris un plat de Spaghettis Bolognaises supplémentaire, ce qui monte mes ressources énergétiques à 9800k-calories. La petite cerise sur le gâteau, je pense prendre un saucisson, ça ne pèse pas très lourd et cela fera un gros plus en cas de petite faim, ou à partager avec d’autres coureurs.

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4 sacs pour les 4 jours avec les calories et l’eau nécessaire pour les cuire

Pour que cela prenne moins de place dans le sac à dos, j’ai tout mis sous dans des congélation de type « ziplocks », cela me permet de gagner énormément de place par rapport au packaging des plats déshydratés.

Sac

L’organisation du Half Marathon des Sables impose un matériel obligatoire, pour notre sécurité et pour être sûr que nous ayons le minimum de survie pendant l’épreuve:

  • un sac à dos 20L
  • une capacité de conditionnement de 2 litres d’eau (gourde, poche à eau, …)
  • un sac de couchage,
  • une lampe frontale + 1 jeu complet de piles de rechange,
  • 10 épingles à nourrice,
  • un briquet,
  • un sifflet,
  • un couteau lame métal,
  • un antiseptique cutané,
  • un miroir de signalisation,
  • une couverture de survie,
  • un tube de crème solaire
  • 100 euros
  • le passeport ou carte d’identité pour les européens
  • le certificat médical original fourni

Pour le sac à dos, je ne me suis pas posé trop de questions, j’ai vu beaucoup de vidéos sur le Marathon Des Sables (celui de 250km) et très souvent, les coureurs avaient le sac de WAA-Ultra 20L, je l’ai donc acheté et j’en suis très content. J’ai fait plusieurs sorties avec, une fois les sangles bien réglées et ajustées, rien ne bouge.

Actuellement il me manque 2 ou 3 éléments de la liste, briquet, antiseptique et la crème solaire. Tout le reste est plus ou moins disponible, il faut juste que je le regroupe dans mon sac. La frontale de la SaintéLyon va enfin servir dans un pays chaud et cette fois-ci je pense avoir réglé un peu mieux la puissance et ne pas finir avec une batterie chargée à 80%. J’ai mis la puissance à 360 lumens en max et pour un durée de 10h. Cela devrait aller, pour finir la journée de la 3e étape.

J’ai récupéré un sac de couchage Go-Sport assez compact et un matelas gonflable recommandé par Antoine, un coureur qui a fait le HMDS l’année dernière. Ce matelas avec un poids très léger de 450g environ sera d’un confort bien agréable lors du jour de repos (le 3e) après les 60km de la longue étape. Pour le couteau à lame en métal, j’ai craqué pour l’Opinel de mon enfance car un couteau Suisse me semblait un peu lourd.

A deux semaines de la course, avec toute la nourriture dans le sac et avec tout le matériel obligatoire, mon sac fait environ 6kg. Il est recommandé de ne pas avoir un sac de plus de 8kg, il faut bien sûr rajouter les 2 litres d’eau au départ de chaque étape. Lors de la première étape je partirai donc avec 8kg en plus sur le dos, ce qui n’est pas vraiment négligeable.
Depuis plusieurs semaines, j’ai préparé des sorties longues avec mon sac chargé  à 5-6 kg et avec un cumul d’un peu plus de 110 km je me sens prêt à affronter le désert. La dernière sortie s’est bien passée, 21km avec peu de dénivelé, les jambes allaient très bien et avec des battements cardiaques entre 125-135 pulsations par minute, je me sentais indestructible !!! Je vais mettre une alarme sur ma montre GPS à 135 pulsations / minute pour bien réguler mon endurance.

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Le sac WAA 20L à vide

Dans 2 semaines, j’y serai, prêt pour affronter le désert sur l’ile de Fuerte Ventura dans les Canaries!

Lien sur la première étape du HMDS