Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 1, 24 septembre 2018

L’avant course

Ça y est, me voici au pied du mur, le deuxième gros challenge de cette année 2018 est au bout de mes pieds. Il fait chaud, le bus nous amène vers le lieu de départ. Hier je suis arrivé à l’hôtel Playitas de l’île de Fuerteventura, l’une des îles les plus désertiques des Canaries. Au large du Maroc, il fait chaud, environ 30°C au bord de l’eau, mais surtout l’île ressemble a un grand désert avec énormement de sable. Le taxi-bus qui nous a emmené à l’hôtel, nous a donner une petite vue de ce qui allait nous attendre dès demain sur ce Half Marathon des Sables.

En arrivant, le décor est planté, me voici dans l’élite des coureurs, 3 coureurs hors-normes pour moi:

  • Christophe, 3 fois Marathonien des Sables (le vrai, celui du Maroc) et une fois Half Marathonien des Sables de Fuerteventura (2017)
  • Jean-Charles, Half Marathonien de Fuerteventura (2017)
  • Marco, Péruvien et Marathonien des sables du Pérou (année 2017)

Et moi, et moi et moi, petit coureur avec aucune expérience dans un univers aussi rude.

Christophe tient a me rassurer, il me dit que: non, le Half Marathon des Sables de Fuerteventura n’est pas 2 fois plus simple, 2 fois plus facile, ou 2 fois moins dur que le vrai Marathon des Sables. Non, me voilà rassuré il est juste deux fois moins long !

Jean-Charles me dit que l’année dernière, il a fait une belle crise au premier CP (Check Point) de la première étape et a faillit ne jamais repartir.

Le décor est planté, moi qui pensait trouver une course assez simple, pas trop dure et plutôt sympa. Me voici en mode baroudeur avec un gros point d’interrogation sur la tête « Mais qu’est-ce que je fous là! ». J’avais un petit doute avant de partir, j’avais peur que cette course me surprenne un peu, que je ne sois pas très bien préparé et que je ne la finisse pas, faisant de cette année 2018, l’année des « Half » non finies (Triathlon et Marathon des Sables) ! Je suis rassuré sur un point, je ne suis PAS surpris: la course va être difficile, bien plus que je ne le pensais.

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Parcours de l’étape 1

Départ

Comme à notre habitude, on se retrouve Alain et moi, au départ. Alain n’est pas trop stressé, moi non plus. Je me sens étrangement serein, malgré les dires de Christophe et Jean-Charles. Suis-je inconscient, fou ou juste perdu à me lancer des défis toujours un peu plus dur?

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Alain et moi au départ de la première étape

Après les derniers conseils des organisateurs sur la course, le départ est donné avec un peu de retard, juste quelques minutes. A ma montre il fait déjà chaud (27°C) le départ est donné à 9h36. Nous voilà parti pour cette première étape.

Les premiers partent à toute allure, on se positionne dans la queue du peloton et on va essayer de faire la méthode Cyrano. Très rapidement, le chemin devient très accidenté, très cassant, entre roche volcanique et sable. On est juste au bord de l’eau, il y a du sable et des montées très raides avec des passages en monotrace. Ce n’est pas roulant du tout, la vitesse moyenne tombe, on est en file indienne et on est déjà dans les bouchons. Après à peine un kilomètre ça roule un peu mieux, mon sac se tient bien dans mon dos malgré les 9,5kg. Mais tout d’un coup, mon sac de couchage perd une attache et ballote dans mon dos. Me voilà après à peine 1km en train de refaire mon sac au milieu d’une plage. Alain me prend en photo, on se fait doubler, on se retrouve dans les derniers, les tous derniers. Après quelques minutes à ré-attacher mon sac, nous voilà reparti.

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Photo de l’organisation

KM 3, 0h43m de course, 33°C

On avance pas vite, mais l’essentiel est d’arriver, ce qui m’inquiète est la première barrière horaire, on se traine comme des petits vieux, mais petit à petit les bouchons du départ  s’évaporent et la vitesse moyenne comme la température remontent un peu. On attaque un faux plat en montée après un passage sous l’autoroute. Mais oui, il y a une autoroute à Fuerteventura, enfin plutôt une route droite à double sens.

Nous faisons la connaissance d’un sympathique coureur/marcheur Belge Franck, qui habillé du chemisette à manche courte, nous raconte qu’il est un habitué des longues distances (plusieurs fois centbornard en Belgique) et que la course ne lui fait pas vraiment peur. Ils sont trop forts ces Belges !

Tout en marchant un peu plus vite que notre ami Belge, nous continuons notre marche active sur ce faux plat qui se transforme en petite montée.

On double un peu quelques représentantes WAA, habillées de la tête au pieds avec le habits de la marque (marque organisatrice de la course). Elles sont aux couleurs très flashy qui détonnent un peu avec la monotonie du sable de Fuerteventura, le jaune pétard et le bleu ciel se remarquent de loin.

KM 7, 1h27m, 35°C: Premier ravitaillement ou Check Point (CP)

Enfin le premier ravitaillement, juste de l’eau, que de l’eau et que 2L d’eau, pas plus. On a juste le droit de s’arroser la tête une fois ou deux. Mais les rations d’eau sont limitées à 2L pour chaque ravitaillement. En arrivant je suis loin d’être à sec, je vide mes gourdes avant le check point pour repartir avec le ventre et les gourdes remplis. On se repose un peu et on repart jusqu’au petit sommet du km 8, ensuite on redescend sur une sorte de ravin avec du gravier et des pierres volcaniques.

La loi de Murphy

S’il doit se passer quelque chose, cela se passe toujours au plus mauvais moment. Dit autrement c’est la loi de « l’emmerdement maximum ». Alain et moi continuons tranquillement sur le chemin assez accidenté, je regarde ma montre assez souvent pour essayer de ne pas me cramer, je parle bien de mon souffle et non pas de mes coups de soleil. Je remarque que ma fréquence cardiaque est assez élevée, vers 140 battements par minutes (bpm), qui pour moi c’est assez élevé. J’en parle à Alain, il me dit que c’est ma montre qui déconne, lui est à 110 bpm. Alain le sage à parler, sans même le savoir il a raison, ma fréquence cardiaque donne des signes de fatigue. Pardon mon capteur donne des signes de fatigue, je passe à 50 bpm, puis 140, puis de nouveau 50. La batterie est morte, c’est le symptôme classique qu’il faut changer la batterie. C’est dommage, j’y ai pensé quelques jours avant de partir, mais j’ai oublié de changer la pile.

Mais la loi de Murphy ne pouvait pas mieux tomber, si mon cardio devait tomber en panne, il ne pouvait pas tomber plus mal que pendant la course, ou il fallait faire attention aux pulsations du palpitant pour éviter la surchauffe (au sens propre comme au sens figuré). Ce n’est pas grave, je vais courir aux sensations.

KM 12, 2h12m, 37°C

Ça y est Alain prend la tangente, avec ses bâtons il avance bien, moi je ne monte plus et je commence à ne pas être très bien. On remonte une petite dune. Je prends un peu de sucre, un peu d’eau et une fois arrivé au sommet de la dune me voilà reparti. Je ne m’aperçois pas vraiment de la température 36-37°C, je vais bien, mais je fais attention au soleil et aux coups de soleil.

On redescend sur la fameuse autoroute, et nous voilà presque au point de départ sur au 2e ravitaillement.

KM 16, 2h54m, 34°C

Patricia la femme d’Alain nous attend et nous prend en photo sous la canicule. La température est un peu retombée (34°C) en approchant de la mer. De nouveau, on se charge en eau, se mouille la tête et tout le reste et on repart. Pour le moment la chaleur ne me dérange pas trop.

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Arrivée au CP 2 de l’étape 1

Avec Alain on repart, le chemin est assez sableux et monte des dunes le long de la mer et la température flirte toujours avec les 36-37°C.  Ensuite on file sur une partie un peu plus escarpée le long de la mer, le chemin est parfois un peu dangereux, les images sont magnifiques, mais dommage je ne prends que des photos floues avec mon iPhone.

S’en vient une longue ligne droite de 2,5km, toujours le long de la mer, du sable et du sable, cela n’en fini pas. Les coureurs se suivent à la queue leuleu, en contrebas d’une haute dune. Quand tout d’un coup j’entends siffler tout en haut de cette dune, une personne nous fait signe de revenir en arrière et de monter sur ladite dune. A partir de ce moment mon calvaire commence, Alain file avec ses bâtons et j’essaie tant bien que mal de le suivre.

Arrivé en haut de cette dune, cela monte encore et encore, une montée infernale, la température en profite aussi et monte petit à petit sur le cadran de ma Suunto, elle touche les 39°C. Après 20 minutes de montée je dois voir un mirage, 2 barrières indiquant le dernier km … déjà, je ne sais plus vraiment qu’elle est la distance, mais cela monte toujours c’est infernal. En tout cette dune ne fera que 180m de D+, mais j’ai l’impression d’avoir passé un col de haute montagne, non pas en dénivelé mais en puissance, la chaleur insidieusement m’a pompé mon energie.

J’entends de la musique, le camp est là, je vois l’arrivée et Alain qui m’attend avec impatience, je crois que je cours dans les dernier mètres pour finir cette première étape en 4h41 environ à ma montre.

Je finis 191e sur 257 arrivant en 4h 40m et 38s, il y a eu 6 abandons. Alain fini 7 places devant moi, 184e.

Le Bivouac

La course est finie mais pas la journée, maintenant il faut récupérer les 5 litres d’eau jusqu’à demain matin, inclus les 2 litres jusqu’au premier CP. Ensuite, chaque coureur doit préparer ses affaires pour dormir et pour manger, bien sur les tentes ne sont pas climatisées et bien sûr il n’y a pas de douche. Les toilettes sont à 200m du bivouac, si certains ont encore un peu d’eau dans la vessie, il faudra marcher.

Alain en grand prince est allé me chercher mes messages, et je tiens à tous vous remercier: Gregory, Matthieu, Véro, Soraya, Laurence, Vincent, Hervé. Vous devez me prendre un peu pour un grand malade de partir si loin, dans un pays si chaud pour dormir dans une tente sans douche. Mais n’est-ce pas cela aussi le luxe ?

On essayera tant bien que mal de manger chaud, disons que l’on a mangé tiède, malgré la persévérance d’Alain pour allumer un peu le feu. Mais les Esbit de WAA ne sont pas terribles et l’île de Fuerteventura nous rappelle à son nom (vent fort) et nos briquets semblent impuissants contre ce dernier.

Nous faisons quand même un diner presque chaud avec Isabelle une marcheuse  et Christelle, célèbre Instagrameuse @beerunneuse aux couleurs de WAA.

Demain la grosse étape, 66km avec 2 belles montées, cela va être dur très dur, je me fais un peu de souci pour cette longue étape de demain …

 

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Préparation au Half Marathon des Sables

Après une première moitié d’année un peu ratée (DNF sur le Halftriman de Guéret), le deuxième objectif de l’année arrive à grand pas. Il arrive tellement vite que j’ai fait plus de la moitié de l’entraînement et il me reste 2 semaines avant le départ de cette autre semi: Le Half Marathon des Sables

La course

Non ce n’est pas un semi-marathon et non il ne fait pas 21km, mais plutôt 120km. Alors pourquoi « Half Marathon » si ce n’est pas un semi-marathon? En fait, c’est la moitié du « Marathon des Sables » la célèbre course dans le désert Marocain de 250km, organisé par Patrick Bauer. 250km dans le désert en autonomique alimentaire, c’est à dire que lors de ces courses, le coureur doit porter tout son paquetage pour la durée de la course. Pour être encore plus précis: il doit emporter sa nourriture, son sac de couchage, sa popote. Seuls l’eau et une tente sont fournis par l’organisation.

La référence de l’épreuve, Rachid El Morabity, 6 fois vainqueur du Marathon des Sables au Maroc

Pour schématiser, c’est une course qui se court par 35-40°C avec un sac à dos entre 6 et 8kg, sans oublier les 2L d’eau. Tout ceci avec des étapes de 30 à 60km pour le Half et 40 à 90km pour le Marathon des Sables.

Voilà,  la tente du décor est plantée. Le Half Marathon des Sables a lieu cette année encore (comme en 2017) sur l’ile de Fuerte Ventura aux Canaries du 24 au 27 septembre 2018, soit 4 jours de course:

  • 1er jour: étape de 30km
  • 2ème jour: étape de 60km
  • 3ème jour: repos
  • 4ème jour: étape de 30km

Il semble que ces kilométrage soient plutôt indicatifs. L’année dernière, pour la première édition, les distances étaient un peu différentes que celles prévues. Mais cette année encore, la totalité devrait bien faire 120 km, dans le désert et en autosuffisance alimentaire. Ça sera donc bien un Half Marathon des Sables.

Entraînement

L’épreuve étant toute récente (2eme édition en 2018), il n’existe pas vraiment de plans d’entraînement pour cette course. Mais vu la distance j’ai choisi de refaire l’entraînement des 100km de Millau de l’année dernière, histoire d’être sûr de pouvoir finir. Je vais aussi utiliser la méthode Cyrano qui permet, en alternant course à pied et marche, de vraiment économiser les muscles des jambes et de bien finir la course. Cette méthode fût vraiment déterminante et m’a permis de terminer les 100km dans de très très bonnes conditions (récit des 100km de Millau)

Mais pour être un peu plus précis j’ai repris l’entraînement du 100km de Bruno Heubi, celui de son livre « Courir Longtemps« , mais vous pouvez trouver un entraînement gratuit sur sont site (ici). Je ne travaille pas pour lui, mais je trouve son livre très bien fait, et ses plans semblent bien fonctionner.

A 2 semaines de la course, il me semble que cette année ma vitesse se soit un peu améliorée, j’en ai pour preuve un record personnel du 5km (24’34 ») qui est tombé vendredi dernier, sans que je ne pousse vraiment sur les jambes. Je pense raisonnablement pouvoir faire moins que 50 minutes pour un 10km. Je pense donc que ma VMA doit-être aux environs de 14km/h voir un peu plus. En fait la valeur réelle/précise n’est pas très importante, l’important est que les records tombent et que la fatigue soit moins présente lors des longues sorties.

Nourriture

Comme je l’ai dit précédemment la course est en auto-suffisance alimentaire, chaque coureur doit apporter sa nourriture pour les 4 jours, seul l’eau est fournie lors de la course mais également le soir au bivouac. Le sac de 20L n’est pas de trop pour loger les 10000 kilo-calories pour ces 4 jours (2500kcal/jour). Je n’ai prévu que 9000 car le dernier jour le repas du soir n’est pas nécessaire, l’organisation de la course nous rapatrie à l’hôtel pour un repas bien mérité.

Étant plutôt méthodique et pour être sûr de ne rien oublier j’ai tout noté sur une feuille Excel:

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J’ai donc mes repas pour un poids total de 2,2kg environ et un peu plus de 9200 k calories. J’ai aussi prévu une petite faim en plus, on ne sait jamais, j’ai pris un plat de Spaghettis Bolognaises supplémentaire, ce qui monte mes ressources énergétiques à 9800k-calories. La petite cerise sur le gâteau, je pense prendre un saucisson, ça ne pèse pas très lourd et cela fera un gros plus en cas de petite faim, ou à partager avec d’autres coureurs.

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4 sacs pour les 4 jours avec les calories et l’eau nécessaire pour les cuire

Pour que cela prenne moins de place dans le sac à dos, j’ai tout mis sous dans des congélation de type « ziplocks », cela me permet de gagner énormément de place par rapport au packaging des plats déshydratés.

Sac

L’organisation du Half Marathon des Sables impose un matériel obligatoire, pour notre sécurité et pour être sûr que nous ayons le minimum de survie pendant l’épreuve:

  • un sac à dos 20L
  • une capacité de conditionnement de 2 litres d’eau (gourde, poche à eau, …)
  • un sac de couchage,
  • une lampe frontale + 1 jeu complet de piles de rechange,
  • 10 épingles à nourrice,
  • un briquet,
  • un sifflet,
  • un couteau lame métal,
  • un antiseptique cutané,
  • un miroir de signalisation,
  • une couverture de survie,
  • un tube de crème solaire
  • 100 euros
  • le passeport ou carte d’identité pour les européens
  • le certificat médical original fourni

Pour le sac à dos, je ne me suis pas posé trop de questions, j’ai vu beaucoup de vidéos sur le Marathon Des Sables (celui de 250km) et très souvent, les coureurs avaient le sac de WAA-Ultra 20L, je l’ai donc acheté et j’en suis très content. J’ai fait plusieurs sorties avec, une fois les sangles bien réglées et ajustées, rien ne bouge.

Actuellement il me manque 2 ou 3 éléments de la liste, briquet, antiseptique et la crème solaire. Tout le reste est plus ou moins disponible, il faut juste que je le regroupe dans mon sac. La frontale de la SaintéLyon va enfin servir dans un pays chaud et cette fois-ci je pense avoir réglé un peu mieux la puissance et ne pas finir avec une batterie chargée à 80%. J’ai mis la puissance à 360 lumens en max et pour un durée de 10h. Cela devrait aller, pour finir la journée de la 3e étape.

J’ai récupéré un sac de couchage Go-Sport assez compact et un matelas gonflable recommandé par Antoine, un coureur qui a fait le HMDS l’année dernière. Ce matelas avec un poids très léger de 450g environ sera d’un confort bien agréable lors du jour de repos (le 3e) après les 60km de la longue étape. Pour le couteau à lame en métal, j’ai craqué pour l’Opinel de mon enfance car un couteau Suisse me semblait un peu lourd.

A deux semaines de la course, avec toute la nourriture dans le sac et avec tout le matériel obligatoire, mon sac fait environ 6kg. Il est recommandé de ne pas avoir un sac de plus de 8kg, il faut bien sûr rajouter les 2 litres d’eau au départ de chaque étape. Lors de la première étape je partirai donc avec 8kg en plus sur le dos, ce qui n’est pas vraiment négligeable.
Depuis plusieurs semaines, j’ai préparé des sorties longues avec mon sac chargé  à 5-6 kg et avec un cumul d’un peu plus de 110 km je me sens prêt à affronter le désert. La dernière sortie s’est bien passée, 21km avec peu de dénivelé, les jambes allaient très bien et avec des battements cardiaques entre 125-135 pulsations par minute, je me sentais indestructible !!! Je vais mettre une alarme sur ma montre GPS à 135 pulsations / minute pour bien réguler mon endurance.

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Le sac WAA 20L à vide

Dans 2 semaines, j’y serai, prêt pour affronter le désert sur l’ile de Fuerte Ventura dans les Canaries!

Halftriman des Monts de Guéret (01/07/2018)

Voilà un moment que je le dis, ce Triathlon ne devrait pas être trop difficile sauf si la chaleur vient et si la combinaison de natation n’est pas pas autorisée. En ce début du mois de juillet 2018, la météo annonce de fortes chaleurs dans le centre de la France, ça commence mal …
La vérité nous saute aux oreilles ce samedi 30 juin, avec Alain nous arrivons sur l’étang de Courtille à Guéret pour récupérer nos dossards. Le speaker annonce bien distinctement que pour le triathlon des minimes, les combinaisons sont interdites! Avec la chaleur qui nous attend cette nuit et demain, peu de chance de voir la combinaison autorisée demain matin. La Fédération Française de Triathlon interdit la combinaison au dessus de 24°C, bref cela commence mal pour ce triathlon L de Guéret, une de mes 3 courses de cette années 2018.

Lac de Courtille (Guéret) vers 8h30

Avec Alain et sa femme Patricia, nous partons avec tout notre matériel à bicyclette de notre hôtel, pour aller sur la zone de départ. Oui je dis bien, tout notre matos, car il faut pas mal de matériel pour le triathlon: la combinaison de natation, les lunettes, le bonnet officiel, les chaussures de vélo, les chaussures de running, les gels, les gourdes, ne pas oublier le stickers pour le vélo, le casque, les lunettes et surtout une casquette pour la course à pied car il va faire très chaud. On part donc chargés comme des mulets vers le lac de Courtille.

Arrivés au départ, le speaker prend la parole et nous annonce que … la combinaison est autorisée et que la température est descendu à 22°C cette nuit. Je me dis « YES », je vais pouvoir passer la première étape sans trop de soucis. La combinaison apporte une flottaison non négligeable et permet de nager un peu plus vite; moi petit nageur qui ne savait pas nager le crawl il y a 6 mois, me voilà rassuré et certain de finir ce triathlon dans les temps. Les barrières horaires me semblent assez larges:

  • 1H pour faire 1.9km de natation
  • 4h pour faire les 90km de vélo, ou 5H depuis le départ
  • 2h30 pour faire les 21.1km de course à pied, ou 7h30 en tout.

Seul hic, la chaleur qui risque de passer au dessus des 35°C d’après Météo France, ça va chauffer dans la Creuse. La natation devrait bien se passer, avec ma précédente expérience du Triathlon du Chemin des Dames, je devrais passer dans les 1H sans problème. Pour le vélo, également une moyenne de 22,5 km/h avec un dénivelé d’un peu plus de 1000m, cela devrait passer. Et 2h30 pour faire un semi marathon, là aussi je suis assez confiant.

Zone de Départ

J’installe tout le matériel, je pose mon vélo, j’en vois certains qui commencent à réparer leur vélo, je pense que ce n’est pas vraiment le moment. Le speaker demande au micro si quelqu’un à une selle de rechange, un concurrent vient de casser la sienne … c’est un peu le problème du vélo, ça finit toujours par se dérégler … et je vais vite l’apprendre à mes dépends.

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Mon Cannondale Alu dans le parc

Tout comme des superhéros, nous enfilons nos combinaisons (de natation), moins rapidement et avec moins de pouvoirs. On attend sagement le top départ, nous sommes environ 250 au départ et cela sera moins la bataille, pas d’orgie de batraciens comme lors de mon premier Triathlon à Chamouille.

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Alain et moi avant le départ, on est confiants

Départ de la natation 1900m

Le départ est donné, je crois partir devant Alain, enfin il me semble, l’eau est chaude et le challenge immense. J’essaie de pointer la première bouée pour éviter de faire des zigzags comme la première fois. Je me sens assez bien, pas de bousculade enfin pas trop, je pousse le nageur devant moi une fois ou deux.
Au bout de 200m, la panique … je ne sais pas trop, un coup de stress ou d’autre chose. Je ne panique pas, je souffle un peu plus fort, je respire à fond un peu comme dans les exercices de plongées lors d’ un « essoufflement ». Après 200m cela va mieux, l’instant de panique est passé, mais bizarre ce coups de stress juste après le départ, je n’ai pas d’explication.

Première bouée, je tourne, je continue, je me sens assez bien, j’essaie toujours d’être le plus fluide et glissant possible, même si je ne suis pas un grand nageur, j’amplifie mon mouvement pour éviter de me fatiguer. Les hectomètres passent sans encombres, quelques batraciens en combinaisons tentent la « brasse » au milieu des crawlers, ces nageurs m’ennuient plus qu’autre chose, ils prennent vraiment beaucoup de place.

J’arrive à mi-parcours, je marche, je monte sur la plage et me dirige vers la gauche pour le passage à l’Australienne: 100m à marcher sur le sable pour partir pour un deuxième « round ». Je ne cours pas comme tous les autres concurrents, je marche et repars en crawl, je m’aperçois que je rattrape vite les triathlètes qui m’avaient doublé au passage à l’Australienne et c’est reparti pour un tour.

Une puis 2 puis 3 bouées, si je me rappelle bien, au dernier virage je me retrouve avec les derniers nageurs … à non il y a encore quelques nageurs sur la longue ligne droite. Nous sommes 3 ou 4 à se tenir sur quelques mètres, ça y est le calvaire du triathlon prend fin, plus que quelques mètres … je monte sur la plage, enfin plus de natation.

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Sortie de la nage 1900m en 44m30s (env)

Patricia, nous attend (Alain et moi) et arrive à me reconnaitre avec ma combinaison noire et mon bonnet jaune, tenue identique poures 250 participants et prend cette belle photo de ma sortie de la nage. Merci Patricia.

Vélo, 90 km dans l’enfer Creusois

Cette fois-ci j’enlève tranquillement ma montre, ma combinaison, mon bonnet et mes lunettes de natation. J’enfile mes chaussures de vélo, mon casque, mes lunettes et je pars pour les 90 km dans la brousse Creusoise. En sortant du parc à vélo, là non plus je ne cours pas, la course va être longue et chaude, je regarde dans le parc à vélo, le vélo d’Alain est encore dans son boxe, il n’est surement pas loin derrière en train de faire barboter dans le lac de Courtille.

Il y a beaucoup de monde pour le départ, je suis surpris par tout ce monde et les encouragements. Le départ est une longue ligne droite de 1km qui descend un peu et ensuite remonte. Je prends mon temps je croise quelques cyclistes qui me doublent … ou que je double et je m’enfonce dans la campagne.

Les feux de l’Enfer sont bien là, on va cuire comme dans une cocotte minute, la météo à prévue des températures caniculaires. Pour le moment à vélo et avec une combinaison encore bien mouillée, tout va bien, je me sens au frais. Mais après quelques kilomètres, et comme j’ai dû boire la moitié du lac en nageant, je m’arrête sur le bord de la route pour soulager ma vessie. Je me fais doubler par une triathlète et je repars. Il n’y a pas grand monde, vraiment pas grand monde, le reste de la course va-t-elle être aussi solitaire? Il semble que oui, devant ou derrière moi, pas grand monde, le désert Creusois. Je passe, enfin nous passons par des noms de village presque improbables: Les Cantines, La Bonne idée, Luchat, La Grande et la Petite Neuville. Oserais-je dire que c’est vraiment paumé ? OUI!!!
Pour le premier tour je fais attention de ne pas monter trop fort, je regarde mes fréquences cardiaques, tout semble bien aller: 132 pulsation/minute de moyenne, ça va malgré la chaleur.

A la fin du deuxième tour on repasse au point de départ après une extension sur la boucle, pendant un moment j’ai peur de m’être trompé de parcours, il y a beaucoup de bénévoles pour nous indiquer le chemin, mais j’ai peur que vu mon classement ils croient que je suis dans les premiers du triathlon M, parti après nous. En fait non, il faut bien revenir au début proche du parc à vélo et repartir. En repartant je croise Alain qui arrive et fini lui aussi son 1er tour, je dois avoir 2 ou 3 km d’avance sur lui, il a bien avancé, lui qui dit toujours qu’il n’aime pas le vélo.

Après 3 ou 4 kilomètres dans ce 2e tour, je continue mon parcours sans trop me fatiguer, le parcours est un peu vallonné et suivant le parcours je monte et je descend les vitesses du pignon de mon dérailleur arrière et de mon grand plateau à l’avant … tiens bizarre quand je passe sur le grand plateau (52 dents), j’ai l’impression que je pédale dans la semoule … ou plutôt que je pédale dans le vide. Ah rien de grave, je rebascule la cocotte du dérailleur avant et repasse sur le grand plateau … enfin ça devrait, je repousse … rien. Encore et encore … rien, je suis coincé sur le petit plateau (36 dents). Je viens de perdre un morceau de mon vélo, plus de grand plateau, fini les vitesses de 35-38km/h en ligne droite, je me traine à 29-30km/h en moulinant comme un Bobo sur son vélo d’appartement. Bizarre, il me semble avoir entendu tomber un morceau de métal il y a quelques minutes. Serait-ce un morceau de mon dérailleur qui vient de tomber …
Moi qui ne fait jamais entretenir mon vélo, voilà qu’après 3000 km il me lâche, à vouloir gagner quelques euros, me voici coincé en 3ème sur l’autoroute alors que tous les autres sont en 6ème. Bon vu le trafic sur cette autoroute Creusoise je ne risque pas l’accident, mais ma moyenne risque d’en prendre un sacrè coup.

Comme un petit malheur n’arrive jamais seul, la selle de vélo commence à me faire souffrir, j’ai eu beau changer ma selle, j’ai toujours des douleurs au bout d’un moment. Il faut que je trouve LA bonne selle.
Me voilà depuis 2 heures sur le vélo et après 50-55km de vélo j’ai perdu un grand plateau et j’ai des douleurs au postérieur.

La chaleur est bien là, mais pas trop prenante, par contre vers les 60e km, les choses se gâtent encore plus. Cela m’était arrivé une fois en faisant un 100km à vélo autour de chez moi: je commence vraiment à avoir mal aux pieds, bien sûr aux deux et au même endroit. Pour être précis, j’ai mal sur la partie qui appuie sur la pédale juste en dessous des doigts de pieds. Petit à petit la douleur devient infernale, comme si des lames de couteaux me rentrent dans les pieds, mais je dois continuer à appuyer, juste là ou cela fait mal.
Je cherche une position plus confortable pour ne pas avoir mal, la douleur est très irrégulière, ça vient, ça va, ça disparait et cela revient. Cette course devient un véritable calvaire, pas pour la chaleur mais pour la douleur. Mes moments de répits sont les descentes … enfin pour les pieds, la selle est toujours là, enfin surtout la douleur.

Heureusement je n’ai pas trop l’impression de souffrir de la chaleur, je vois bien le goudron luisant et suintant par endroit, mais je ne me sens pas trop mal. Les douleurs aux pieds, sur la selle sont parfois à la limite du supportable, mais je me sens terriblement seul, personne pas un chat 200m devant ou 200m derrière. Suis-je le dernier? Suis-je perdu? Suis-je encore en course? aucune idée? Enfin si les merveilleux bénévoles sont bien là pour me dire qu’il se passe quelques chose, surement un triathlon mais je me sens terriblement seul à mouliner sur mon vélo.

Sur la fin du deuxième tour, je me fais doubler par 2 cyclistes, pour finir je ne suis pas seul. Je n’essaie même pas de les suivre, il reste 21km et mes pieds me font toujours souffrir, donc Sylvain reste modeste et essaie juste de finir.

Arrivée sur la grande ligne droite du départ, mais en sens inverse, il n’y a personne, presque personne, bien sur les bénévoles, mais je les sens un peu fatigués à attendre les maillots rouges du peloton (les derniers) sous un chaleur infernale.

Ça y est, je quitte mon vélo et mes douleurs aux pieds, surtout aux pieds, comme des fourmis, je vais pouvoir me dégourdir les pieds au sens propre.

Course à Pied 4h40 de course (nat + vélo)

Je quitte mon vélo, je prends ma casquette, mes chaussures de running (soyons fétichiste ou superstitieux, mes chaussures des 100km de Millau) et je pars. Mes sensations sont plutôt bonnes, les jambes aussi. Je passe un jet brumisateur qui me rafraichit et cela fait vraiment du bien. Il fait 33°C à l’ombre et il n’y a pas beaucoup d’ombre sur le début du parcours, les bénévoles sont aux petits soins avec nous dans cette partie running.
Et me voilà parti pour 4 tours de 5km autour du lac Courtille, pour finir le semi-marathon … du point de vu du temps, il me semble que je suis bien, d’après mes estimations je devrais le faire en 2h30-2h40.

J’avais bien remarqué une grosse bosse dans le parcours (sur le site openrunner.com), mais il semble qu’il y ait une deuxième dans ce tour autour du lac. En tout il y a  66m de dénivelé positif par tour, c’est bien ce que je vois en courant, mais sur 3 bosses sur des chemins plutôt que sur du goudron. Bon ça devrait le faire de toute façon.

1er tour

Le premier tour est bouclé en 39 min environ .. je ne calcule pas mon temps, mais les jambes vont bien et je me sens bien. J’ai aidé un coureur dans son dernier tour qui était torturé de crampes, il a lourdement chuté dans la partie descendante, je l’ai aidé comme j’ai pu pour le remettre sur pied avec un autre coureur.

2eme tour

Je crois qu’au deuxième tour mon pote Alain me double, il est bien et semble bien en forme. Moi je commence à tirer la langue à cause de la chaleur et la fatigue est bien là. Mais je suis confiant, je m’amuse avec quelques bénévoles qui pensent que j’en suis à mon dernier tour. Non il m’en reste 2 … et ça va être dur.

Au passage à la fin du 2e tour je fais mes calculs … je refais mes calculs …  je vais être hors délai. Bon refaisons les calculs, il me reste 2 tours, cela fait 6 heures que j’ai commencé ce triathlon … le deuxième tour est bouclé en 42 min … si je ralenti encore je suis mort et je suis hors délai.

La solution est simple: il faut accélérer

Facile à dire devant mon ordinateur, mais faisons l’état des lieux: la vitesse chute dangereusement, la chaleur est écrasante et j’ai un gros warning sur mon tableau de bord qui clignote depuis un long moment: Mon voyant de batterie est au plus bas, je n’ai plus de jus, plus rien, je suis naze, crevé, HS, à l’ouest, mais il faut continuer. Vaille que vaille, je peux finir, mais dans les temps cela sera impossible, à moins de remonter le temps.

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Passage du 2 ou 3e tour en CAP, on sent la fatigue

3e tour

C’est le crépuscule, le crépuscule de ma course, les jambes sont là, enfin ce qu’il en reste, mais je cours, je marche, je cours, et je boucle le 3e tour en 49 min. C’est la CATA totale, les montées bien raides du bord du lac ressemble à la montée du col de la Faucille. Le voyant de batterie de mon tableau de bord ne s’éclaire même plus, je risque la panne sèche. Je sais que je finirai, mais tout le monde dormira c’est sûr. Au passage du 3e tour, le speaker ou l’un des organisateurs s’approche de moi et me dit très diplomatiquement :

  • Lui: « tu ne seras pas classé, tu es hors délai »
  • Moi: oui je sais (la mort dans l’âme)
  • Lui: tu veux finir
  • Moi: oui (la rage au ventre)
  • Lui: ok pas de souci vas-y …

Je repars motivé comme jamais, tant pis je ne serai pas classé mais je finirai « NA »! Je n’abandonnerai pas.
Cela fait un moment que je vois Alain devant moi au bord du lac, il est droit comme un « I », il court il court, il est bien, il finira.

Je continue, je continue, je n’abandonnerai pas, non, pas d’abandon, NON, NIET, NADA
Mais je commence à réfléchir, intérieurement je me disais peut-être que les organisateurs repousseraient un peu les barrières horaires à cause de la chaleur et avec 10-15 min de plus je pourrai finir, je viens de passer le 3eme tour vers 6h53m de course, ça devrait aller. Mais depuis la fin du 3ème tour je ne fais que marcher, il ne reste rien, je ne cours plus, je marche, je suis OUT.

Ça y est je bascule, je verse, je tombe du mauvais coté, plus de retour en arrière, la décision est prise 3 lettres résonnent dans ma tête DNF, DNF, DNF: Did Not Finish … J’abandonne, à quoi bon continuer pour rien, pas la peine de se faire mal, ça ne sert à rien, donc si c’est pour être non-classé: BASTA, ultime action de ce triathlon: j’éteins ma montre GPS et je fais marche arrière. Ça y est je suis mort

J’arrive sous l’arche d’arrivée, je donne ma puce bien avant pour ne pas être détecté comme Finisher. Les bénévoles me donnent quand même un T-Shirt de Finisher, promis je vais barrer le mot « Finisher » pour ne pas usurper ce « non-trophée ».

Ensuite j’attends Alain avec impatience qui finira en 7h32 sur les rotules et avec des crampes, il finira en marchant mais il finira !!! Bravo Alain!

Petite Analyse à froid

Mon but était de finir dans les temps, ce ne fut pas vraiment le cas. Mais après avoir de nouveau regardé mon entrainement des 2 derniers mois et en le comparant avec l’entrainement de Jogging International, je vois que je n’ai pas trop suivi ce plan.
En durée et en kilomètres, je l’ai bien suivi, mais je n’ai pas fait assez d’enchainements vélo -> course à pied. Je me sentais bien après le vélo, les jambes étaient bien, mais je n’avais plus vraiment de puissance pour monter les 2 ou 3 bosses du lac de Courtille. Je pense qu’en suivant mieux ce plan et en dédiant plus les dimanches aux enchainements natation-vélo et vélo-course à pied, j’aurai peut-être un peu mieux fini. Mais étant un peu têtu sur les bords, je reviendrai et je finirai un L en 2019 … ou 2020

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Un peu de frais après la canicule

 

 

Triathlon du Chemin des Dames 2018 (20/05/2018)

Une première depuis longtemps, je change un peu de sport. Fini la course à pied à profusion du lundi au dimanche. Depuis le début de l’année, je diversifie les sorties pour le Triathlon de Guéret au format L. L comme longue distance: 1,9km de natation, 90km de vélo et 21,1km de course à pied. Alors depuis le début de l’année je nage, je roule et comme toujours: je cours.
Pour me roder un peu, pour cette course un peu hors norme dans la Creuse, j’ai intégrer une petite course pour entrainer les automatismes et éviter les erreurs du débutant. Pour me jeter à l’eau (et sans jeu de mots) j’ai participé au Triathlon du Chemin des Dames dans l’Aisne, dans la commune de Chamouille … oui je sais ça ne s’invente pas. Pour vraiment débuter, le format choisi était un Triathlon au format M, soit: 1,5km de natation, 38km de vélo et 10km de course à pied

Retrait des Dossards

C’est alors, avec mon vélo, ma combinaison de natation et mes running, que je débarque dans cette ville des Hauts de France. Le retrait des dossards est assez identique à ceux en course à pied ou en trail, à la seule différence que l’on nous offre a un magnifique bonnet de bain très FLASHY avec le numéro du dossard.
Avec un bonnet pareil, on nous verra de loin même en pleine nuit.

Bonnet de Bain Ultra FLASHY pour ne pas se perdre dans l’étang de Chamouille

Avant le départ

Le jour de la course, le dimanche, avec mon pote Alain, celui même qui m’a défié pour faire le triathlon L de Guéret, nous arrivons assez tôt pour nous mettre dans l’ambiance, mais surtout pour trouver une place de voiture et préparer nos affaires.

On tâte un peu la température du lac de Chamouille pour voir si l’eau ne sera pas trop froide. Un triathlète qui a couru la distance S le matin M même, nous aborde et nous assure que l’eau est à la bonne température. Et effectivement à se tremper les pieds et les mains elle semble plutôt bonne, elle est à 19°C.

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Avant le départ

Le départ

Avec Alain on vient de nager un peu et de faire 200-300 mètres dans l’étang, il regorge d’algues et n’est pas très profond. Je me retrouve à nager dans de la salade. Moi qui flippait un peu des grandes profondeurs, me voilà emmêlé dans 1mètre d’eau remplie de plantes vertes.

Après un long speech de l’animateur qui nous donne les bonnes consignes pour rouler  en respectant le code de la route (faut-il marquer les stops et poser un pied à terre?), le départ est enfin donné. Me voilà parti avec une nuée de lucioles fluorescentes (les bonnets de bains) pour 1500m de nage dans une étang infesté d’algues et de nageurs.

La natation: 1500m, 2x750m passage à l’Australienne

Alain part devant moi, enfin c’est ce que je crois. Tout le monde se ressemble avec une combinaison noire, des lunettes de bains et un bonnet jaune fluo. Je le vois donc partir, comme une balle devant moi. On est au milieu du peloton et la grande bataille commence. Je commence à me mettre à l’eau et là, c’est la grande bagarre. Certains commencent à nager et disparaitre, d’autre se montent les uns sur les autres. Je touche des pieds, des mains, des têtes, il y a des nageurs de partout, à droite, à gauche, juste en dessous « Oups pardon monsieur je vous nage dessus » au dessus « hé fais gaffe, tu me nages dessus ». En résumé, 600 nageurs lancés d’un coup, c’est une véritable orgie de batraciens en néoprène !

« Mince mes lunettes », me dis-je. Un nageur vient de donner un coup dans mes lunettes. Avec mes lentilles de vues si l’eau rentre dans les lunettes c’est la catastrophe!
Ma ou mes lentilles vont disparaitre dans l’eau et je n’aurai plus que ma myopie pour pleurer. Le pire serait de perdre qu’une seule lentille et de finir le triathlon en fermant un bon œil (et le bon). Heureusement, l’eau ne rentre pas dans mes lunettes et je peux continuer à nager. Mais c’est vraiment difficile, il m’arrive des nageurs de partout, mais petit à petit cela se calme, le peloton se disperse et je peux nager sans problème.

Après les 750 premiers mètres on fait le « passage à l’australienne », on marche 100m et on repart pour une deuxième boucle. C’est moins le bazar, mais l’eau toujours remplie d’algues est maintenant complétement noire, 600 nageurs viennent de passer et on remuer le fond et la vase. En plus j’ai une algue accroché à ma puce de chronométrage, je la sens depuis le début, rien de grave mais cela m’énerve, je sens une algue qui me retient.
Je ne vous l’ai pas dit, mais je penche à gauche, mais bien à gauche. Je nage de plus en plus sur le coté gauche, un des organisateurs vient me voir en kayak pour me demander si tout va bien. J’essaie par tout le moyens de re-pencher à droite et de rejoindre le peloton de nageurs aux bonnets fluos et heureusement je me refais nager dessus dans la meute: le pied.

Petit à petit l’arrivée de la première partie arrive enfin, je me sens bien, mais les algues et la cohue de nageurs commencent à me saouler, vivement la fin. Ça y est je touche terre, je monte sur embarcadère et là me revoilà avec 2 belles crampes aux ischio-jambiers. Là encore une belle surprise, jamais eu de crampes ici, jamais pendant tous mes entrainements depuis 6 mois.
Tous les triathlètes se précipitent vers leurs vélos. Pas moi, je prends mon temps, je suis en mode découverte et je marche pour reprendre mon souffle. Je me fais bousculer, je ne dois pas être assez grand alors.

J’essaie d’enlever ma combinaison de natation, mais le cerveau est en mode OFF. Non Sylvain, si tu veux enlever la main gauche il faut lâcher le bonnet et les lunettes de ta main gauche, sinon ça ne passera jamais.
J’arrive aux vélos, pas mal de monde est déjà parti et j’arrive dans les derniers, je jette un coup d’œil: le vélo d’Alain est encore là!
Il ne doit pas loin derrière. Je prends mes affaires, mon vélo, j’espère que je n’oublie rien et me voilà parti pour 38 km. A ma montre j’ai mis 36 minutes pour la natation, bien plus que ce que j’avais prévu, mais rien de grave. D’après mes savants calculs, je devrais mettre 1h39m pour faire les 38km de vélo et les 600m de dénivelés.

Le vélo 38km D+600m

Je monte sur le vélo, je suis trempé, ça fait un peu bizarre la première fois. Ça monte un peu et les spectateurs nous encouragent. Je mouline tranquillement, il commence à faire un peu chaud, mais je prends un peu mon temps. Je me sens bien et je n’ai aucune courbature de la nage. Je me fais pas mal doubler au début, surtout des coureurs avec des vélos qui ressemblent plus à des avions de chasse à plusieurs milliers d’euros qu’à des vélos de course.

Au milieu du parcours, une belle montée à plus de 10%. Un des avions de chasse qui vient de me doubler et qui fait un boucan d’enfer (un truc qui frotte sur sa roue ou son dérailleur) s’arrête … bizarre vient-il de crever ? Non, la pente elle est trop dure pour lui !!! Non je crois rêver, un mec qui se balade avec un vélo de triathlon et qui n’arrive pas à monter une pente de 10% … j’en tombe presque de mon vélo.
Un peu plus loin je double un coureur, il me dit « c’est les Alpes ici! » … je lui réponds … « non je viens des Alpes et ici c’est (presque) plat », bon je comprends mieux sa phrase quand il me dit qu’il vient de Picardie. Pour moi cela reste quand même relativement roulant, vu qu’il n’y a pas de col à passer, enfin un col à plus de 1000m je m’entends.

Ensuite je fais un petit bataille avec un coureur (le 481), qui me double, que je double et qui me redouble encore et on recommence plusieurs fois. Vers la fin du parcours, il y a une longue ligne droite en faux plat montant, j’embranche la 5e et je file, petit à petit je double pas mal de monde, je mouline, je me sens bien, même très bien, je flirte avec les 30km/h. Une dernière descente et on revient sur Chamouille. Pas de nouvelles d’Alain, il ne doit pas être loin derrière, mais je suis sûr qu’à la course il va bien vite me rattraper.

J’ai mis 1h34m, un peu mieux que ce que je pensais mais le plus dur est à venir

La course à pied, 10km

Je passe dans le sas pour ranger mon vélo et me préparer pour la course à pied, je me sens bien après le vélo. Je me change, je mets mes chaussures de running, ma casquette et me voilà parti pour 10km de course à pied. Je ne connais pas vraiment le parcours, mais en sortant du parc à vélo, je file sur de la pelouse fraichement tondu.

Mes jambes vont bien, mais j’ai l’impression de ne pas avancer, je me traine, tel un vrai zombi, je n’avance pas. Je regarde ma montre je suis dans les 10-11km/h, mais je trouve que je n’avance pas. En fait je pense que je suis habitué à la vitesse du vélo (entre 20 et 30 km/h) et mon cerveau me dit qu’à 10km/h je me traine comme un petit vieux. En plus il fait assez chaud et lourd (environ 28-30°C)

Je sens que la course va être dur et difficile, je n’ai pas de référence de cardio, je l’ai laissé dans mon sac, mais je sais que je suis dans le rouge. Le premier km se fait, mais il y a des petites montées, difficile de tenir le rythme. Les kilomètres s’enchainent avec des petites montées casse-pattes, je marche dans les montées, la machine est en sur-régime.

Un petit ravitaillement près du 3 ou 4e km, je prends un gel « coup de fouet », c’est vraiment efficace, je me retrouve bien mieux pendant quelques temps. Je continue, j’attends la mi-course avec impatience, il fait chaud et je suis toujours en surchauffe.

Au km 5 ou pas loin, on récupère un bracelet en plastique pour indiquer que l’on est bien arrivé au point le plus loin de la course, c’est un moyen économique contre les petits malins qui veulent tricher. En repartant je croise Alain qui n’est pas loin derrière moi, il a dû bien rouler à vélo, et à sa vitesse en course à pied il ne va pas tarder à me rattraper. Je continue, je m’accroche, mais j’alterne course et marche, la chaleur est toujours étouffante!

Le dernier km, j’y suis c’est bientôt fini, Alain réalise quelques mètres avant de me doubler que c’est bien moi, il continue me double et me dit de m’accrocher, il est bien, je m’accroche. En arrivant avant le dernier virage, un crampe dans les mollets ou les jambes arrivent, je marche un peu en laissant Alain terminer seul … mais après quelques mètres je repars, j’essaie de le rattraper, mais il est trop loin. Je fini 22 secondes derrière Alain en 3h18m58s. Je visais les 3h15m, on va dire que ce n’est pas si mal pour un premier Triathlon.

Voici mes temps officiels sur le site du Triathlon du Chemin des Dames

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J’ai bien pris mon temps lors du premier changement entre la natation et le vélo, j’avais surtout peur d’oublier quelque chose, lors du deuxième changement j’étais un peu moins stressé.

Par contre je suis assez content de mon classement sur la natation (415e), par contre en vélo j’étais persuadé d’avoir doubler pas mal de monde, mais j’ai vraiment dû perdre du temps ailleurs et me faire doubler à la sortie de la natation.
Étrangement à la course à pied, mon classement est meilleur qu’en vélo, alors que j’ai eu l’impression de me trainer comme un petit vieux.

Conclusion

Pour ce premier triathlon, je finis dans les derniers, mais je finis dans les temps que je m’étais fixé. Je voulais être un peu moins rapide en vélo, et finir un peu plus rapidement à course à pied. Mais l’enchainement vélo-course à pied fut bien plus dur que prévu, pas dans les jambes (je n’ai pas eu de crampes, ni de contractures) mais plutôt la fatigue générale, je manquais cruellement d’énergie pour finir et la chaleur était vraiment étouffante.

Maintenant, direction pour le Halftriman de Guéret pour le Triathlon distance L

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Après la course et toujours avec le sourire

Un grand merci à tous les bénévoles pour cette super course et la très bonne ambiance.

Un super merci à Alain qui m’a emmené dans le monde du Triathlon que je ne connaissais pas du tout !

Début de l’entrainement pour le Triathlon de Guéret

Voilà 2 mois et demi que je suis le plan d’entrainement pour un triathlon (distance L ou Half-Ironman), deux mois que je suis presque à la lettre le plan de Jogging International. Oui presque à la lettre, vu le temps assez pluvieux en ce début 2018 et les journées un peu courtes en soleil, j’ai un peu délaissé le vélo en ne faisant qu’une séance par semaine, mais j’ai bien suivi les 2 séances de piscine préconisées par mon ami Alain le Triathlète.

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Résumé d’entrainement Triathlon L

Il y a plus de couleurs que lors des préparations des Trails ou des courses, n’est-ce pas ? En tous les cas, je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup perdu en course à pied. Par contre en natation et en vélo les progrès sont là et bien là

Progrès en Natation

Quand on part de zéro ou presque il est facile de progresser, je ne partais pas de zéro en natation, je savais nager, mais je partais de loin.
J’étais très « brasse » et pas du tout « crawl », Alain le triathlète m’a surtout recommandé de m’entrainer en crawl, car la brasse utilise beaucoup trop les jambes, et dans un triathlon justement on a encore besoin de ses jambes. Donc, j’ai fait mes gammes, comme un pianiste le long de la piscine de Ferney-Voltaire, j’ai aligné les bassins. Début février, en revenant de vacances au Mexique, le déclic s’est fait et j’ai pu enchainer les longueurs en crawl sans trop m’essouffler.

Puis en faisant les exercices de l’entrainement de JI, la vitesse, la fluidité (recommandé par Briag) se sont vite améliorées. Cette semaine j’ai fait un test de 2000m sans arrêt, sans exercice spécifique, juste une séance de crawl avec un pull buoy. Enchainer les 80 bassins d’une traite … et les records sont tous tombés:

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Donc, en s’entrainant 2 fois par semaines, avec un pull buoy et des plaquettes, le crawl peut très bien se perfectionner sans problème en quelques mois. Bon maintenant, il faut que j’apprenne à faire la culbute et la respiration tous les 3 mouvements.

Progrès en vélo:

Là aussi en partant de zéro ou presque, il n’est pas difficile de faire des progrès. Je ne suis pas très assidu avec la « Petite Reine » même si j’ai toujours eu une grande affection pour celui-ci. J’ai là aussi suivi l’entrainement de Joggin-International. Mais pour voir les progrès c’est un peu plus subtil. J’ai bien regardé la théorie de la puissance développée par un cycliste sur un parcours: en fonction du poids du cycliste+vélo, du dénivelé, du vent et des forces de frottements. J’ai aussi lu quelques sites et blogs concernant la puissance en vélo et j’ai même installé un estimateur de puissance sur ma montre Ambit2 de Suunto. Bref je peux vous faire un cours sans problème.

J’ai fait des courbes et analysé mes sorties les plus importantes (entre 50km et 75km) pour voir si ma puissance avait un peu évolué. Et d’après Strava et le site bikecalculator, il semble que j’ai un peu gagné en puissance depuis le mois de Janvier-Février, environ 20W passant de 120-130W à 140-150W en moyenne lors de mes sorties.

Très bien mais tout cela pour dire quoi ?

C’est très bien mais ça veut dire quoi de gagner un peu de puissance lors d’un triathlon ou d’un course cycliste?
En résumant un peu la théorie des forces mécaniques:

  • Plus on est puissant, plus on va vite.

Je sais, ce n’est pas très révolutionnaire, même Lance Armstrong le sait depuis longtemps.

Ma grande peur actuellement est le parcours à vélo du Triathlon de Guéret et sa barrière horaire: 92km en moins de 4H cela fait un vitesse de minimale de 23km/h pour un dénivelé de 1100m.

Donc la question du mois de Juillet est: quelle est la puissance minimale que doit avoir un cycliste pour finir le parcours vélo ? Vous avez 30 minutes et je ramasse les copies !!!

Il existe pleins de sites, mais un m’a beaucoup plu velomath.fr pour sa simplicité et pour une courbe très simple qui permet de voir un point très intéressant:

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Vitesse, dénivelé et puissance du cycliste

Cette courbe s’applique très bien à moi, je fais environs 76kg, mon vélo 8,5Kg, soit a peu près 85Kg. Non, je n’ai pas calculé mon Cx en soufflerie, l’influence me semble pour le moment largement négligeable et mes calculs assez approximatifs pour négliger ce point là.

Sur la courbe on voit que la vitesse et la pente du parcours sont assez linéaires entre elles (sur des petites variations) et cela pour une puissance donnée. Par exemple pour Guéret le dénivelé est de 1100m pour 92km, soit une pente de 1100/92000=0,0119=1,19%. Si on cherche le point 23km/h (vitesse minimale) pour une pente de 1.19% on trouve à peu près 150 Watts (le point rouge sur la courbe).

J’ai donc repris mes sorties à vélo et j’ai fait la même courbe pour extrapoler ma vitesse à Guéret. Bien entendu la puissance n’est pas très fiable, mais je trouve a peu près les mêmes données linéaires. En bon ingénieur matheux, j’ai appliqué la méthode « des moindres carrées » et l’estimation me donne une vitesse entre 23,5km/h et 24,6 km/h pour faire les 92km de Guéret

La marge de manœuvre est donc « très limitée », si je fais du 24,6 km/h, je finirai l’étape vélo en 3h45min … j’ai donc 15 minutes de marge pour me changer et repartir en courant … ça va être très très court.

Objectif, rouler pour faire le premier des deux tours du parcours à 24km/h pas plus sinon c’est la panne sèche assurée au deuxième tour.

Ensuite il faudra faire le semi en moins de 2h30m … ça va être limite ce Triathlon de Guéret, les chiffres sont là !!!!

Je commence officiellement l’entrainement pour le Triathlon lundi prochain (23 avril 2018) pour 10 semaines.

1, 2, 3 … Nager, Pédaler et courir

Voilà 2 mois que toutes les semaines je m’entraine à la piscine de Ferney-Voltaire et je ressors mon vélo. Si, si jusqu’à 2-3°C je sors le vélo, ça caille mais en étant bien couvert, on survit sans problème dans les montées, mais je l’avoue le froid est tenace dans les descentes.

Nager

J’ai bien repris la natation, mon premier but est de pouvoir nager sans perdre mon souffle en nageant le crawl. En brasse, je suis assez rapide et je ne m’essouffle pas, mais d’après plusieurs conseils de vieux Triathlètes, il vaut mieux économiser les jambes en nageant le crawl.
Après 2 mois et environs 10 séances et un peu plus de 12 000m de nage, je commence à vraiment me sentir à l’aise. Plus d’essoufflement après 100m de nage libre, je peux maintenant enchainer les bassins sans problème. La glisse commence à venir et la vitesse aussi, j’enchaine les séances entre 1700 et 2300m, 2 fois par semaines et en 2 mois les progrès sont vraiment là.

Pédaler

Sur le vélo, je ne pars pas de zéro, mais l’année 2017 n’a pas été sur 2 roues, à peine 500km. D’après ce que j’ai lu et entendu concernant le Triathlon, il vaut mieux beaucoup miser sur le vélo et sur la natation.
Toutes les semaines, suivant la météo (j’évite la neige, la pluie et le brouillard), je fais une sortie entre 40-60km pour me dérouiller les jambes.
Ensuite pendant la période d’entrainement, qui commencera fin avril, je passerai à des distances plus longues de 60 à 100km pour la sortie longue, et une sortie pendant la semaine, le parcours Bureau-Maison de 60km sera parfaite pour cela. De plus la Suisse étant championne des pistes cyclables par rapport aux routes défoncées du Pays de Gex, je vais essentiellement faire des aller-retour à vélo.

Courir

On arrête pas un sport que l’on aime, j’en fais beaucoup moins, 2 à 3 sorties par semaines en fonction des autres activités. Ce jours-ci difficile de sortir sans avoir 10 cm de neige. Je me suis fait un belle sortie au bureau dans la poudreuse de Cheseaux (de la neige jusqu’au mollet), le plus dur fût de trouver le chemin caché par le poudreuse et de penser que mes Yaktrax étaient bien au chaud chez mois

 

Bilan 2017, Projet 2018

En ce début janvier 2018, il est temps de se lancer de bonnes résolutions pour la nouvelle année et de faire une rétrospective de celle qui vient de se terminer.

2017

Pour 2017 j’ai 3 souvenirs marquants qui sont très différents:

  • Trail de Saint-Jacques

Je n’ai pas fait d’article dessus, cette course fût terrible, j’étais mal préparé, il faisait très chaud 30°C et mes jambes m’ont vite lâché après le 20e km (sur 40km). Je me souviens d’une descente aux enfers, je me faisais doubler par des papys et mamys grisonnantes. Je suis arrivé après 7h30 de course, content d’arriver en ayant surtout appris que les Trails cela se travaille, me concernant surtout au niveau des quadriceps, je manquais de dénivelé.

Je les ai redouté pendant plusieurs mois et cette course fût extraordinaire, des jambes en de gazelle et une forme impressionnante après Saint-Affrique, le vrai début de la course au 70ekm

Elle s’annonçait difficile, elle le fût et par plusieurs fois, je me suis demandé comment j’allais finir cette course. Même en slalomant entre, le verglas, le froid, le vent et les chutes, elle fût l’une des plus dures de mes 3 participations

Un petit résumé en images et en chiffres de cette année 2017

2018

Un grand changement pour 2018, Alain mon pote des 100km de Millau m’a défié sur un Triathlon, étant un piètre nageur de crawl et ne faisant du vélo qu’en période de non entraînement, un triathlon va être un véritable défi pour moi, il va falloir enchaîner la natation, le vélo et la course à pied sur la même épreuve, je pense que le défi va être de taille pour 2018

Triathlon Half IronMan, ou longue distance

Préférant plutôt les longues distances, quand Alain m’a parlé de Triathlon, j’ai préféré prendre le défi sur un distance longue (natation: 1.8km, vélo: 90km, course à pied: 21km). Mais en regardant d’un peu plus près je me suis aperçu que dans le monde du Triathlon, il est assez difficile de comparer deux courses différentes. Je pensais naïvement que les Triathlons Half-Ironman étaient identiques en distance par rapport aux Triathlons longue distance (L). Et bien non, pas du tout, la distance en natation passe de 1.8km (Half Ironman) à 2.8km en Triathlons L.

Cette épreuve sera très « Challenging » en terme d’entraînement, de technique (natation) et d’endurance (approximativement 8-9h de course) pour cette année 2018.
Pour le moment nous ne sommes inscrits à aucune course, mais cela ne serait tarder, les places sont chères et certains Half ou L sont déjà complets 6 moins à l’avance.
J’ai épluché le web à la recherche d’entraînement gratuits de Triathlon et j’ai trouvé 3 références pour des Triathlons Half Ironman:

  • Entraînement de Jogging International (lien)
  • Entraînement de Triathlète.com (lien)
  • Entraînement de 220Triathlete.com (lien)

Connaissant le sérieux du magazine Jogging-International en terme de gestion de l’entraînement et surtout de repos, je vais me baser sur celui-ci. Mais je peux voir déjà que les semaines seront très chargées (5 à 6 séances par semaines) et je ne sais pas encore comment je vais trouver le temps de faire 2 séances de natation par semaine. Par contre les 60 kilomètres entre le bureau et chez moi seront parfaits pour des séances de vélo de 2h. Normalement l’entraînement devrait commencer fin mars début avril pour un Half Ironman fin juin.

Half Marathon des Sables

Inscrits depuis plusieurs semaines … pardon pré-inscrits depuis plusieurs semaines, j’attends avec impatience l’inscription définitive à cette demi course de légende. Le tarif est élevé, mais le défi est de taille. 120km dans le désert des Iles des Canaries en autonomie complète à la mode du vrai « Marathon des Sables ».

Là aussi, ce défi a été lancé entre Alain et moi lors de nos trails d’entraînements pour Millau. A priori la chaleur est moins extrême que le vrai Marathon des Sables (30°C au lieu de 45°C) et  surtout moins long (120km sur 4 jours au lieu de 250km sur 7 jours). Mais je me méfie toujours des « a priori » sur une course. Il va falloir que j’étudie un peu plus la question.

L’année 2018 sera donc l’année des Half à voir si 2019 sera l’année des FULL !!!

SaintéLyon 2017: Je suis survivant

Je ne sais pas quelle heure il est, je ne sais pas exactement ou je suis, j’ai froid et je ne sais vraiment pas comment Briag et moi allons arriver jusqu’à Lyon.

Voici une de mes pensées lors de cette 64e édition de la SaintéLyon 2017, ma 3e. Mais qu’allais-je donc faire en cette galère!

Avant la course

Comme à notre habitude avec mon pote Grego, nous faisons l’excellente « Quenelle Party » chez sa Belle-Mère à coté de Lyon, cette année Briag (Finisher de l’édition 2016) est également avec nous. On parle chiffon et tricot, enfin course à pied, chaussures de Trail mais surtout surtout de la météo qui nous annonce une « VRAIE » SaintéLyon: neige, froid vent et sûrement du verglas sur les sentiers

Vers 14h30 Grego nous emmène à la gare pour filer sur Saint-Etienne. Un brave sondeur de la SNCF nous pose pleins de questions sur notre moyen de transport entre Lyon et Saint-Etienne. Celle que j’attendais « Par quel moyen aller vous faire le trajet retour? », on lui répond « à pied », regard interloqué de l’agent SNCF « j’ai pas cette réponse dans mes cases ».

Un peu moins fatigué que l’année dernière, Briag et moi prenons le train et ma mère vient nous chercher à la gare de Saint-Etienne.

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Dans le train entre Lyon et St-Etienne

Après un bon plat de pâtes, nous sommes prêts et d’attaque pour affronter cette course qui s’annonce bien givrée. Les organisateurs annoncent -6 -7 °C à Saint-Catherine et une bise de 20 à 25 km/h venant du Nord. Ça va cailler dans Monts du Lyonnais, pour cela j’ai doublé presque toutes les couches:

  • 2 bonnets techniques
  • 2 paires de gants
  • 2 T-Shirts (xBionic + T-Shirt à manche longue)

Attente au Parc des Exposition

Vers 22H, au Parc des Expositions de Saint-Etienne, on se fraie un chemin pour trouver une place avant le départ. Cette année il y a beaucoup de monde, on trouve qu’une place par-terre. En fait en regardant les chiffres de l’organisation, il y a 1000 coureurs de plus au départ de la course, on va se tenir chaud, 7000 partants en solo pour la 72km.

En attendant religieusement le départ, on fait quelques vidéos pour Alain qui est resté au chaud chez lui, ils nous avaient accompagné en 2016 et il a surtout été mon fidèle partenaire cette année aux 100km de Millau.

Puis me vient l’idée de montrer une fonction très pratique à Briag sur ma montre la Sunnto Ambit 2: Le rétroéclairage. On peut régler l’intensité lumineuse du rétroéclairage. C’est très pratique pour la SaintéLyon, 10 minutes plus tard je regarde l’heure … catastrophe, ma montre n’a plus de contraste et je vois difficilement l’heure. Je regarde un peu les paramètres de la montre. Rien à faire la montre semble bien en mode « j’ai bogué 1h avant le départ », la probabilité est quasi nulle qu’une chose pareille arrive. Ma montre a plus de 650 sorties et juste aujourd’hui elle décide de planter. Je me dis que c’est un bug, je cherche un peu comment faire et je décide de la redémarrer …

Elle s’éteint … j’appuie sur tous les boutons … elle ne redémarre pas … (gloups) …

J’insiste, en faisant toutes les combinaisons possibles de touches. Rien à faire, elle en démarre plus. Un vague souvenir me revient, la seule fois ou je l’ai redémarré, j’ai dû utiliser le cable et mon ordinateur pour la redémarrer. Aïe, je crains le pire!

Le câble, je ne l’ai pas et en demandant à plusieurs coureurs autour de moi, aucun n’a le connecteur bien entendu. Me voici donc prêt et bien prêt pour une course qui s’annonce difficile, longue, froide, dans la neige ET sans repère: ni temps, ni distance (un panneau tous les 5km) et sans indication sur mon rythme cardiaque. La nuit va être très longue !!!!

Adieu la méthode « Cyrano » qui fut si bénéfique pour les 100km de Millau, difficile d’alterner course et marche (au rythme de 6′ de course et 1′ de marche) sur les 72 km de cette SaintéLyon sans montre. Je bascule en pleine régression dans l’échelle de l’évolution de l’Homo-Digitus-Connecticus: aucune métrique, juste les sensations très analogiques et très subjectives.

Un malheur n’arrivant jamais seul, la batterie de mon téléphone ne semble pas en très bonne forme non plus. Heureusement Briag est là, avec sa montre et son nouveau téléphone, « il ne peut plus rien arriver de mal maintenant ».

Saint-Etienne, le départ vers 0h20

Moi stressé, jamais ! Juste avant le départ dans le sas, mes extenseurs (muscles du pied) se rappellent à moi, des deux cotés bien sûr c’est bien mieux. Deux belles crampes aux deux pieds, moi qui suit sujet aux crampes pendant la course, voici que le stress de l’avant course me donne des crampes avant le départ. Comment vais-je courir ? Les planètes sont en train de se désaligner, la course va être difficile.

Le départ est donné, les crampes s’en vont, et bien malgré moi je cours pour la première fois depuis des années: sans cardiofréquencemètre, sans vitesse, sans chrono, un vrai retour aux sources. Mais les premiers kilomètres se passent assez bien. La montre de Briag donnant des valeurs assez aléatoires en mode « Itinéraire », Briag décide de l’arrêter et de la redémarrer. Nous aurons donc environ 4km et environ 40 min à rajouter pour avoir une estimation du temps et de la distance de course, un peu de maths s’est toujours sympathique par -8°C sous le vent, non ?

Sorbiers, heure ???, distance env 8km

On attaque les premiers sentiers, on passe par les même chemins que l’année dernière, premier bouchon dans la première descente. Il fait froid, on allume les frontales. Cette année Briag à une vraie frontale, il éclaire comme un phare Breton avec sa Led Lenser, une lumière très puissante et très localisé. Je ne sais pas pourquoi ma lumière semble bien faible à coté de la sienne, mais suffisante pour courir sans souci.

Je cours pas trop mal, j’essaie d’analyser ma foulée pour estimer ma vitesse, je demande parfois à Briag notre vitesse. C’est bon on ne part pas trop vite, enfin il ne me semble pas. Aux sensations le cœur est au bon rythme, tout semble bien se passer.

Cette année ça caille, un peu plus que l’année dernière, j’ai ma nouvelle veste de pluie, plus étanche et plus chaude que celle de l’année dernière, mais surtout j’ai pris un T-Shirt à manche longue sur mon X-Bionix pour éviter d’avoir froid comme en 2016. Cela paie, mais sans ce T-Shirt j’aurai vraiment eu froid. Mes 2 bonnets techniques et mes 2 paires de gants ne sont pas de trop, je suis prêt à affronter la course.

Saint-Christo, 2h10 de course, 16km

Nous voici au premier ravitaillement, c’est toujours la grosse affluence, je prends mes ravitaillements perso, il y a vraiment beaucoup de monde. Je demande à Briag notre temps, de mémoire il me semble que l’on est dans les temps, mais cela reste très flou. J’ai peur d’être un peu en avance sur le temps de l’année dernière. En fait on est un peu en retard par rapport à l’année dernière, mais c’est plutôt bon signe pour ne pas se griller dans les premiers km.

On repart en direction de Saint-Catherine, sur les hauteurs on commence à sentir le vent froid du nord, -8°C dès que l’on est sur une partie dégagée on sent le vent nous entourer, il ne faut pas s’arrêter.

Étrangement, mes vieilles chaussures les Ascics Trabuco (950km au compteur) tiennent bien sur la neige en descente, j’arrive vite à me faufiler et doubler les autres coureurs. Par contre en montée, les crampons usés sur l’avant de la chaussure me font pédaler un peu plus que les autres. Je ne suis pas rapide en montée mais sur la neige avec des crampons fatigués c’est encore pire.

Plusieurs passages sont difficiles, le verglas nous fait tomber, je tombe par 2 fois, je m’accroche aux ronces (merci la double épaisseur de gants), je rattrape plusieurs coureurs, je m’agrippe à d’autres. C’est un peu la valse des manchots dans les Monts du Lyonnais, certains passages très verglacés se font à 4 pattes, il y a beaucoup de monde ça bouchonne, ça glisse, ça dérape … c’est vraiment casse gueule.

Sainte-Catherine, 4h08 de course, 28km

La descente de Sainte-Catherine se fait comme sur des oeufs, l’année dernière cette petite pente s’était faite en courant. Là, j’assure mes appuis, même si les Trabuco tiennent bien, je sens que la sanction peut arriver à tout moment et je peux finir comme une boule dans un bowling et faire un strike avec les autres coureurs.

Briag est toujours avec moi, même s’il est plus rapide que moi, il m’aide beaucoup en me donnant une estimation de la vitesse et de la distance. Il fait froid, très froid, je sors ma main de mes doubles gants pour manger un gâteau, en le remettant je m’aperçois que la gant est complétement gelé. D’ailleurs il n’y a pas le gant qui est gelé, je regarde mon téléphone, la batterie est tombé de 70% à 11% alors qu’il était en mode avion. La batterie n’est plus très bonne, mais là c’est vraiment la panique dans le monde de l’électronique: plus de montre, plus de téléphone, mais le moral est là.

Un peu plus loin, mon Camel Bak donne aussi des signes de défaillance, le tube qui le relie a dû geler. Le speaker à Saint-Etienne nous avait dit de nous méfier, mais voilà qui est fait. Au prochain ravitaillement je prendrais mes flasques, elles ne risquent pas de geler.

Le Signal au km 37: le point culminant est proche, ça monte en plein blizzard Lyonnais, il y a beaucoup de neige, de vent et ça dérape beaucoup pour moi avec mes chaussures. Physiquement je me sens bien, mais Briag n’est pas au mieux. Juste avant le signal on s’arrête pour se réchauffer à un ravitaillement improvisé par les organisateurs du « Trail de Coursières ». On se réchauffe au feu de bois au milieu de nulle part entre Saint-Etienne et Lyon. Briag vient de mettre sa doudoune car il avait froid, en l’attendant en plein vent je sens mon sang se glacer.

Soudain me vient une pensée: Comment va-t-on finir de cette course?

Première fois sur une SaintéLyon que je doute de l’arrivée, vraiment je doute. Les conditions sont difficiles, je suis bien mais mes quadriceps commencent à donner des signes de fatigue, les éléments sont contre nous et même l’électronique nous a abandonné depuis le départ.

Enfin le Bois des Marches, je me rappelle cette descente, il y a toujours beaucoup de monde, ça n’avance pas, ça glisse, ça dérape, les coureurs tombent un peu partout. J’arrive à me faufiler entre les coureurs, 100m avant la fin de la descente tous les coureurs passent sur la gauche en plein bois, je vois enfin le chemin dégagé, personne plus que 80m: je fonce! Je devais m’y attendre, le verglas est traitre, je me retrouve les 4 pattes en l’air, atterrissage sur les fesses, mais rien de grave toute la machine à l’air opérationnelle, peut-être un bleu mais rien de grave … OUF!

Mais me voilà en bas, j’attends un peu Briag perdu dans le trafic et nous filons sur Saint-Genou.

Saint-Genou, 6h47 de course, 41km

On a perdu beaucoup de temps dans le trafic, dans la neige et à faire de la gymnastique sur le verglas. C’est mon 4e passage à Saint-genou, je commence à connaitre le trajet, maintenant les sentiers sont peu plus faciles, mais cette année ça sent plus l’hôpital que la médaille. Mais avec Briag on ne perd pas le moral, on est en mode galère mais ça fait les meilleurs souvenirs, non ?
J’arrive à envoyer un SMS avec mon téléphone et les quelques % de batteries qu’il lui reste, un message laconique « tout va bien mais téléphone HS ».

Le jour se lève, mais je ne reconnais pas du tout le parcours, cela ne ressemble pas aux éditions précédentes. On passe par Rotalon, je ne sais pas vraiment où l’on est, ni qu’elle est la distance pour arriver à Soucieu en Jarez. Les chemins se font de plus en plus faciles, fini les parties casse-gueules et montées enneigées, on va pouvoir dérouler. Mais mes quadriceps sont fatigués. Les douleurs ? « ça va, ça vient ». Je prends une barre de céréales, elle est complétement congelée, j’arrive à croquer et après un petit moment les  quadriceps vont mieux, ça repart. Heureusement Briag est là et me motive pour finir, car les derniers kilomètres vont être difficiles.

Soucieu en Jarrest, 8h27 de course, 51km

Arrivé à Soucieu, ça sent l’arrivée, plus que 20 bornes les chemins sont essentiellement des routes goudronnées ou des chemins très praticables. Il est interdit d’abandonner ici, sauf bien sur si on s’est cramé au début du parcours. Mes jambes sont lourdes, les squats n’ont pas suffit, finir va être un vrai calvaire. Mais je suis loin des douleurs de la SaintExpress 2013 sur les même chemins, très loin donc, on continue.

Chaponost, 10h01 de course, km 51

Pour le première fois de puis le début de la course je vois l’heure à la pendule du ravitaillement de Chaponost. Bon, on est pas si mal en temps, un peu plus lent que l’année dernière mais je pensais que cela serait bien pire. Maintenant c’est presque que de la ville, c’est roulant, mais les douleurs aux jambes sont toujours là. Ces 10 derniers kilomètres sont longs, très long, je deviens le vrai boulet de Briag, il n’ose même plus me donner l’heure ni la distance de peur de démoraliser.

Je sens aussi que la fatigue et le corps sont en surchauffe, autant sur les 100km de Millau, après le 70e km ce fut une partie de plaisir. Sur cette SaintéLyon dès que ça monte, mes cuisses et tout mon corps se fatiguent beaucoup plus. Il faut travailler encore plus les montées et les squats, je sais ce qu’il me reste à faire pour l’édition 2018

Les Aqueducs de Beaunant, les escaliers du Grapillon, les derniers kilomètres défilent a toute petite vitesse, mais ça sent l’arrivée

Lyon, 11h44 de course, 73km

Ça y est pour la 3e fois, je passe la ligne d’arrivée, mais cette fois tout comme la première SaintéLyon, j’ai beaucoup d’émotions, pas tellement pour la distance mais surtout pour la difficulté, le froid, le vent, les chutes. Une vraie SaintéLyon cette édition 2017, une bête coriace quand la météo est contre nous.

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Cette édition 2017 fut éprouvante
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Les survivants de la SaintéLyon 2017

Un grand merci à Briag de m’avoir supporté jusqu’à la fin , car sans lui j’aurai mis un peu plus de temps.

Un grand merci à tous les bénévoles, surtout cette année, car entre Saint-Christo et Soucieu certains ont dû bien se cailler dans le vent, la neige et le verglas.

Voici la vidéo de la course, ne vous trompez pas, même si on se marre bien, on a bien galéré dans cette SaintéLyon 2017

Quelques chiffres sur cette 3e SaintéLyon

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Je l’avoue, en arrivant j’étais un peu déçu de mon temps et du classement, mais vu les difficultés de la météo, j’ai vite relativisé en me disant que par rapport aux 2 précédentes années le temps de course est très accessoire. Même au classement je me trouvais pas si mal, à peu près identique par rapport à ma première participation. Bien entendu, je n’ai pas pu ré-essayer la méthode Cyrano, qui je le pense aurait été assez bénéfique dans les derniers kilomètres. Mais une petite chose m’avait échappé, cette année il y avait 1000 participants de plus par rapport aux 2 dernières années, ce qui donne un classement en % bien meilleur (63%) que les 2 précédentes éditions. Donc même avec le mauvais temps, sans référence de temps, de vitesse et de distance, je trouve que ce cru 2017 ne fut pas si mauvais que ce que je pensais.

Il m’a fallu, bien 24 heures pour que je me décide à revenir l’année prochaine pour une 4e édition, c’est dire que cette course fut difficile.

Note technique sur ma Suunto Ambit 2: Pour ceux qui sont arrivés jusqu’au bout de la lecture de mon aventure, ma montre marche toujours très bien. En voulant montrer à Briag la fonctionnalité du rétroéclairage, j’ai aussi changé le contraste par inadvertance. Moralité, dans la panique j’ai redémarré une montre qui ne redémarre pas. Donc surtout, ne jamais jamais paniquer, ni changer un paramètre à la dernière minute.

Mes autres SaintéLyon:

 

Prépa SaintéLyon 2017

Plusieurs semaines que je reporte ce calcul, plusieurs semaines que je me dis que je dois  être hors des clous, je n’ose faire ce calcul car je me dis que ça devra aller, les jambes suivront. Mais c’est souvent l’erreur que je fais, une préparation un peu bâclée et la ballade se fini en calvaire comme ce fût le cas de la SaintExpress 2013: 25km de douleur sur 45.

Restons objectifs, soyons quantitatifs

Ça y est je l’ai fait ce calcul, j’ai additionné tous les kilomètres, tous les dénivelés, moyenné tous les battements de mon cœur, et cela depuis la mi-septembre, incluant du même coup, mon objectif de l’année: les 100km de Millau

Je pensais être déçu concernant le dénivelé cumulé, je n’ai pas trop visité le Jura pendant les mois de septembre, octobre et novembre, me contentant de quelques sorties sur le Mont-Mourex. Après quelques erreurs sous Excel, les chiffres sont tombés et mes yeux se sont écarquillés quand j’ai mis en perspective les mêmes chiffres des SaintéLyon 2015 et 2016 (2 semaines avant la course).

 Prépa STL  Distance  Durée  Dénivelé  Vit. moy.
 2017 609 km 73:15:29 8724 m 8.3 km/h
 2016 536 km 61:12:01 9199 m 8.7 km/h
 2015 352 km 38:27:41 6992 m 9.1 km/h

Mes intuitions n’étaient pas bonnes, je suis dans les clous concernant le dénivelé, j’ai à peine 450m de retard, ce qui n’est pas énorme. Mais j’ai presque 70km d’avance sur mon entraînement de l’année dernière. 70km cela représente une grosse semaine d’entraînement, c’est donc une très bonne base pour cette course d’endurance.

Une autre bonne nouvelle, la vitesse moyenne a diminué et comme je le dis souvent: il vaut mieux courir lentement en entraînement. C’est un autre point c’est très positif pour cette SaintéLyon. Mes collègues partent toujours à fond, bien au contraire il faut apprendre à ralentir pour performer, aussi bien en distance qu’en vitesse.

Par contre, je suis très surpris de mon kilométrage de 2015. J’avais le souvenir d’avoir énormément couru il y a 2 ans. Je m’aperçois aujourd’hui que je suis à plus de 70% du kilométrage de 2015, les jambes devraient suivre sans problème.

Des Squats, des squats et encore des squats

Ceci étant dit, j’ai ma première arme secrète. Une arme secrète que j’ai découverte grâce au conseil de mon ami Grégo pour soigner ma tendinite Achiléenne: les Air Squats

J’ai fait, un peu, d’Air Squats mais vraiment pas beaucoup. Une fois par semaines, 6 répétitions de 20 Air Squats. Cela a suffit à me muscler les quadriceps pour ne plus avoir de douleur aux jambes dans les côtes, je pense également que cela m’a bien aidé sur la fin des 100km de Millau. La différence entre avant et après est vraiment impressionnante, j’ai fait des sorties typées Trail dans le Pays de Gex et les chronos sont tombés, les douleurs et brûlures dans les jambes se sont envolés.
Alors n’hésitez pas, si vous avez mal aux cuisses dans le côtes, les Air Squats sont la solution.

Cyrano le retour

Ma deuxième arme secrète pour cette troisième SaintéLyon est de nouveau la méthode Cyrano. Aux vues des 100km de Millau qui se sont déroulés comme une promenade de santé, je vais réitéré cette méthode pour 2 raisons:

  • pour me ralentir pendant les 7 premiers kilomètres sur la plat jusqu’à Sorbiers
  • me cadencer correctement sur la fin et courir plus et sûrement plus vite

Pour rappel, la méthode Cyrano consiste à courir une certaine durée (entre 6′ et 15′) et de marcher entre 45 » et 1′. A Millau j’avais testé 6′ de course et 1′ de marche, cela permet de bien reposer le cœur, les muscles et de mieux relancer la machine sur la fin, cette méthode fût une révélation, pas de problème, pas douleur et surtout une envie de courir jusqu’à la fin et très peu de fatigue.

La SaintéLyon 2017

Cette année pas de passage dans le Boix d’Arfeuille, mais un retour au Signal de Saint André la Côte avec un point culminant à 934 m au km 37. A mi parcours ça sera principalement de la descente. Après Soucieu, on reviendra sur les origines du parcours « historique » de la SaintéLyon, de quoi découvrir de nouveaux chemins.
Il y aura toujours les Aqueducs de Beaunant et la montée mythique (à 18%) avant le passage des 5 derniers kilomètres et la délivrance de l’arrivée sur Lyon.

Allez encore 10 jours et on sera en plein dans l’action dans des monts du Lyonnais

Le récit de la SaintéLyon 2017

Millau 2017: La preuve par 100

Voilà 6 mois que nous nous sommes inscrits à cette course avec mon ami Alain, 6 mois que je lis et je que me documente sur le  « comment » aborder cette épreuve hors du commun. Même si la SaintéLyon est la doyenne des Trails en France, la course des 100km de Millau est la « Mecque des 100km » Français. Ces 2 courses ne s’abordent pas du tout de la même façon du point de vue de l’entrainement et de la gestion de course. Les Trails se font sur des sentiers et des chemins avec beaucoup de reprises au niveau de l’allure, du rythme et des paysages. Les 100km ce sont de longues lignes droites parallèles dans un univers presque sans fin.

J’avais étudié avec une précision horlogère toutes les expériences et tous les récits sur cette course. J’avais trouvé une méthode recommandé par tous les « Papes » de la course à pied: La méthode Cyrano (détaillé dans mon précédent post).

Aujourd’hui il me reste à appliquer cette méthode et voir si tout va se passer comme je l’ai prévu …

Alain et moi laissons nos accompagnateurs à vélo (Patricia la femme d’Alain et mon père) 30 minutes avant le départ, nous nous dirigeons vers la zone de départ. Je sens Alain un peu fébrile, mais il est très content d’être là. Sans prétention, je n’ai pas peur de cette course, je sais que tout peu arriver et un petit détail peu anéantir les 6 mois de préparations. Mais la stratégie est simple et claire:

  • partir les derniers
  • alterner : 6 minutes de course, 1 minute de marche
  • ne pas revenir à Millau avant les 6H de course
  • doubler tout le monde après Sainte-Affrique

Assez simple, non ?

Millau, km 0, 10h02, 0h00 de course

L’arche du départ est passé, Alain en maitre du temps lance notre métronome (6’+1′) qui va rythmer nos 100km. Je me synchronise avec lui pour que nos montres bipent en même temps. La course est lancée, on suit le peloton. Sur les premières alarmes de nos métronomes nous marchons et courons, les pulsations cardiaques sont très basses, pas de stress, pas de tension tout se passe bien. Nous quittons Millau pour la première boucle du Marathon et ses premiers 42 km.

Aguessac, km 7

Ce maudit mollet me tracasse encore, il y a 2 ou 3 semaines une crampe nocturne s’est réveillée un soir. Depuis j’ai le mollet droit un peu contracté et un peu douloureux. J’essaie de poser mon pied différemment, mais rien n’y fait. Il ne me fait pas souffrir mais j’appréhende un peu pour la suite, 100km c’est long.
On vient de passer le point de départ des accompagnateurs, les stands sont vides, nous sommes bel et bien les derniers. Mon père et Patricia nous rejoindrons après le retour à Millau, vers le 45e km.

Rivière sur Tarn, km 12

Alain, Maitre du temps, regarde avec attention tous les paramètres de la salle des machines: « on va top vite, il faut ralentir ». A notre train de sénateur difficile de ne pas s’emballer, imaginez 9min/km même un bon marcheur va plus vite que nous.

On commence à sympathiser avec d’autres coureurs et c’est là qu’il se passe un phénomène « paranormal », nous entrons dans un monde parallèle. Oui, je pèse mes mots un monde étrange avec des êtres venus d’ailleurs. Mon voisin de gauche, un coureur qui me semble très sympathique, la soixantaine galopante. Je lui pose « LA » question qui me fait basculer dans ce monde étrange:

  • moi: as-tu déjà fait cette course ?
  • lui: oui 26 fois
  • moi: … !?!?!?
  • lui: et des 100km, j’en ai fait 402
  • moi: … !?!?!

Oui vous avez bien lu, 402 fois un 100km, un petit calcul, cela fait un tour de la terre en 400 jours et cela en compétition! Ce brave sexagénaire, ne me parait pas être le premier mythomane venu et de plus le chiffre parait tellement ahurissant que je le crois tout simplement.

  • lui: oui mais Patrick qui est juste devant nous, à fait les 6 jours de … (je ne me rappelle plus de nom de la course)

Oui, le petit Patrick (un autre sexagénaire) devant nous, je l’avais bien repéré avec son attelle (sur la jambe gauche) et son déhanché à la « Capitaine Crochet »

  • lui: Patrick va faire la semaine prochaine les 24h de … (je ne me rappelle pas de toutes les courses dont on a parlé)
  • moi: …
  • Alain: et quel est ton meilleur temps sur tes 26 participations
  • lui: 7h40
  • moi: …

Je reste sans voix, en fait nous avons croisé les « Kékés du Bocage« , j’avais déjà vu leur t-shirts noir et jaune. Des Ultrafondus de course à pied et anciens coureurs de très haut niveau, des coureurs très sympathiques qui partent (semble-t-il) faire un marathon comme pour aller chercher leur baguette de pain.
Un peu plus tard on discutera avec Aurélien, un ancien champion de France (ou du Monde) de roller (ou quelque chose comme cela) dans les années 80. Aurélien nous explique qu’il a fait « un 6 jours » à courir sur une boucle de 1km. Quand il a sommeil: il dort, dans sa petite « guitoune » , quand il avait faim, il mange. Et le reste du temps, il tourne en rond en courant comme un hamster le long de sa cage de 1km … résultat 445km en 6 jours. Alors, je suppose que pour les Kéké du Bocage un petit 100km à Millau, c’est juste le jogging dominical.

Je commence à sympathiser avec un autre coureur: Ludovic. Ludo a déjà fait  la course de Millau et ses 100km en 2013. Il a fini difficilement en 17h environ. Avec Alain on lui parle de notre méthode Cyrano et de notre stratégie prudente. Banco, il se joint à nous et va nous suivre le plus longtemps possible, ou nous le suivrons le plus longtemps possible. Une autre coureuse se joint à nous, elle a fait la Transju’Trail dans le Jura. Ce 100km de Millau devient le café du commerce des coureurs du dimanche matin. Nous voici 4, 5 ou 6 coureurs à parler de nos expériences, nos courses etc …
Mais au fait? Nous avons encore du trajet avant l’arrivée, mais cette bonne camaraderie Aveyronnaise nous permet de rester dans le bon tempo: en souffle et en vitesse.

Le Rozier, km 21, 2h56m de course

Ludovic nous prévient d’une petite côte à la mi-course de la première boucle. Le temps est menaçant et la pluie annoncée depuis des jours va venir nous rafraichir. Les ravitaillements et les bénévoles sont au top, tous les 5km ou presque, tels un métronome sur le parcours, ils sont là, bienveillants et aux petits soins pour nous.

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Un peu plus loin, la pluie devient plus lourde et je mets ma belle veste super-imperméable: la Salomon Bonatti. Alain se couvre également et Ludovic reste de marbre devant tant de pluie. Tous les 3, nous continuons à refaire le monde de la course à pied avec nos expériences: SaintéLyon, Diagonale des fous, Rando Le Puy-Saint-Etienne, …

J’ai un vague souvenir du retour, on a surtout discuté, mais on a aussi croisé un pauvre canard, pardon un coureur, qui voulant gagner un pari, faisait ce 100km en palmes! Un canard ça ne court pas, ça marche. J’espère pour lui, qu’il a rallié l’arrivée avec ses palmes mais courageux le palmipède.

Petit à petit nous arrivons près de Millau, entre les nombreux ravitaillements, la pluie et nos discussions avec les « Kékés du Bocage », le temps passe vite. Alain en maître du temps nous rappelle de temps en temps de ralentir et la méthode Cyrano nous laisse à une allure sénatoriale très confortable.

J’ai presque oublié mon mollet, il ne me fait plus vraiment mal et pas de contracture non plus. La machine est à 100% fonctionnelle et le régime moteur sous les 50%. Pour le moment tout se passe bien. Alain aussi est au top, nous sommes dans les temps même un peu en avance, comme me le rappelle mon ami d’enfance et grand trailer Grego par un SMS.

Millau, km 42, 6:04 de course

Nous rentrons tous les 3 dans Millau jusqu’au parc de la Victoire où se fait l’arrivée du Marathon. Nous sommes un peu en avance par rapport à notre plan de marche mais je trouve que l’on est très frais. On se restaure, Ludovic nous prévient qu’il va marcher et avec Alain nous le rattraperons un peu plus tard. Alain prévient sa femme Patricia que nous ne sommes pas loin et je préviens mon père également, l’équipe arrive !

J’ai un petit coup de de moins bien qui passe vite, surement un emballement à l’arrivée à Millau. Alain et moi repartons tranquillement sous les clameurs des Millavois. L’apéritif de ce 100km de Millau est passé, à nous le plat de résistance et les fameuses côtes du Viaduc et de Tiergues.

Passage du km 42
Retour à Millau, passage du km 42

Millau, km45

Nous passons la rivière du Tarn, tout proche de notre hôtel et nos suiveurs à vélo sont bien là. Le temps est de nouveau menaçant, nous commençons à discuter de notre premier périple avec Patricia et mon père, mais la pluie s’invite de nouveau. Vers le km 46, une moto avec un cameraman, suivi de plusieurs vélo arrivent en sens inverse, le premier est déjà là. On a à peine fait la moité de la course que le premier à bientôt fini. Il passera la ligne d’arrivée en 7h04. Incroyable, cela est d’autant plus impressionnant que je ne sais pas vraiment à quoi ressemble la suite de cette course, mais de ce que j’en sais ça va être plus costaud.

On passe Creissels et voilà la belle montée que je redoutais, c’est une belle pente à 10% sur 1.5 km, pour monter aux pieds du Viaduc. Fini Cyrano et notre alternance course et marche, on marche. La route est une double-voie fermée à la circulation. Le Viaduc est là trônant au sommet de cette côte sur ses piliers en béton. Mon père continue à pied, Patricia semble en forme sur son enclume qui lui sert de vélo. On rejoint Ludovic dans la montée, il n’est pas bien il nous dit qu’il va finir en marchant, hélas on ne reverra plus.

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Alain, Ludovic et moi
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Mon père fidèle au poste

Une fois passé le viaduc, la montée est finie et la descente commence. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le soleil nous accueille enfin. Le fractionné recommence de plus bel en descente et on recommence à discuter avec d’autres coureurs.

Km 50, de course 7h20 de course

La moitié est derrière nous, l’autre moitié nous tend les bras avec encore 3 belles montées dont les 2 de Tiergues. Aïe, Aïe, une douleur au genou, juste sur le coté droit de la rotule droite, une tendinite c’est sûr. La douleur est vive lorsque je cours. Ça ne m’inquiète pas trop, c’est largement supportable, mais si elle évolue ça peut-être plus gênant. Bizarre, je n’ai jamais eu de douleur au genou, pourquoi j’ai toujours des bobos lors de grandes courses … Est-ce le Stress ???
Peut-être que mes chaussures presque neuves (130km au compteur) ne sont pas suffisamment rodées pour faire une telle course, pourtant c’est LE modèle que je connais depuis 10 ans et même ma tendinite Achilléenne ne semble pas revenir avec celles-ci.
On est dans les temps, toujours environ 10 minutes d’avance, mais avec les 3 autres montées qui nous attendent, je pense que cette petite avance ne sera pas de trop. La salle des machines est parfaite, j’oscille entre 120 et 130 pulsations/min, tout va pour le mieux.

Saint-Georges de Lucenzon, Km 53, 7h43 de course

Ma tendinite rotulienne va un peu mieux sur le plat, la douleur n’évolue pas, c’est plutôt bon signe pour la suite, mais la 2e partie de la course ne fait que commencer et les montées sont encore nombreuses et mon genou n’a pas fini de me faire psychoter.

Alain est toujours en forme, on s’arrête au ravitaillement de Saint-Geroge, la première féminine s’y arrête aussi mais dans l’autre sens!!! On repart en attendant la fameuse côte de Tiergues. A ce moment de la course je n’ai pas un souvenir très précis de la courbe du dénivelé. Je sais que cela va monter sur 7km, mais que ça ne devrait pas être trop difficile. Ça monte un peu, je suis vraiment en pleine forme, cette petite côte est vraiment un faux plat très facile, en fait je me trompe complément. La redoutée côte de Tiergues est dans quelques kilomètres.
Alain n’est pas au mieux, un petit coup de moins bien, je suis un peu devant avec mon père, mais je n’arrive pas vraiment à ralentir. Mon genou me tiraille toujours, mais maintenant ma hanche commence aussi à me tirailler, mais du coté gauche. Ce petit reste de lumbago du début d’année. Ça s’équilibre mais ce n’est pas de bon augure, entre un genou droit et une hanche gauche, je dois courir en biais ou oblique !

Saint-Rome de Cernon, km 62, 8h55 de course

On passe le ravitaillement, je ne sais que la vraie montée commence dans quelques centaines de mètres, je pars un peu en éclaireur, les gendarmes, les spectateurs nous acclament et d’un coup je vois la route tourner sur la droite … et là, la route se fait plus étroite et le montée plus raide, bien plus raide. Nous y voilà, la fameuse montée de Tiergues Il est 19h le soleil se couche déjà, oui déjà car je trouve que pendant les courses, le temps passe très vite, surement l’adrénaline.
La montée est franche, Alain et moi marchons et Patricia et mon père nous suivent toujours vaillamment. Je parle avec un coureur qui semble assez essoufflé, il me dit qu’il n’est pas coureur mais assistant de coureur !? Je m’interroge et je lui fait remarquer qu’il a le droit à un vélo!!! En fait son coureur est en difficulté après Tiergues et que son suiveur à vélo est déjà avec lui, il fait juste une assistance très personnalisée. On trouve de tout au 100km de Millau.

Avec quelques coureuses on se double 10 fois dans la montée de Tiergues, on se charrie un peu, le moral est bon et c’est bon enfant. Proche du sommet, à Tiergues, les spots s’illuminent pour voir un peu et pour se faire voir, il n’y a pas de voitures, mais comme me le fait remarquer Alain certains coureurs sur le retour prennent beaucoup de place.

Tiergues, km 66, 9h31 de course

Ca y est 2 sur 4, 2 grosses montées sur 4, maintenant il faut descendre sur Saint-Affrique et après ça sera le retour final et la lutte finale pour terminer, terminer contre les courbatures et la distance? A voir !
Au prochain ravitaillement, je perds un peu mon père et Alain voulant prendre un peu d’avance part en tête. Quelques minutes de perdu et Alain a complétement disparu, en plus il commence à faire nuit noire, on ne voit plus que les frontales.
Je commence à faire chauffer le moteur pour récupérer Alain, j’ai tenu à faire le fractionné depuis le début mais pour récupérer Alain j’enquille les foulées en oubliant les bip-bips de ma montre. Je cours à un rythme soutenu, ou que j’estime soutenu, après 66km, la vitesse est très relative mais je suis pas loin des 10km/h. Petit à petit je récupère mon retard, par contre je suis très bien, je sens que la machine commence à bien fonctionner, je ne regarde pas ma fréquence cardiaque, mais en descendant sur Saint-Affrique je sens mes jambes s’emballer et mon cœur reste calme. La salle des machine est au top, je double Alain et enfile les km s’en m’en rendre compte, ça descend bien mais me jambes se transforment en gazelle.

Arrivée sur Saint-Affrique km 70
Arrivée sur Saint-Affrique km 70, j’ai la patate

Saint-Affrique, km 70, 10h32 de course

Je rentre au ravitaillement, je mange un peu, les bénévoles sont toujours aux petits soins et je vois les premiers éclopés. Les corps commencent à souffrir. Moi, je suis en pleine forme, Alain a un problème avec son dossard, ces 2 puces se sont décollées de son dossard et il perd un peu de temps au ravitaillement. Par contre plus de nouvelles de mon père, il a disparu à l’entrée de la ville. Je l’appelle, il nous attend un peu plus loin, toujours vaillant malgré le temps passé sur le vélo et notre vitesse d’escargot. Je rejoins mon père, Alain et Patricia nous rejoignent quelques minutes plus tard, on repart dans la fameuse et longue remontée sur Tiergues. Je file en tête, j’ai la forme tout va bien, je sens que cette course va très très bien se finir.
Mon pote Grégo, m’envoie un SMS et me dit de me méfier de cet excès de confiance ça peut-être a double tranchant, je peux très vite retomber au plus bas.

Ma hanche et mon genou me font toujours un peu mal, mais la douleur n’a pas évolué depuis le début, c’est bon signe. La machine fonctionne bien dans le début de la montée, mais arrivée au milieu, la machine se coince, je ne me sens pas bien, pas très bien du tout. Peut-être ce que j’ai mangé au dernier ravito, mais la digestion ne passe pas (pourtant le jambon et le pâté c’est pas gras!) , ou alors d’avoir attendu dehors et de m’être refroidi à Saint-Affrique. Appliquons la méthode « Coué »: je décide que c’est digestif, et que cela va passer.

Arrivée proche du sommet à Tiergues, je commence à me sentir mieux, je monte à bonne allure, mon père est toujours dans mon sillage et Alain surement pas très loin derrière. Arrivé au ravitaillement, juste avant de repartir, j’aperçois Patricia, Alain est juste derrière. Il me l’a proposé plusieurs fois, il est pas trop mal, mais j’ai une forme incroyable, je lui dis que je vais partir car après 75 km j’ai des jambes de gazelles. Je laisse mon ami Alain, je m’en veux un peu mais j’ai vraiment la forme. Le sommet à Tiergues est passé et je commence ma « REMONTADA », enfin je la commence par LA descente de Tiergues sur Saint Rome.

Avec mon père on se retrouve un peu seul, ma Petzl éclaire bien et je commence a doubler quelques coureurs. Il reste surtout des marcheurs, je sens les coureurs fatigués et que leur course va être difficile.

Saint Rome de Cernon, km 82, 12h45 de course

Moins qu’un semi marathon et c’est l’arrivée, je rentre en trombe dans les ravitaillements, les autres coureurs me semblent au ralenti. Je monte les marches du ravitaillement comme un excité. Pas de crampes, pas de courbatures, seuls ma hanche et mon genou me tiraillent un peu. J’avale un peu de pâté, un peu jambon, du chocolat et ça repart. Des mômes me font la « Ola » et on repart, je suis en forme, en très grande forme. Pendant les 8 prochains kilomètres, je vais doubler, doubler et encore doubler, j’entends quelques conversations de coureurs qui s’arrêtent en me voyant les doubler.
Les prochains kilomètres sont avlés à plus de 8km/h tout en continuant à faire le fractionné de Cyrano (6min+1min). La salle des machines est à 100% de son rendement, j’ai l’impression que je pourrai courir encore et encore. Mais je fais bien attention à ne pas m’emballer, je cours entre 9 et 9,5 km/h. Je double, je double et je double encore, plus rien ne m’arrête. Une coureuse me double quand je marche et je la redouble quand je cours, on se double 5, 6 ou 7 fois, je ne sais plus. Mais arrivé au pied de la dernière côte à Saint-Georges de Lucenzon, je ne la vois plus. Mon père me dira plus tard, il l’a vu arriver à Millau un peu après nous.

Saint-Georges de Lucenzon, km 87, 13h40 de course

C’est la dernière montée, comme le dirait Eddy Mitchell, « une fois le Viaduc passé, nous seront blanchis sauvés ». Mais ça monte bien, je me rappelle à l’aller, proche du 55e km, j’avais vu le panneau 90 km en sens inverse. Ma montre GPS surcote un peu la distance, je ne regarde pas l’heure ni le temps de course, je me fie uniquement à mon allure moyenne: elles est proche de 8:40/km (objectif de 9:00/km pour 15h au 100km).
Mais comme ma distance est un peu fausse, je pense que les 15h ne seront pas possible. Avec le panneau du 90e km, je pourrai faire un rapide calcul pour voir si les 15h sont dans la ligne de mire … ou pas.
Mais, ce panneau je ne le vois pas, je ne le vois plus. Les km passent et aucun panneau, il était là au milieu de la descente, donc il devrait être là au retour, au milieu de la montée, non ?
Pas de panneau, je continue je marche, je double encore. Le Viaduc est là et le panneau a bel et bien disparu. Je vois les km à ma montre, 94, 95, 96 … pas de panneau, je redescends, je double des coureurs qui marchent toujours.

Mon père est toujours là, un peu fatigué, mais là. C’est très reposant de le savoir là, en plus il me réconforte en me disant que je suis pratiquement le seul à courir et que je ne fais que doubler les autres. C’est la Remontada !!!!

Raujolles, km 95, 14h26 de course

Le descente, la dernière descente est passé, les 100km de Millau sont dans la poche, ma montre m’annonce 98 km, mais je sais qu’il en reste un peu plus. Soudain, enfin un panneau, le 95, je regarde ma montre 14h26. Encore 5 km, environ 10km/h pour finir sous les 15h: impossible, mais j’en serai pas loin du tout. De plus l’arrivée est un peu en montée mais, je pense que je serai dans les 15h05-15h06. Et puis, 15h c’était une estimation pour un objectif à tout prix. L’objectif était de finir … la victoire se savoure déjà.

Je continue Cyrano, c’est parfait cette méthode, je suis sur qu’elle est en grande partie responsable de ma fraicheur même sur les derniers km. Presque aucune douleur aux jambes, ni crampes, ni contracture. Je file comme l’air!

Millau, km 98

Je passe le Tarn, quelques supporters sont encore là et nous encouragent, il est presque 1h du matin et quelques fous nous encouragent encore: Incroyable !!!

Millau, km 99

Le voilà le panneau, le dernier panneau que l’on peut voir. Le panneau « 100km » est pour la photo finish et on ne le verra qu’une fois la ligne d’arrivée passée.

Le dernier panneau de Millau
Le dernier panneau de Millau

C’est la dernière ligne droite, je suis encouragé par les derniers arrivants, je vois l’entrée dans la Parc de la Victoire, plus que 300 mètres. Les barrières m’emmènent vers le gymnase et la ligne d’arrivée. Mais juste avant, il faut encore pousser sur les jambes et monter sur une rampe raide. Je double un coureur presque à l’arrêt et je bondis dans le gymnase, l’arrivée est là … j’explose de joie sur la ligne d’arrivée.
C’est fini: Centbornard !! Je suis finisher !!

La preuve par 100
La preuve par 100

Je rejoins mon père resté à l’extérieur, il fait trop froid pour attendre Alain dehors. J’en profite pour continuer à me restaurer un peu. Je discute avec un autre coureur, il a fait plusieurs 100 bornes et me dit que celui-là est loin d’être le plus facile.

Je repense au parcours, à mon entrainement, j’avais bien préparé cette course mais je suis quand même très surpris. Tout c’est passé comme je l’avais prévu. La première partie facile,  la deuxième partie plus difficile, mais surtout, passé le retour sur Tiergues, mes jambes s’envolent, la remontée des coureurs et l’arrivée sans aucune difficulté. J’avais tout imaginé mais pas une remontée si facile avec des jambes aussi légères.

Ma course en quelques chiffres:

Distance (km) 25 42 71 100
Classement 1266 1212 1066 926
Temps 03:28:00 06:04:21 10:32:44 15:10:02
vitesse (km/h) 7,21 6,52 6,48 6,27
Allure (min/km) 00:08:19 00:09:12 00:09:15 00:09:34

Et la salle de contrôle des machines:

Capture d_écran 2017-10-09 à 22.19.30

Alain et Patricia nous rejoignent 50 minutes plus tard, lui aussi a bien fait sa « Remontada ». La méthode à bien marché pour lui aussi. Il a, lui aussi, doublé beaucoup de coureurs dans les dernier quart de la course, un vrai killer!

Alain le Centbornard
Alain le Centbornard

Remerciements

Un grand merci à Alain qui m’a poussé à m’inscrire à cette course en début d’année, je n’aurai jamais pensé la faire seul. Je trouvais vraiment que cette course était hors de portée, mais avec un peu d’analyse et de méthode elle est tout à fait abordable.

Un autre grand merci à mon Papa, qui m’a suivi sous la pluie et dans la nuit pour me soutenir. Lors du retour après Tiergues, il a été très réconfortant et je ne me suis pas retrouver seul, c’est un gros plus pour le moral. Un grand merci aussi à ma Maman qui au 99e km s’inquiétait par téléphone à savoir si j’étais bien arrivé.

Aussi un grand merci à tous les bénévoles, qui nous ont attendu dans la nuit, le froid et la pluie. Ils étaient toujours disponibles pour nous réconforter et nous aider. Mais aussi aux organisateurs, les ravitaillements sont au top, tous les 5km c’est vraiment une course très bien organisée. C’est un monument de la course à pied en France, amis traileurs n’hésitez pas à venir vous confronter aux 100km de Millau.

La suite …

Dans 2 mois, la SaintéLyon, ma 3e en version 72km. Je pense que je vais reprendre la méthode Cyrano, mais dans une version un peu plus longue (10’+1′). C’est plus ou moins ce que l’on fait sur la fin, mais la méthode oblige à recourir plutôt que marcher trop longtemps. Je pense que ça fera une grosse différence sur le chrono.

Sur les 100km de Millau:

La ligne droite pour Millau

100km de Millau ou comment doubler 45% des coureurs