SaintéLyon 2018

Nous y voilà, ma 4e SaintéLyon et 6e participation à une course de la SaintéLyon, je suis rodé, je connais les parcours par cœur et cette édition plus longue de la course ne me fait pas peur.

Comme à notre habitude avec mon pote d’enfance Grégo, on se retrouve pour manger ensemble, mais cette fois-ci pas chez sa Belle-Mère, mais à la brasserie le Sud invité par l’un de mes fidèles supporters, Jacques mon Beau-Père.

Ensuite et comme depuis les 3 dernières années, je retrouve Briag le Breton et nous filons à Saint-Etienne chez mes parents pour nous reposer un peu. Briag est venu avec Sylvain un de ces amis d’enfance, il y aura donc 2 Sylvain et un Briag au départ de cette 65e édition de la SaintéLyon.

Une version un peu plus longue de 9km, concoctée par Alain Souzy grand traceur du parcours de la course. Cette version un peu plus longue comporte des portions inédites mais aussi le meilleur de la SaintéLyon. Une petite pensée pour Alain qui nous a quitté l’année dernière juste avant l’édition 2017.

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Une SaintéLyon un peu plus longue 81km pour la 65e édition

Saint-Etienne, vers 22h

Nous voilà au départ de la course comme chaque année on se met à peu près au même endroit dans la ferveur du Parc des Exposition de Saint-Etienne. J’ai mal au crane depuis le début de l’après-midi, malgré un cachet d’aspirine ça ne passe pas vraiment, mais je compte sur le début de la course pour que mon mal de tête parte assez vite. Cette année il fera vraiment moins froid que l’année dernière, par contre la pluie sera bien là. D’ailleurs en attendant le début de la course dans le Hall des Expositions il commence à pleuvoir.

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Sylvain, Briag et moi en attendant le départ

Le départ 0h30

Comme nous ne sommes pas très rapides, enfin surtout moi, Sylvain Briag et moi, nous mettons dans le dernier sas, nous partons à 0h30, les premiers (dont Grégo) sont déjà partis depuis une heure. On part à petit trot, cette fois-ci on ne va pas partir trop vite. Sylvain ne n’ayant jamais fait cette distance, m’attend comme un métronome alors que Briag est pressé d’en découdre avec la SaintéLyon.

On passe plus ou moins par le même départ qu’il y a deux ans, je reconnais des passages, juste après avoir quitté Saint-Etienne. Il pleut, c’est vraiment la gadoue, la SaintéGadoue comme me dit Briag, oui très vite nos chaussures fluos, rouges, vertes et / ou flashy deviennent gadoue, les pieds sont au froid, mouillés … la SaintéLyon commence maintenant.

Cette année on ne passe pas par la Talaudière, on prend les petit chemin directement pour longer Sorbiers et filer sur Val Fleury. Val-Fleury village mythique de la SaintéLyon, pas la mienne celle de mon père en 1978, il a fait la Lyon-Sainté, cette année là, ils sont partis de Lyon pour arriver à Saint-Etienne, en arrivant à Valfleury, mon père m’a dit « j’ai cru que j’allais crevé ». J’ai une petite pensée pour lui, il sera cette fois encore avec ma mère, à l’arrivée à Lyon.

Entre Sorbiers et Valfleury km 12-13

J’ai toujours ce mal au crane, en plus d’un bide un peu récalcitrant, voilà que j’ai quelques vertiges et des envies de vomir, elle commence très mal cette SaintéLyon. J’ai presque encore une SaintéLyon normale (72km) devant moi et plusieurs voyants sont à l’orange, orange bien vif. Je commence à psychoter, si je dois abandonner ou dois-je être rapatrier? Soit j’appelle ma mère, elle vient me chercher à Saint-Christo ou je me fais rapatrier par l’organisation et je finis à Lyon et j’attends Briag et Sylvain … 10 bonnes heures … malade. Les deux options ne m’emballent pas, la troisième est de finir, mais au rythme ou je perds mes indicateurs de santé, j’estime actuellement à 10% mes chances d’arriver … ça ne va pas très bien.

Saint-Christo en Jarez, 2h51, 19 km

Ça va un peu mieux, c’est pas encore cela, mais j’ai l’impression que le pire est derrière moi, il fait un temps de grenouille, il pleut, c’est toujours la gadoue et j’ai froid. Moi qui pensait avoir un peu chaud sur cette course avec mon x-Bionic. Heureusement j’ai pris en cas de chaleur un t-shirt manches longues. En arrivant au ravitaillement je retrouve Briag et Sylvain qui m’avait laissé lors d’une pause pipi. Je mets mes gants et mon t-shirt supplémentaire cela fait toute la différence, je repars presque au sec et presque au chaud, en route pour Saint-Catherine.

Je m’aperçois en chemin que j’ai oublié 2 choses à mettre dans mon sac, ma frontale de secours un petite petzl avec laquelle j’avais fait la SaintExpress il y a 5 ans déjà et un gobelet. Pour le gobelet ce n’est pas grave, mais pour la frontale cela devrait aller j’ai fait 2 SaintéLyon avec elle et je ne suis jamais arrivé avec une batterie à plat, donc 2 oublis pas très grave.

On arrive dans la grande descente pour SainteCatherine, je suis pas trop mal, toujours un peu mal à la tête, au bide, mais les envies de vomir sont restés sur Saint-Christo.

Sainte-Catherine, 5h08, km 32

Ca va mieux je mange un peu, mais mon t-shirt et les gants m’ont bien réconforté, ça va bien mieux. Je me rappelle l’année dernière, il faisait un froid polaire (-9°C), on était transi de froid avec Briag. Cette année, ce n’est pas les grosses chaleur, mais ça va.

On repart en groupe, le moral est au beau fixe, je ne pense plus à abandonner, je sais que tout de suite la montée du Rampeaux nous attend avant d’arriver au Signal pour signer la mi-course et le point le plus haut.

La montée du Rampeaux

750m et 194m de dénivelé, nous montons dans un silence monacal, personne ne parle tout le monde monte dans la nuit, le froid et la boue. Ça glisse, ça dérape un peu mais après un peu de 20 min j’arrive enfin en haut, Briag et Sylvain m’attendent et me voilà presque à la mi course.

On arrive sur la grande descente sur Chaussan, cette année il n’y a personne, souvent c’est le bouchon (pour moi) de la SaintéLyon, chaque année le chemin est emboué, mais personne n’avance. La je peux un peu accélérer, je suis bien, enfin mieux, ensuite on arrive sur Saint-Genou, je retrouve Sylvain et Briag qui me devancent toujours un peu peu, ils sont un peu plus rapides, mais en plus je commence à fatiguer.

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Photo floue, je dois courir trop vite …

Saint-Genou, 7h52, 48km

Le soleil vient de se lever, j’ai jamais vu Saint-Genou le jour, je suis vraiment lent et la boue nous ralentit beaucoup, on ne s’attarde pas, on commence à voir pas mal de gens usés, fatigués qui commencent à défaillir. Je vois que je ne cours qu’en descente, sur le plat, je cours et je marche, la remontada n’est pas là, mes piles (ma forme) s’épuisent, mais les jambes sont toujours au top, aucunes courbatures aux jambes, juste de la fatigue je manque de jus, de sucre.

Magnifique on voit la brume en dessous de nous, Lyon au loin surement, les langues des coureurs se délient avec l’arrivée du jour, pendant la nuit c’était sinistre, tout le monde était dans sa bulle.

La gadoue, la gadoue, la gadoue à mi-course

 

Soucieu en Jarez, 10h20, 62km

J’arrive à Soucieu, je suis au bout du rouleau, je ne sais pas vraiment quelle heure il est, je passe devant la camera en courant pour faire bonne figure, mais un gros coup de massue me tombe dessus. Je suis cuit, fatigué, exténué comme jamais. Je me rappelle ma première SaintéLyon arrivé à Soucieu j’étais au taquet près à reprendre la route aussitôt. Là, je suis mort, j’allume mon téléphone, je reçois pleins de messages de collègues, d’amis runners du Pays de Gex, de la famille. Ils me disent que je fais une belle remontée !?!? Je suis dubitatif, je n’y crois pas, je me traine comme jamais sur une SaintéLyon. Alain mon pote du HMDS, des 100km de Millau, me le confirme, je n’y crois pas trop, mais je suis touché par tous ces messages. Je retrouve Briag et Sylvain et je passe à table: je dévore, saucisson, comté, pain et je bois. Un peu comme la potion magique, je repars regonflé à bloc et je cours, oui je recours.

Le passage du Garon arrive plus vite que d’habitude (une impression), la longue ligne droite et la petite montée (chemin des lapins) et bientôt l’arrivée sur Chaponost. Si je pensais pas pouvoir finir arrivé à Soucieu, l’arrivée à Chaponost me réjouit et personne n’abandonne à Chaponost, il ne reste que 10km.

Chaponost, 12h12, 71km

Je retrouve de nouveau Briag et Sylvain qui m’avait devancé dans une montée, entre temps j’ai fait la connaissance d’un Chti du Nord qui hurlait à sa copine (ou amie). Je tiens bien à préciser qu’il hurlait et qu’il ne parlait pas, s’en était presque pénible.

Je suis bien entamé, cette SaintéLyon est difficile, mon pote Grégo qui a déjà fini et qui en est à sa 9e participation me dit que pour lui c’est la plus dure. A vrai dire, cela se vaut avec celle de l’année dernière et ses températures polaires. Je repars derrière Briag et Sylvain, j’entre dans le petit parc derrière Chaponost et là encore de la boue, de la gadoue, de la flotte, c’est vraiment la SaintéGadoue.

Je reconnais l’entrepôt, après on tourne à droite et on arrive sur les aqueducs de Beaunant, mais juste avant d’arriver ma montre me fait « bip bip », elle vient de me dire qu’elle se couche, pour elle c’est terminé, elle n’a plus de batterie. Bizarre sur le HMDS, elle a tenu 15h30 sans aucun problème. Le plus drôle c’est qu’elle m’affiche une charge de batterie de 34%, ce n’est pas ce que j’appelle une batterie déchargée ?!?! Peu importe je connais pas cœur, la fin du parcours et au moins elle m’indique l’heure.

La montée des aqueducs me parait moins difficile que les années précédentes, et comme à son habitude mon pote Grégo est la pour me soutenir dans les derniers km.

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Quand je vois Grégo, il reste 3km et c’est la fin

Ensuite la descente des escaliers du chemin Grapillon, on passe la Saône, le pont Raymond Barre et c’est fini. J’aperçois 2 personnes sous la pluie qui me prennent en photo, mes parents sont bien là pour la photo finish. J’arrive enfin, difficile ce cru 2018 de la SaintéLyon, la boue, la gadoue, la pluie m’ont anéanti.

Alors ce cru 2018 était-il plus dur que l’année dernière ? Je ne sais pas, je pense que j’étais moins en forme, c’est une évidence, le froid, la pluie et la gadoue m’ont bien entamé sur le début et la fin de la course. Émotionnellement, la Saintélyon 2017 était plus intense, j’ai eu les larmes aux yeux en arrivant l’année dernière. Cette année pas mal d’émotion arrivé à Soucieu, mais je crois que j’en avais vraiment marre du parcours de la fin, je le connais pas coeur et je crois qu’en 2019 la SaintéLyon se fera sans moi, même si le départ à lieu le jour de mon anniversaire. Je crois qu’il faut que j’ai encore envie de la courir pour y revenir, surement mieux préparé et avec l’envie. Alors que je prépare la saison 2019, la SaintéLyon ne sera sûrement pas au programme.

Pour répondre à la question, je pense que le que la version 2017 était vraiment difficile du point de vue des conditions mais moins physique, celle de 2018 était plus physique à cause de la boue et de la pluie. Mais chaque SaintéLyon est difficile, mais les crus 2017 et 2018 vont rester dans les annales encore un moment.

Je finis en 14h20 à la 4400e place, je perds 200 places par rapport à l’année dernière, mais il y a eu beaucoup d’abandons cette année 1390, bien plus que l’année dernière 950 abandons, bref 2018 était bien plus dure que 2017 CQFD

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Après la bataille

Mes 3 autres participations à la SaintéLyon

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Prépa SaintéLyon 2018

Voilà un peu plus d’un mois que j’ai fini le Half Marathon des Sables de Fuerteventura (étapes: 1, 2, 3), me voilà reparti pour la SaintéLyon, ma 4e:

  • 2015: la plus challenging et paradoxalement la plus facile, la première fois sur une si grande distance pour moi
  • 2016: Avec Alain et Briag, un peu difficile sur la fin, mais de très bons souvenirs
  • 2017: la plus difficile avec des températures d’une vraie SaintéLyon (-9°C), du verglas, du vent, de la neige et 3 ou 4 gamelles

Méthode d’entrainement

Les deux dernières SaintéLyon furent éprouvantes pour les cuisses, je suis arrivé avec des douleurs aux quadriceps comme jamais. Alain en 2016 et Briag en 2017 m’ont bien soutenu et supporté pour terminer ces courses. Alors pour 2018, j’ai changé mon entrainement, au lieu de faire du D+ dans les Monts du Jura, j’ai fait du plat, par contre j’ai fait beaucoup d’Air squats.

Environs tous les 3 jours, 6 séries de 25 squats, chaque série séparée par 25 secondes de repos. Pour les débutants je recommande de commencer par 6 séries de 10 Air Squats. Après quelques semaines, les montées en trail se feront sans aucune douleur.

Squats et Trail de la Valserine

J’ai pu testé cet entrainement il y a un peu plus d’un mois avec le Trail de la Valserine: 35km et 1300m de dénivelés positifs.
La course s’est bien passée j’ai surtout pu continuer à accélérer et doubler quelques concurrents sur la fin sans avoir de douleurs aux jambes. De plus, chose très étrange j’ai pu augmenter ma fréquence cardiaque moyenne sur une aussi longue distance, me faisant dire que j’ai pu pousser une peu plus la machine. J’ai hâte de tester la technique cette SaintéLyon et ses 81km.

SaintéLyon 2018

Cette année, Briag sera avec moi pour sa 3e SaintéLyon, je pense partir avec lui, mais je vais essayer de ne pas partir trop vite dans la première moitié de la course. Ensuite comme à mon habitude, je vais faire la technique de la tortue et « doubler les concurrents partis trop vite ».

Du point de vue de la météo, cela sera surement plus clément que l’année, pas de neige, de vent, de verglas et de températures négatives. Pour le moment, à 3 jours de la course, la météo annonce de la pluie dans la nuit de samedi à dimanche et des températures plutôt positives (3-8°C).

Alors résultat dans 4 jours vers 13h-13h30, heure probable de mon arrivée …

 

 

 

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 3, 27 septembre 2018

La dernière étape, un peu plus de 22km et on sera « finisher ». Tout comme les 2 premières étapes je n’ai pas regardé la carte de cette étape, les 2 choses que j’ai vraiment vu sont que le départ se fait en bus à 20 minutes à pied du bivouac et que l’arrivée est à notre hôtel. ah, si … il y a aussi une belle montée sur la fin, mais à part cela je ne sais rien du parcours, mais 22km ce n’est pas l’étape la plus difficile et ça sent l’écurie, l’arrivée, la maison!

Alain ne veut pas vendre la peau de l’ours,  oui une cheville foulée est vite arrivée et la médaille n’est pas encore à notre cou. Les bus nous déposent sur le départ, l’arche du départ est là, il y a des cailloux de la terre volcanique de partout, cela ressemble à Mars, enfin j’imagine.

La machine (moi) est plutôt en bon état, je n’ai mal nul part, pas vraiment de courbatures ou de bobos suite aux 2 premières étapes. Pas vraiment de fatigue non plus, la journée de repos totale a vraiment fait du bien, j’ai pu faire soigner mes petits ampoules sur le coté des pieds, mais surtout le sac à dos est bien moins lourd, par contre je colle de partout, entre les gels sucrés, le sable et la sueur. J’ai hâte de prendre une douche une fois arrivé à l’hôtel.

Mes guêtres sont ruinées, la colle n’a pas tenu, les contraintes de la deuxième étape et le sable du désert ont transformé mes chaussures, et mes guêtres d’un jaune pétant, en godasses crasseuses et complétement ruinées.

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Mes chaussures de Trail au départ de la 3e étape

Le départ km 0, 28°C, 10h00

Pour une fois on est pile à l’heure, j’ai l’impression de partir assez vite, même si dans les chiffre je pars entre 8 et 9km/h, le sac est léger et le souffle rapide. On part dans le lit d’un ancien volcan, le parcours est assez roulant mais vite accidenté avec des pierres très coupantes, il ne faut pas tomber, et faire attention ou l’on met les pieds. La vue est magnifique et très rapidement je vois le peloton qui s’étire comme un accordéon, bien entendu Alain et moi nous nous retrouvons toujours dans la queue.

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Km 6, 59min, 33°C

On est dans le lit de l’ancien volcan, le paysage est magnifique Buzz Aldrin aurait dit que c’est une « magnifique désolation », le terrain est très lunaire, mais il commence à faire chaud. On double on se fait doubler par les autres concurrents tout aussi rapides que nous. J’ai assez peu de souvenir de cette journée et encore moins de photo, ma camera ne marchait pas trop et je pense que l’envie d’arriver était plus importante que de prendre de flaner à prendre des photos.

Vers le 10e kilomètre on commence à retrouver la civilisation, on traverse le village de « Tequital » et l’arrivée ne nous semble plus une promesse, mais une réalité bien imminente. Les jambes vont bien après presque 100km dans le désert, il fait chaud très chaud.

Quelques kilomètres plus loin, un plus gros village nous accueille, la civilisation et la première douche arrivent à grand pas. Il fait vraiment chaud, je commence ressentir la chaleur, il m’aura fallu plus de 100km dans le désert pour avoir le sentiment vraiment étouffant de courir dans le désert et enfin de me sentir appartenir au Marathon des Sables … enfin juste le Semi Marathon des Sables. Voilà enfin de dernier ravitaillement au km 16.

Km 16, 2h30m 36°C

Ça y est, le dernier ravitaillement, avec Alain on se rafraichit une dernière fois et après ce sera la victoire, la victoire sur ce petit désert, sur cette île aux vents et à la chaleur. Le ravitaillement à lieu dans ancien lit d’une rivière, j’ai l’impression que les rochers nous renvoient la chaleur du soleil, je bous, je commence à bouillir. On repart en direction de la petite montagne qui nous sépare de l’arrivée et de notre hôtel, un col à 130m d’altitude.

Alain repart et recommence à me distancer, il grimpe comme un cabri et moi comme une limace, il file, file et me distance encore. Alain est obnubilé par Jesus, non pas celui qui marche sur l’eau mais un Espagnol qui a eu l’outrecuidance de ne pas répondre à ses questions et de ne pas lui décrocher un mot de la course. Alain file vers la victoire, moi j’essaie de m’accrocher en montée, mais il est trop rapide, j’ai beau essayé d’accélérer mais la machine surchauffe, les poumons et les jambes ne suivent plus. J’arrive au sommet, je ne vois plus Alain, mais je vois enfin l’hôtel, la fin la délivrance: l’arrivée.

Km 22, 3h45, 30°C

La musique est là, les supporters aussi, tout le monde m’encourage, il me reste 300m de plage à traverser faire une demi tour et j’aurai enfin la médaille du HMDS. Mes pieds me brulent depuis le dernier ravitaillement, une brulure vive et persistance, je n’y pense pas trop, je m’approche de l’arrivée, j’entends la sono et le speaker. Tiens, étrange, il semble déjà connaitre mon prénom … il m’encourage comme jamais dans une course, il commence à raconter ma vie de coureur, la SaintéLyon, les 100km de Millau … et je vois Alain planté derrière la ligne d’arrivée micro à la main, il m’encourage comme personne. J’accélère, je fonce, ça est c’est fini, je passe la ligne d’arrivé et tombe dans les bras d’Alain … l’objectif 2019 est atteint !!

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Il reste 200m
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Je cours, enfin j’essaie, vers l’arrivée
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Je tombe dans les bras d’Alain après 120km dans le désert
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Les 2 Finishers
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La médaille du HMDS 2018

Sur la 3e étape, Alain finit en 3h35 à la 158e place et je finis en 3h44 à la 165e place sur 222 finishers.

Au général, au temps cumulé des 3 étapes: Alain finit 123e et je finis 130e sur 222, pas très loin du milieu du classement au général (55% pour Alain et 58% pour moi).

Cette course était vraiment pleine de promesses et je n’ai pas été déçu: du désert, du sable et des paysages magnifiques on en a vu. C’est vraiment une très belle course, très différente de tout ce que j’ai vu auparavant. Je tiens surtout à remercier les organisateurs et surtout les bénévoles qui par de très grosses chaleurs nous ont attendu et réconforté.

Je pensais vraiment trouver une course très difficile, voir insurmontable. Plusieurs coureurs m’ont dit que cette édition 2019 était plus dure que celle de 2018, et certains m’ont également dit que le HMDS était plus dur que le vrai MDS, mais qu’il était juste plus court. Je n’ai pas trouvé cette course très difficile ou trop difficile, mais je pense que j’étais aussi très bien préparé.
Non je ne suis pas déçu, j’ai vraiment aimé cette course mais une 4e étape ne m’aurait pas déplu ou alors des étapes un peu plus longues.

Après tout cela le vrai Marathon des Sables me direz-vous ? Je ne sais pas, je dirai que le vrai MDS me fait moins peur et me semble beaucoup plus abordable. Mais le prix et le temps loin de ma famille me fait penser qu’il y a d’autres challenges plus condensés et peut-être plus proche de chez moi.

Mais aussi le MDS est un sérieux budget (>3500€) et budget vacances (+10 jours loin de la famille). Alors on verra pour 2020 avec Alain pour le MDS.

Pour la suite, cela sera la SaintéLyon pour ma 4e participation …

 

Les précédentes étapes:

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 2, 25 septembre 2018

La nuit vers 3 ou 4h du matin

Je viens de vous le dire, Fuerteventura veut dire vent fort, ce nom vient frapper contre ma tente toute la nuit, le vent fort de Fuerteventura tapera tout le début de la nuit sur les tentes du bivouac. Puis vers 3h ou 4h du matin, le calme plat, enfin je peux dormir, sauf si cette envie pressante et naturelle ne me poussait pas à prendre l’air. Mais sortir faire 200m pour aller jusqu’au toilettes et revenir ne m’emballe pas vraiment, j’ai plutôt envie de me reposer pour cette grosse étape de 66km qui se profile.

Bon je me décide pour aller humidifier les abords du camping en plein  milieu de la nuit, c’est la pleine lune, on voit très bien à plusieurs lieus. Je retourne dans ma tente et je peux enfin dormir un peu mieux.

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Le bivouac se réveille avant la longue étape

Petit déjeuner au bivouac

Non pas de thé ou de café, de toute façon on est pas doué pour faire du feu, c’est un fait. Je prends mes cakes Gatosport d’Overstims, ils sont un peu secs, mais c’est pas mal du tout pour un déjeuner au milieu du désert perdu dans l’Atlantique.

Le départ sera donnée vers 9h30, il faut vider les tentes, rien ne doit rester, sinon cela finira à la benne et on risque des pénalités, cette course est en autonomie alimentaire, mais on doit tout emmener. Des petits malins ont essayé l’année dernière d’enterrer de la nourriture autour des tentes, mais les organisateurs les ont trouvées. Autonomie, vraiment une autonomie alimentaire et matériel.

Juste avant le départ, avec Alain on retrouve notre ami Franck de Belgique, il a survécu à cette première épreuve et semble d’attaque pour la suivante. Après un petit briefing, le départ est donné avec quelques minutes de retard, non nous ne sommes définitivement pas en Suisse pour la ponctualité.

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Au départ de la 2e étape (66km)

Km 0, 9h34, 27°C

Il ne fait pas trop chaud, il y a un peu de vent et le départ part sur une petite descente très ensablée. Alain est obnubilé par la méthode Cyrano (courir 6′ et marcher 1′), il est persuadé que c’est a peu près le seul moment ou l’on pourra courir, sur ce fait il a tout a fait raison. Mais se cramer dès le début n’est pas trop ma tasse de thé. En plus ma ceinture cardio est morte hier, donc je ne sais pas vraiment si je suis en sur-régime ou pas. Mais pour le moment tout va bien.

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L’étape 2 du HMDS 66km

Mes amis runners de Genève sont là, avec Alain on arrive à les rejoindre, hier on ne les a pas vu du tout, ils étaient bien trop rapides pour nous (Tony, Giovanni et Javier), on fait un bout de chemin ensemble jusqu’au premier ravitaillement au km 4. Je dis à Alain que je ne veux pas les dépasser, ils me semblent plus rapides et les dépasser au début est une assurance pour se cramer pour la fin de l’étape, donc prudence est mère de sureté surtout en course à pied.

Km 4, 43m, 33°C

Le premier ravitaillement se passe rapidement, on prend un peu d’eau et on repart sur une belle descente dans le sable très fin. Je me lance à corps perdu dans la descente, cela ne sert à rien de se retenir avec les jambes à part fatiguer les muscles. En se lançant dans la descente, les muscles travaillent très peu et cela permet de prendre de la vitesse. Instantanément tout le monde me suit en courant en descente dans cette dune.

Ensuite on s’engouffre dans le piège de la plage de « Cofete ».

La plage de Cofete, km 6 à 19, 1h17m-3h45m, 33°C-37°C

Antoine, un Genevois, qui a déjà fait la course en 2017, nous en avait déjà parlé, mais je crois que je n’avais pas vraiment relevé ce nom: « Cofete ». Mais je vais vite commencer à comprendre: une plage interminable de 13km, droite, longue et presque infinie pour des marcheurs, car sur la plage on n’a pas la même puissance pour courir.

Pour y arriver, il faut passer quelques passages techniques, des pierres volcaniques et sur des descentes assez abrupts. En arrivant sur la plage, la civilisation nous revient en pleine face. La plage est immense et cette partie est très loin du premier village ou de tous lieux habités, des détritus sur la plage et aux pieds des falaises. Ensuite LA longue ligne droite nous attend.

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Arrivée sur la plage de Cofete
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Le début de la plage embrumée

Que dire, sur cette fameuse plage mythique, à part que l’on joue avec la mer pour marcher sur le sable le plus dur possible, donc très humide aux risques de se faire tremper les pieds par les vagues. Parfois la mer gagne sur nous et on se retrouve avec les pieds trempés puis on fini par faire « floc floc ».

Au loin Isabelle, visible avec son sac de couchage orange. Isabelle est dans notre chambrée, 6 tentes mis en cercle autour de notre coin « feu ». Isabelle est une marcheuse, donc par définition elle ne court pas, pas du tout. Mais elle trace, elle trace vite sur la plage de Cofete. Au début de la plage, je la vois pas très loin de nous et petit à petit la marcheuse dépose entre nous quelques hectomètres, les coureurs sont dépassés.

Km 15.7, 3h05 de course, 37°C

Alain est parfois derrière moi, parfois devant. Juste avant d’arriver au deuxième ravitaillement, une petit coup de moins bien qui dure … 30 secondes. Un mini vertige: manque de sucre, chaleur étouffante, je ne sais pas. Je rejoins Alain qui venait d’arriver, je mange un peu et tout redevient normal, plus de vertige. On repart sur la plage qui n’en finit vraiment pas, c’est long.

On arrive en fin bout de cette plage, je commence à voir la terre ferme, plus de sable. Je reçois un SMS. Je me dis tiens étrange, surement de la pub ou orange qui me signale qu’en Espagne le roaming est gratuit ?!? Pas du tout, ma sœur Laurence me dit qu’une « petite étoile bleue N°11 sautille sur son écran à coté de Cefete », je lui renvoie un message en lui disant que la petite étoile bleue n°11 (mon numéro de dossard) est bien à la fin de cette interminable plage. Cela me fait très plaisir de voir que je suis suivi par la famille et les amis. Cela me remotive, de plus la première montée nous attend.

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Le dénivelé de la 2e journée

Dans la remontée entre le km 19 et 20, on croise Isabelle la marcheuse qui semble accuser le coup, mais surtout le coup de chaud. On l’encourage jusqu’à la fin de la montée et on repart sur une petite descente qui se transforme en route, puis en route montante.

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La victoire sur la plage de Cofete
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Chemin assez volcanique
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Chemin menant sur la mer

La redescente se fait dans un presque chemin rempli de roche volcanique, ce n’est pas très praticable et ça ne ressemble pas vraiment à un chemin. On se dirige vers la mer et on atteint le ravitaillement 3.

Km 25, 5h36m de course, 38°C

On arrive tranquillement sous la chaleur, je n’ai toujours pas l’impression de suffoquer, il fait chaud mais je suis pas trop mal. On commence à se restaurer avec Alain pour manger un bout et un peu se reposer. Je sors ma potion magique, pour remplir de nouveau mes gourdes avec du Overstims et prendre un bout de saucisson. Le saucisson fait du bien au moral, il apporte du sel et du gras dont on a besoin pendant un course, mais surtout cela permet de manger quelque chose de dur, plutôt que les plats déshydratés qui sont assez mous.

Sur le ravitaillement, on croise Xavier un Genevois que j’ai connu un peu avant la course, il souffre le martyr avec son sac, il a mal au dos et n’en peut plus de porter son sac de 7-8kg. J’ai 2 mauvaises nouvelles pour lui, il lui reste encore 40km pour finir la course, mais surtout il porte son sac beaucoup trop bas dans le dos. Je lui dis de le remonter et cela devrait aller mieux. Bien après la course Xavier m’avouera que mon conseil l’a bien aidé pour finir et qu’effectivement il portait son sac trop bas.

On repart avec Alain en direction du 4e ravitaillement, je me sens très bien et surtout la moitié de cette longue étape est enfin en vue …

Km 27, 6h02 de course, 34°C

On arrive sur une plage de cailloux, Alain toujours au top, on est finalement assez seul sur cette étape on croise quelques concurrents, mais en arrivant sur les bords de l’océan on commence à voir que certains prennent leurs aises. Oui étrangement quelques coureurs le long de la course ont décidé de prendre un bain de mer. Avec mes amis Genevois on s’était posé la question sur la pertinence de prendre un bain pendant la course, mais après quelques secondes d’hésitations, le manque de douche et le sel de mer allaient surement vite gratter et frotter la peau déjà mise à dure épreuve. Mais certains ont franchi le pas, ils sont au frais mais risquent de le payer cher plus tard.

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On se croirait sur Mars
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Le moral est bon, au milieu de la 2e étape

Km 35, 7h55 de course, 33°C

Avec un peu de difficulté on arrive au 4e ravitaillement, un coureur, un très bon coureur habillé à la mode de WAA et surement un ambassadeur de la marque nous jalouse. Il me fait remarquer que le saucisson au milieu du désert est une excellente idée. En effet, j’ai ressorti mes saucissons au ravitaillement.

On file sur la deuxième grosse montée de l’étape, le dénivelé n’est pas très important mais la montée me fait un peu peur. Dans la montée, je marche devant, Alain n’est pas très bien mais suit bien, il est juste dans mes pas. J’en profite pour discuter avec une Ecossaise allergique au soleil, elle a les jambes toutes rouges. Mais quelle idée de faire le HMDS si on est allergique au soleil, les Grands Bretons me surprendront toujours.

Le soleil se couche et la température commence à baisser, j’ai lu dans le règlement qu’il faut allumer nos frontales à partir de 19h. Ici il n’y a personne à plusieurs kilomètres, pas une personne de l’organisation, il fait encore jour je ne vais pas encore allumer ma frontale.

Ça monte de plus en plus, et je commence à fatiguer, Alain en profite pour prendre un gel et d’un coup il avance de plus en plus vite. Pour moi ça monte et ma vitesse baisse, Alain avec ses grandes jambes me double et je n’arrive plus à le suivre.

Km 43, 9h55 de course, 26°C

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La vue sur la plage de Cofete après la deuxième montée

Le plus gros col est passé, un petit col à 353m d’altitude, mais les derniers mètres étaient un peu difficile, mais on repart en descente pour de nouveau affronter la plage de Cofete, mais dans l’autre sens et de nuit. J’ai des petites douleurs sur la plante des pieds, ça brule, c’est supportable mais j’ai du mal à descendre aussi vite que je veux.

Avec Alain on fait des paris pour savoir ou se trouve le prochain ravitaillement, on a une vue imprenable sur la plage et ses environs. A part une petite maison sur notre droite, pas âme qui vive. Après plusieurs kilomètres la petite maison est bien notre ravitaillement. La nuit tombe vite et nos frontales sont allumées depuis le début de la descente. On est plutôt bien, on double encore quelques concurrents

Km 46, 10h35 de course, 26°C

Ravitaillement assez rapide, quelques chiens errants nous envient les derniers morceaux de saucissons qu’il me reste. On repart en direction de la plage de Cofete. La chaleur n’est plus là, on est bien, seule la dernière montée, pas très haute mais semble-t-il très très raide nous attend. J’ai peur que mes cuisses chauffent un peu, là je regrette les bâtons!

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En direction de la plage de Cofete

Nous arrivons sur la plage, direction à droite toute, les rubalises nous ouvrent la voie pour rentrer au bicouac. Enfin les rubalises en plein nuit, se font rares et surtout si je n’avait pas ma frontale nommée le « phare breton » par Alain, on y verra pas grand chose. Oui sans ma Petzl Nao2 et son faisceau digne d’un phare, les rubalises seraient plus difficile à trouver.

Des concurrents, plusieurs groupes de concurrents nous doublent sur la plage, je n’avance pas, Alain ne peut pas me lâcher, sans ma frontale il ne voit rien. Alain s’énerve contre 2 concurrentes Instagrameuses et leur coach qui nous doublent sans nous décrocher un mot.

7km de plage en retour, à chercher les rubalises et se faire doubler, enfin un panneau, voilà la montée rude arrive, après c’est gagné, l’arrivée ne sera plus très loin.

Km 54, 12h30 de course, 26°C

On retrouve nos 2 Instagrameuses, Alain en bon gars sympa essaie de renouer le contact avec eux/elles. Rien pas un mot, pas un sourire. Bref pas très sympa les représentantes de WAA, Alain est hors de lui, il ne comprends pas et est un peu furieux contre elles.

Je lève les yeux, je vois tout là-haut des petits frontales qui montent, qui montent comme des fourmis sur une paroi. Ça monte et ça monte bien, mes cuisses vont bien, je sens que les jambes sont là, pas de douleur. Alain est devant avec ses bâtons, je me perds une fois dans la montée, je fais 3 ou 4 m pour revenir sur le chemin. Certaines parois sont très escarpées, il ne faut pas faire un pas de travers, sinon c’est la chute dans les pierres volcaniques et tranchantes.

Km 56, 13h10 de course, 26°C

Ça sent la fin, le dernier col est passé, 240m oui mais très escarpée et parfois des montées à 15% ou plus, avec un sac sur le dos, cela change les perspectives des montées en montagnes. Le dénivelé n’était pas très important mais l’effort était intense. Il reste 7km, demain jour de repos et ensuite une dernière étape de 24km. Cela semble bien parti pour ce HMDS 2018 et la médaille du finisher.

On passe le dernier ravitaillement, une vague tente avec un ou deux bénévoles, un peu d’eau et on repart. A quelques kilomètres de l’arrivée Alain me lâche il est bien, je suis aussi bien mais dans les montées et dans le sable je n’avance pas.

Dans les derniers kilomètres je fais la connaissance de Thierry un Marathonien des Sables et Half Marathonien des Sables. Il semble avoir fait d’autres courses aussi prestigieuses. Il me dit avec un sérieux de fin de soirée « les conneries c’est fini, les courses à la con, c’est fini » il en a marre. C’est un classique chez les coureurs, dans le feu de la course, on dit des choses que l’on ne pense pas vraiment. Mais Thierry me semble déterminé à finir « ses conneries ».

Moi aussi j’ai mon coup de blues, je suis en pleine nuit, on voit a peu près les étoiles, cela me fait penser à la SaintéLyon, lorsque l’on part de Saint-Etienne juste après Sorbiers. Au milieu de nulle-part à regarder les étoiles, dans 2 mois j’y serai … j’ai un doute, je suis en train de faire ma sortie nocturne de fin d’année. Faut-il vraiment remettre cela dans 2 mois, j’ai des doutes sur mon envie de refaire la SaintéLyon pour la 4e fois. Je vous rassure, cette non-envie a disparu quelques jours après. Par contre j’ai recroisé Thierry un ou deux jours après la course, il était toujours décidé à arrêter « ses conneries ».

Il me reste 2 ou 3 km, je n’ai quasiment pas couru sur cette étape, les jambes sont bien, même très bien, me voilà en train de courir, oui oui après 60km dans le désert je cours.

J’arrive quelques minutes après Alain, et quelques secondes avant ou après les Instagrameuses qui se mettent à nous parler. Alain est circonspect!

Alain fini 115e en 15h20 et je finis en 15h29 à la 121e place sur 217 arrivants, il y aura une quarantaine d’abandons sur cette grosse étape. On arrive proche de 50% (respectivement 52% et 55%) du classement, ce qui est pas mal.

Notre ami Franck le Belge abandonnera dans cette étape, dommage sa bonne humeur va nous manquer.

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Arrivée un peu floue de cette 2e étape

 

 

Half Marathon des Sables, Fuerteventura: Étape 1, 24 septembre 2018

L’avant course

Ça y est, me voici au pied du mur, le deuxième gros challenge de cette année 2018 est au bout de mes pieds. Il fait chaud, le bus nous amène vers le lieu de départ. Hier je suis arrivé à l’hôtel Playitas de l’île de Fuerteventura, l’une des îles les plus désertiques des Canaries. Au large du Maroc, il fait chaud, environ 30°C au bord de l’eau, mais surtout l’île ressemble a un grand désert avec énormement de sable. Le taxi-bus qui nous a emmené à l’hôtel, nous a donner une petite vue de ce qui allait nous attendre dès demain sur ce Half Marathon des Sables.

En arrivant, le décor est planté, me voici dans l’élite des coureurs, 3 coureurs hors-normes pour moi:

  • Christophe, 3 fois Marathonien des Sables (le vrai, celui du Maroc) et une fois Half Marathonien des Sables de Fuerteventura (2017)
  • Jean-Charles, Half Marathonien de Fuerteventura (2017)
  • Marco, Péruvien et Marathonien des sables du Pérou (année 2017)

Et moi, et moi et moi, petit coureur avec aucune expérience dans un univers aussi rude.

Christophe tient a me rassurer, il me dit que: non, le Half Marathon des Sables de Fuerteventura n’est pas 2 fois plus simple, 2 fois plus facile, ou 2 fois moins dur que le vrai Marathon des Sables. Non, me voilà rassuré il est juste deux fois moins long !

Jean-Charles me dit que l’année dernière, il a fait une belle crise au premier CP (Check Point) de la première étape et a faillit ne jamais repartir.

Le décor est planté, moi qui pensait trouver une course assez simple, pas trop dure et plutôt sympa. Me voici en mode baroudeur avec un gros point d’interrogation sur la tête « Mais qu’est-ce que je fous là! ». J’avais un petit doute avant de partir, j’avais peur que cette course me surprenne un peu, que je ne sois pas très bien préparé et que je ne la finisse pas, faisant de cette année 2018, l’année des « Half » non finies (Triathlon et Marathon des Sables) ! Je suis rassuré sur un point, je ne suis PAS surpris: la course va être difficile, bien plus que je ne le pensais.

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Parcours de l’étape 1

Départ

Comme à notre habitude, on se retrouve Alain et moi, au départ. Alain n’est pas trop stressé, moi non plus. Je me sens étrangement serein, malgré les dires de Christophe et Jean-Charles. Suis-je inconscient, fou ou juste perdu à me lancer des défis toujours un peu plus dur?

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Alain et moi au départ de la première étape

Après les derniers conseils des organisateurs sur la course, le départ est donné avec un peu de retard, juste quelques minutes. A ma montre il fait déjà chaud (27°C) le départ est donné à 9h36. Nous voilà parti pour cette première étape.

Les premiers partent à toute allure, on se positionne dans la queue du peloton et on va essayer de faire la méthode Cyrano. Très rapidement, le chemin devient très accidenté, très cassant, entre roche volcanique et sable. On est juste au bord de l’eau, il y a du sable et des montées très raides avec des passages en monotrace. Ce n’est pas roulant du tout, la vitesse moyenne tombe, on est en file indienne et on est déjà dans les bouchons. Après à peine un kilomètre ça roule un peu mieux, mon sac se tient bien dans mon dos malgré les 9,5kg. Mais tout d’un coup, mon sac de couchage perd une attache et ballote dans mon dos. Me voilà après à peine 1km en train de refaire mon sac au milieu d’une plage. Alain me prend en photo, on se fait doubler, on se retrouve dans les derniers, les tous derniers. Après quelques minutes à ré-attacher mon sac, nous voilà reparti.

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Photo de l’organisation

KM 3, 0h43m de course, 33°C

On avance pas vite, mais l’essentiel est d’arriver, ce qui m’inquiète est la première barrière horaire, on se traine comme des petits vieux, mais petit à petit les bouchons du départ  s’évaporent et la vitesse moyenne comme la température remontent un peu. On attaque un faux plat en montée après un passage sous l’autoroute. Mais oui, il y a une autoroute à Fuerteventura, enfin plutôt une route droite à double sens.

Nous faisons la connaissance d’un sympathique coureur/marcheur Belge Franck, qui habillé du chemisette à manche courte, nous raconte qu’il est un habitué des longues distances (plusieurs fois centbornard en Belgique) et que la course ne lui fait pas vraiment peur. Ils sont trop forts ces Belges !

Tout en marchant un peu plus vite que notre ami Belge, nous continuons notre marche active sur ce faux plat qui se transforme en petite montée.

On double un peu quelques représentantes WAA, habillées de la tête au pieds avec le habits de la marque (marque organisatrice de la course). Elles sont aux couleurs très flashy qui détonnent un peu avec la monotonie du sable de Fuerteventura, le jaune pétard et le bleu ciel se remarquent de loin.

KM 7, 1h27m, 35°C: Premier ravitaillement ou Check Point (CP)

Enfin le premier ravitaillement, juste de l’eau, que de l’eau et que 2L d’eau, pas plus. On a juste le droit de s’arroser la tête une fois ou deux. Mais les rations d’eau sont limitées à 2L pour chaque ravitaillement. En arrivant je suis loin d’être à sec, je vide mes gourdes avant le check point pour repartir avec le ventre et les gourdes remplis. On se repose un peu et on repart jusqu’au petit sommet du km 8, ensuite on redescend sur une sorte de ravin avec du gravier et des pierres volcaniques.

La loi de Murphy

S’il doit se passer quelque chose, cela se passe toujours au plus mauvais moment. Dit autrement c’est la loi de « l’emmerdement maximum ». Alain et moi continuons tranquillement sur le chemin assez accidenté, je regarde ma montre assez souvent pour essayer de ne pas me cramer, je parle bien de mon souffle et non pas de mes coups de soleil. Je remarque que ma fréquence cardiaque est assez élevée, vers 140 battements par minutes (bpm), qui pour moi c’est assez élevé. J’en parle à Alain, il me dit que c’est ma montre qui déconne, lui est à 110 bpm. Alain le sage à parler, sans même le savoir il a raison, ma fréquence cardiaque donne des signes de fatigue. Pardon mon capteur donne des signes de fatigue, je passe à 50 bpm, puis 140, puis de nouveau 50. La batterie est morte, c’est le symptôme classique qu’il faut changer la batterie. C’est dommage, j’y ai pensé quelques jours avant de partir, mais j’ai oublié de changer la pile.

Mais la loi de Murphy ne pouvait pas mieux tomber, si mon cardio devait tomber en panne, il ne pouvait pas tomber plus mal que pendant la course, ou il fallait faire attention aux pulsations du palpitant pour éviter la surchauffe (au sens propre comme au sens figuré). Ce n’est pas grave, je vais courir aux sensations.

KM 12, 2h12m, 37°C

Ça y est Alain prend la tangente, avec ses bâtons il avance bien, moi je ne monte plus et je commence à ne pas être très bien. On remonte une petite dune. Je prends un peu de sucre, un peu d’eau et une fois arrivé au sommet de la dune me voilà reparti. Je ne m’aperçois pas vraiment de la température 36-37°C, je vais bien, mais je fais attention au soleil et aux coups de soleil.

On redescend sur la fameuse autoroute, et nous voilà presque au point de départ sur au 2e ravitaillement.

KM 16, 2h54m, 34°C

Patricia la femme d’Alain nous attend et nous prend en photo sous la canicule. La température est un peu retombée (34°C) en approchant de la mer. De nouveau, on se charge en eau, se mouille la tête et tout le reste et on repart. Pour le moment la chaleur ne me dérange pas trop.

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Arrivée au CP 2 de l’étape 1

Avec Alain on repart, le chemin est assez sableux et monte des dunes le long de la mer et la température flirte toujours avec les 36-37°C.  Ensuite on file sur une partie un peu plus escarpée le long de la mer, le chemin est parfois un peu dangereux, les images sont magnifiques, mais dommage je ne prends que des photos floues avec mon iPhone.

S’en vient une longue ligne droite de 2,5km, toujours le long de la mer, du sable et du sable, cela n’en fini pas. Les coureurs se suivent à la queue leuleu, en contrebas d’une haute dune. Quand tout d’un coup j’entends siffler tout en haut de cette dune, une personne nous fait signe de revenir en arrière et de monter sur ladite dune. A partir de ce moment mon calvaire commence, Alain file avec ses bâtons et j’essaie tant bien que mal de le suivre.

Arrivé en haut de cette dune, cela monte encore et encore, une montée infernale, la température en profite aussi et monte petit à petit sur le cadran de ma Suunto, elle touche les 39°C. Après 20 minutes de montée je dois voir un mirage, 2 barrières indiquant le dernier km … déjà, je ne sais plus vraiment qu’elle est la distance, mais cela monte toujours c’est infernal. En tout cette dune ne fera que 180m de D+, mais j’ai l’impression d’avoir passé un col de haute montagne, non pas en dénivelé mais en puissance, la chaleur insidieusement m’a pompé mon energie.

J’entends de la musique, le camp est là, je vois l’arrivée et Alain qui m’attend avec impatience, je crois que je cours dans les dernier mètres pour finir cette première étape en 4h41 environ à ma montre.

Je finis 191e sur 257 arrivant en 4h 40m et 38s, il y a eu 6 abandons. Alain fini 7 places devant moi, 184e.

Le Bivouac

La course est finie mais pas la journée, maintenant il faut récupérer les 5 litres d’eau jusqu’à demain matin, inclus les 2 litres jusqu’au premier CP. Ensuite, chaque coureur doit préparer ses affaires pour dormir et pour manger, bien sur les tentes ne sont pas climatisées et bien sûr il n’y a pas de douche. Les toilettes sont à 200m du bivouac, si certains ont encore un peu d’eau dans la vessie, il faudra marcher.

Alain en grand prince est allé me chercher mes messages, et je tiens à tous vous remercier: Gregory, Matthieu, Véro, Soraya, Laurence, Vincent, Hervé. Vous devez me prendre un peu pour un grand malade de partir si loin, dans un pays si chaud pour dormir dans une tente sans douche. Mais n’est-ce pas cela aussi le luxe ?

On essayera tant bien que mal de manger chaud, disons que l’on a mangé tiède, malgré la persévérance d’Alain pour allumer un peu le feu. Mais les Esbit de WAA ne sont pas terribles et l’île de Fuerteventura nous rappelle à son nom (vent fort) et nos briquets semblent impuissants contre ce dernier.

Nous faisons quand même un diner presque chaud avec Isabelle une marcheuse  et Christelle, célèbre Instagrameuse @beerunneuse aux couleurs de WAA.

Demain la grosse étape, 66km avec 2 belles montées, cela va être dur très dur, je me fais un peu de souci pour cette longue étape de demain …

La deuxième étape …

Préparation au Half Marathon des Sables

Après une première moitié d’année un peu ratée (DNF sur le Halftriman de Guéret), le deuxième objectif de l’année arrive à grand pas. Il arrive tellement vite que j’ai fait plus de la moitié de l’entraînement et il me reste 2 semaines avant le départ de cette autre semi: Le Half Marathon des Sables

La course

Non ce n’est pas un semi-marathon et non il ne fait pas 21km, mais plutôt 120km. Alors pourquoi « Half Marathon » si ce n’est pas un semi-marathon? En fait, c’est la moitié du « Marathon des Sables » la célèbre course dans le désert Marocain de 250km, organisé par Patrick Bauer. 250km dans le désert en autonomique alimentaire, c’est à dire que lors de ces courses, le coureur doit porter tout son paquetage pour la durée de la course. Pour être encore plus précis: il doit emporter sa nourriture, son sac de couchage, sa popote. Seuls l’eau et une tente sont fournis par l’organisation.

La référence de l’épreuve, Rachid El Morabity, 6 fois vainqueur du Marathon des Sables au Maroc

Pour schématiser, c’est une course qui se court par 35-40°C avec un sac à dos entre 6 et 8kg, sans oublier les 2L d’eau. Tout ceci avec des étapes de 30 à 60km pour le Half et 40 à 90km pour le Marathon des Sables.

Voilà,  la tente du décor est plantée. Le Half Marathon des Sables a lieu cette année encore (comme en 2017) sur l’ile de Fuerte Ventura aux Canaries du 24 au 27 septembre 2018, soit 4 jours de course:

  • 1er jour: étape de 30km
  • 2ème jour: étape de 60km
  • 3ème jour: repos
  • 4ème jour: étape de 30km

Il semble que ces kilométrage soient plutôt indicatifs. L’année dernière, pour la première édition, les distances étaient un peu différentes que celles prévues. Mais cette année encore, la totalité devrait bien faire 120 km, dans le désert et en autosuffisance alimentaire. Ça sera donc bien un Half Marathon des Sables.

Entraînement

L’épreuve étant toute récente (2eme édition en 2018), il n’existe pas vraiment de plans d’entraînement pour cette course. Mais vu la distance j’ai choisi de refaire l’entraînement des 100km de Millau de l’année dernière, histoire d’être sûr de pouvoir finir. Je vais aussi utiliser la méthode Cyrano qui permet, en alternant course à pied et marche, de vraiment économiser les muscles des jambes et de bien finir la course. Cette méthode fût vraiment déterminante et m’a permis de terminer les 100km dans de très très bonnes conditions (récit des 100km de Millau)

Mais pour être un peu plus précis j’ai repris l’entraînement du 100km de Bruno Heubi, celui de son livre « Courir Longtemps« , mais vous pouvez trouver un entraînement gratuit sur sont site (ici). Je ne travaille pas pour lui, mais je trouve son livre très bien fait, et ses plans semblent bien fonctionner.

A 2 semaines de la course, il me semble que cette année ma vitesse se soit un peu améliorée, j’en ai pour preuve un record personnel du 5km (24’34 ») qui est tombé vendredi dernier, sans que je ne pousse vraiment sur les jambes. Je pense raisonnablement pouvoir faire moins que 50 minutes pour un 10km. Je pense donc que ma VMA doit-être aux environs de 14km/h voir un peu plus. En fait la valeur réelle/précise n’est pas très importante, l’important est que les records tombent et que la fatigue soit moins présente lors des longues sorties.

Nourriture

Comme je l’ai dit précédemment la course est en auto-suffisance alimentaire, chaque coureur doit apporter sa nourriture pour les 4 jours, seul l’eau est fournie lors de la course mais également le soir au bivouac. Le sac de 20L n’est pas de trop pour loger les 10000 kilo-calories pour ces 4 jours (2500kcal/jour). Je n’ai prévu que 9000 car le dernier jour le repas du soir n’est pas nécessaire, l’organisation de la course nous rapatrie à l’hôtel pour un repas bien mérité.

Étant plutôt méthodique et pour être sûr de ne rien oublier j’ai tout noté sur une feuille Excel:

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J’ai donc mes repas pour un poids total de 2,2kg environ et un peu plus de 9200 k calories. J’ai aussi prévu une petite faim en plus, on ne sait jamais, j’ai pris un plat de Spaghettis Bolognaises supplémentaire, ce qui monte mes ressources énergétiques à 9800k-calories. La petite cerise sur le gâteau, je pense prendre un saucisson, ça ne pèse pas très lourd et cela fera un gros plus en cas de petite faim, ou à partager avec d’autres coureurs.

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4 sacs pour les 4 jours avec les calories et l’eau nécessaire pour les cuire

Pour que cela prenne moins de place dans le sac à dos, j’ai tout mis sous dans des congélation de type « ziplocks », cela me permet de gagner énormément de place par rapport au packaging des plats déshydratés.

Sac

L’organisation du Half Marathon des Sables impose un matériel obligatoire, pour notre sécurité et pour être sûr que nous ayons le minimum de survie pendant l’épreuve:

  • un sac à dos 20L
  • une capacité de conditionnement de 2 litres d’eau (gourde, poche à eau, …)
  • un sac de couchage,
  • une lampe frontale + 1 jeu complet de piles de rechange,
  • 10 épingles à nourrice,
  • un briquet,
  • un sifflet,
  • un couteau lame métal,
  • un antiseptique cutané,
  • un miroir de signalisation,
  • une couverture de survie,
  • un tube de crème solaire
  • 100 euros
  • le passeport ou carte d’identité pour les européens
  • le certificat médical original fourni

Pour le sac à dos, je ne me suis pas posé trop de questions, j’ai vu beaucoup de vidéos sur le Marathon Des Sables (celui de 250km) et très souvent, les coureurs avaient le sac de WAA-Ultra 20L, je l’ai donc acheté et j’en suis très content. J’ai fait plusieurs sorties avec, une fois les sangles bien réglées et ajustées, rien ne bouge.

Actuellement il me manque 2 ou 3 éléments de la liste, briquet, antiseptique et la crème solaire. Tout le reste est plus ou moins disponible, il faut juste que je le regroupe dans mon sac. La frontale de la SaintéLyon va enfin servir dans un pays chaud et cette fois-ci je pense avoir réglé un peu mieux la puissance et ne pas finir avec une batterie chargée à 80%. J’ai mis la puissance à 360 lumens en max et pour un durée de 10h. Cela devrait aller, pour finir la journée de la 3e étape.

J’ai récupéré un sac de couchage Go-Sport assez compact et un matelas gonflable recommandé par Antoine, un coureur qui a fait le HMDS l’année dernière. Ce matelas avec un poids très léger de 450g environ sera d’un confort bien agréable lors du jour de repos (le 3e) après les 60km de la longue étape. Pour le couteau à lame en métal, j’ai craqué pour l’Opinel de mon enfance car un couteau Suisse me semblait un peu lourd.

A deux semaines de la course, avec toute la nourriture dans le sac et avec tout le matériel obligatoire, mon sac fait environ 6kg. Il est recommandé de ne pas avoir un sac de plus de 8kg, il faut bien sûr rajouter les 2 litres d’eau au départ de chaque étape. Lors de la première étape je partirai donc avec 8kg en plus sur le dos, ce qui n’est pas vraiment négligeable.
Depuis plusieurs semaines, j’ai préparé des sorties longues avec mon sac chargé  à 5-6 kg et avec un cumul d’un peu plus de 110 km je me sens prêt à affronter le désert. La dernière sortie s’est bien passée, 21km avec peu de dénivelé, les jambes allaient très bien et avec des battements cardiaques entre 125-135 pulsations par minute, je me sentais indestructible !!! Je vais mettre une alarme sur ma montre GPS à 135 pulsations / minute pour bien réguler mon endurance.

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Le sac WAA 20L à vide

Dans 2 semaines, j’y serai, prêt pour affronter le désert sur l’ile de Fuerte Ventura dans les Canaries!

Lien sur la première étape du HMDS

Halftriman des Monts de Guéret (01/07/2018)

Voilà un moment que je le dis, ce Triathlon ne devrait pas être trop difficile sauf si la chaleur vient et si la combinaison de natation n’est pas pas autorisée. En ce début du mois de juillet 2018, la météo annonce de fortes chaleurs dans le centre de la France, ça commence mal …
La vérité nous saute aux oreilles ce samedi 30 juin, avec Alain nous arrivons sur l’étang de Courtille à Guéret pour récupérer nos dossards. Le speaker annonce bien distinctement que pour le triathlon des minimes, les combinaisons sont interdites! Avec la chaleur qui nous attend cette nuit et demain, peu de chance de voir la combinaison autorisée demain matin. La Fédération Française de Triathlon interdit la combinaison au dessus de 24°C, bref cela commence mal pour ce triathlon L de Guéret, une de mes 3 courses de cette années 2018.

Lac de Courtille (Guéret) vers 8h30

Avec Alain et sa femme Patricia, nous partons avec tout notre matériel à bicyclette de notre hôtel, pour aller sur la zone de départ. Oui je dis bien, tout notre matos, car il faut pas mal de matériel pour le triathlon: la combinaison de natation, les lunettes, le bonnet officiel, les chaussures de vélo, les chaussures de running, les gels, les gourdes, ne pas oublier le stickers pour le vélo, le casque, les lunettes et surtout une casquette pour la course à pied car il va faire très chaud. On part donc chargés comme des mulets vers le lac de Courtille.

Arrivés au départ, le speaker prend la parole et nous annonce que … la combinaison est autorisée et que la température est descendu à 22°C cette nuit. Je me dis « YES », je vais pouvoir passer la première étape sans trop de soucis. La combinaison apporte une flottaison non négligeable et permet de nager un peu plus vite; moi petit nageur qui ne savait pas nager le crawl il y a 6 mois, me voilà rassuré et certain de finir ce triathlon dans les temps. Les barrières horaires me semblent assez larges:

  • 1H pour faire 1.9km de natation
  • 4h pour faire les 90km de vélo, ou 5H depuis le départ
  • 2h30 pour faire les 21.1km de course à pied, ou 7h30 en tout.

Seul hic, la chaleur qui risque de passer au dessus des 35°C d’après Météo France, ça va chauffer dans la Creuse. La natation devrait bien se passer, avec ma précédente expérience du Triathlon du Chemin des Dames, je devrais passer dans les 1H sans problème. Pour le vélo, également une moyenne de 22,5 km/h avec un dénivelé d’un peu plus de 1000m, cela devrait passer. Et 2h30 pour faire un semi marathon, là aussi je suis assez confiant.

Zone de Départ

J’installe tout le matériel, je pose mon vélo, j’en vois certains qui commencent à réparer leur vélo, je pense que ce n’est pas vraiment le moment. Le speaker demande au micro si quelqu’un à une selle de rechange, un concurrent vient de casser la sienne … c’est un peu le problème du vélo, ça finit toujours par se dérégler … et je vais vite l’apprendre à mes dépends.

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Mon Cannondale Alu dans le parc

Tout comme des superhéros, nous enfilons nos combinaisons (de natation), moins rapidement et avec moins de pouvoirs. On attend sagement le top départ, nous sommes environ 250 au départ et cela sera moins la bataille, pas d’orgie de batraciens comme lors de mon premier Triathlon à Chamouille.

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Alain et moi avant le départ, on est confiants

Départ de la natation 1900m

Le départ est donné, je crois partir devant Alain, enfin il me semble, l’eau est chaude et le challenge immense. J’essaie de pointer la première bouée pour éviter de faire des zigzags comme la première fois. Je me sens assez bien, pas de bousculade enfin pas trop, je pousse le nageur devant moi une fois ou deux.
Au bout de 200m, la panique … je ne sais pas trop, un coup de stress ou d’autre chose. Je ne panique pas, je souffle un peu plus fort, je respire à fond un peu comme dans les exercices de plongées lors d’ un « essoufflement ». Après 200m cela va mieux, l’instant de panique est passé, mais bizarre ce coups de stress juste après le départ, je n’ai pas d’explication.

Première bouée, je tourne, je continue, je me sens assez bien, j’essaie toujours d’être le plus fluide et glissant possible, même si je ne suis pas un grand nageur, j’amplifie mon mouvement pour éviter de me fatiguer. Les hectomètres passent sans encombres, quelques batraciens en combinaisons tentent la « brasse » au milieu des crawlers, ces nageurs m’ennuient plus qu’autre chose, ils prennent vraiment beaucoup de place.

J’arrive à mi-parcours, je marche, je monte sur la plage et me dirige vers la gauche pour le passage à l’Australienne: 100m à marcher sur le sable pour partir pour un deuxième « round ». Je ne cours pas comme tous les autres concurrents, je marche et repars en crawl, je m’aperçois que je rattrape vite les triathlètes qui m’avaient doublé au passage à l’Australienne et c’est reparti pour un tour.

Une puis 2 puis 3 bouées, si je me rappelle bien, au dernier virage je me retrouve avec les derniers nageurs … à non il y a encore quelques nageurs sur la longue ligne droite. Nous sommes 3 ou 4 à se tenir sur quelques mètres, ça y est le calvaire du triathlon prend fin, plus que quelques mètres … je monte sur la plage, enfin plus de natation.

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Sortie de la nage 1900m en 44m30s (env)

Patricia, nous attend (Alain et moi) et arrive à me reconnaitre avec ma combinaison noire et mon bonnet jaune, tenue identique poures 250 participants et prend cette belle photo de ma sortie de la nage. Merci Patricia.

Vélo, 90 km dans l’enfer Creusois

Cette fois-ci j’enlève tranquillement ma montre, ma combinaison, mon bonnet et mes lunettes de natation. J’enfile mes chaussures de vélo, mon casque, mes lunettes et je pars pour les 90 km dans la brousse Creusoise. En sortant du parc à vélo, là non plus je ne cours pas, la course va être longue et chaude, je regarde dans le parc à vélo, le vélo d’Alain est encore dans son boxe, il n’est surement pas loin derrière en train de faire barboter dans le lac de Courtille.

Il y a beaucoup de monde pour le départ, je suis surpris par tout ce monde et les encouragements. Le départ est une longue ligne droite de 1km qui descend un peu et ensuite remonte. Je prends mon temps je croise quelques cyclistes qui me doublent … ou que je double et je m’enfonce dans la campagne.

Les feux de l’Enfer sont bien là, on va cuire comme dans une cocotte minute, la météo à prévue des températures caniculaires. Pour le moment à vélo et avec une combinaison encore bien mouillée, tout va bien, je me sens au frais. Mais après quelques kilomètres, et comme j’ai dû boire la moitié du lac en nageant, je m’arrête sur le bord de la route pour soulager ma vessie. Je me fais doubler par une triathlète et je repars. Il n’y a pas grand monde, vraiment pas grand monde, le reste de la course va-t-elle être aussi solitaire? Il semble que oui, devant ou derrière moi, pas grand monde, le désert Creusois. Je passe, enfin nous passons par des noms de village presque improbables: Les Cantines, La Bonne idée, Luchat, La Grande et la Petite Neuville. Oserais-je dire que c’est vraiment paumé ? OUI!!!
Pour le premier tour je fais attention de ne pas monter trop fort, je regarde mes fréquences cardiaques, tout semble bien aller: 132 pulsation/minute de moyenne, ça va malgré la chaleur.

A la fin du deuxième tour on repasse au point de départ après une extension sur la boucle, pendant un moment j’ai peur de m’être trompé de parcours, il y a beaucoup de bénévoles pour nous indiquer le chemin, mais j’ai peur que vu mon classement ils croient que je suis dans les premiers du triathlon M, parti après nous. En fait non, il faut bien revenir au début proche du parc à vélo et repartir. En repartant je croise Alain qui arrive et fini lui aussi son 1er tour, je dois avoir 2 ou 3 km d’avance sur lui, il a bien avancé, lui qui dit toujours qu’il n’aime pas le vélo.

Après 3 ou 4 kilomètres dans ce 2e tour, je continue mon parcours sans trop me fatiguer, le parcours est un peu vallonné et suivant le parcours je monte et je descend les vitesses du pignon de mon dérailleur arrière et de mon grand plateau à l’avant … tiens bizarre quand je passe sur le grand plateau (52 dents), j’ai l’impression que je pédale dans la semoule … ou plutôt que je pédale dans le vide. Ah rien de grave, je rebascule la cocotte du dérailleur avant et repasse sur le grand plateau … enfin ça devrait, je repousse … rien. Encore et encore … rien, je suis coincé sur le petit plateau (36 dents). Je viens de perdre un morceau de mon vélo, plus de grand plateau, fini les vitesses de 35-38km/h en ligne droite, je me traine à 29-30km/h en moulinant comme un Bobo sur son vélo d’appartement. Bizarre, il me semble avoir entendu tomber un morceau de métal il y a quelques minutes. Serait-ce un morceau de mon dérailleur qui vient de tomber …
Moi qui ne fait jamais entretenir mon vélo, voilà qu’après 3000 km il me lâche, à vouloir gagner quelques euros, me voici coincé en 3ème sur l’autoroute alors que tous les autres sont en 6ème. Bon vu le trafic sur cette autoroute Creusoise je ne risque pas l’accident, mais ma moyenne risque d’en prendre un sacrè coup.

Comme un petit malheur n’arrive jamais seul, la selle de vélo commence à me faire souffrir, j’ai eu beau changer ma selle, j’ai toujours des douleurs au bout d’un moment. Il faut que je trouve LA bonne selle.
Me voilà depuis 2 heures sur le vélo et après 50-55km de vélo j’ai perdu un grand plateau et j’ai des douleurs au postérieur.

La chaleur est bien là, mais pas trop prenante, par contre vers les 60e km, les choses se gâtent encore plus. Cela m’était arrivé une fois en faisant un 100km à vélo autour de chez moi: je commence vraiment à avoir mal aux pieds, bien sûr aux deux et au même endroit. Pour être précis, j’ai mal sur la partie qui appuie sur la pédale juste en dessous des doigts de pieds. Petit à petit la douleur devient infernale, comme si des lames de couteaux me rentrent dans les pieds, mais je dois continuer à appuyer, juste là ou cela fait mal.
Je cherche une position plus confortable pour ne pas avoir mal, la douleur est très irrégulière, ça vient, ça va, ça disparait et cela revient. Cette course devient un véritable calvaire, pas pour la chaleur mais pour la douleur. Mes moments de répits sont les descentes … enfin pour les pieds, la selle est toujours là, enfin surtout la douleur.

Heureusement je n’ai pas trop l’impression de souffrir de la chaleur, je vois bien le goudron luisant et suintant par endroit, mais je ne me sens pas trop mal. Les douleurs aux pieds, sur la selle sont parfois à la limite du supportable, mais je me sens terriblement seul, personne pas un chat 200m devant ou 200m derrière. Suis-je le dernier? Suis-je perdu? Suis-je encore en course? aucune idée? Enfin si les merveilleux bénévoles sont bien là pour me dire qu’il se passe quelques chose, surement un triathlon mais je me sens terriblement seul à mouliner sur mon vélo.

Sur la fin du deuxième tour, je me fais doubler par 2 cyclistes, pour finir je ne suis pas seul. Je n’essaie même pas de les suivre, il reste 21km et mes pieds me font toujours souffrir, donc Sylvain reste modeste et essaie juste de finir.

Arrivée sur la grande ligne droite du départ, mais en sens inverse, il n’y a personne, presque personne, bien sur les bénévoles, mais je les sens un peu fatigués à attendre les maillots rouges du peloton (les derniers) sous un chaleur infernale.

Ça y est, je quitte mon vélo et mes douleurs aux pieds, surtout aux pieds, comme des fourmis, je vais pouvoir me dégourdir les pieds au sens propre.

Course à Pied 4h40 de course (nat + vélo)

Je quitte mon vélo, je prends ma casquette, mes chaussures de running (soyons fétichiste ou superstitieux, mes chaussures des 100km de Millau) et je pars. Mes sensations sont plutôt bonnes, les jambes aussi. Je passe un jet brumisateur qui me rafraichit et cela fait vraiment du bien. Il fait 33°C à l’ombre et il n’y a pas beaucoup d’ombre sur le début du parcours, les bénévoles sont aux petits soins avec nous dans cette partie running.
Et me voilà parti pour 4 tours de 5km autour du lac Courtille, pour finir le semi-marathon … du point de vu du temps, il me semble que je suis bien, d’après mes estimations je devrais le faire en 2h30-2h40.

J’avais bien remarqué une grosse bosse dans le parcours (sur le site openrunner.com), mais il semble qu’il y ait une deuxième dans ce tour autour du lac. En tout il y a  66m de dénivelé positif par tour, c’est bien ce que je vois en courant, mais sur 3 bosses sur des chemins plutôt que sur du goudron. Bon ça devrait le faire de toute façon.

1er tour

Le premier tour est bouclé en 39 min environ .. je ne calcule pas mon temps, mais les jambes vont bien et je me sens bien. J’ai aidé un coureur dans son dernier tour qui était torturé de crampes, il a lourdement chuté dans la partie descendante, je l’ai aidé comme j’ai pu pour le remettre sur pied avec un autre coureur.

2eme tour

Je crois qu’au deuxième tour mon pote Alain me double, il est bien et semble bien en forme. Moi je commence à tirer la langue à cause de la chaleur et la fatigue est bien là. Mais je suis confiant, je m’amuse avec quelques bénévoles qui pensent que j’en suis à mon dernier tour. Non il m’en reste 2 … et ça va être dur.

Au passage à la fin du 2e tour je fais mes calculs … je refais mes calculs …  je vais être hors délai. Bon refaisons les calculs, il me reste 2 tours, cela fait 6 heures que j’ai commencé ce triathlon … le deuxième tour est bouclé en 42 min … si je ralenti encore je suis mort et je suis hors délai.

La solution est simple: il faut accélérer

Facile à dire devant mon ordinateur, mais faisons l’état des lieux: la vitesse chute dangereusement, la chaleur est écrasante et j’ai un gros warning sur mon tableau de bord qui clignote depuis un long moment: Mon voyant de batterie est au plus bas, je n’ai plus de jus, plus rien, je suis naze, crevé, HS, à l’ouest, mais il faut continuer. Vaille que vaille, je peux finir, mais dans les temps cela sera impossible, à moins de remonter le temps.

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Passage du 2 ou 3e tour en CAP, on sent la fatigue

3e tour

C’est le crépuscule, le crépuscule de ma course, les jambes sont là, enfin ce qu’il en reste, mais je cours, je marche, je cours, et je boucle le 3e tour en 49 min. C’est la CATA totale, les montées bien raides du bord du lac ressemble à la montée du col de la Faucille. Le voyant de batterie de mon tableau de bord ne s’éclaire même plus, je risque la panne sèche. Je sais que je finirai, mais tout le monde dormira c’est sûr. Au passage du 3e tour, le speaker ou l’un des organisateurs s’approche de moi et me dit très diplomatiquement :

  • Lui: « tu ne seras pas classé, tu es hors délai »
  • Moi: oui je sais (la mort dans l’âme)
  • Lui: tu veux finir
  • Moi: oui (la rage au ventre)
  • Lui: ok pas de souci vas-y …

Je repars motivé comme jamais, tant pis je ne serai pas classé mais je finirai « NA »! Je n’abandonnerai pas.
Cela fait un moment que je vois Alain devant moi au bord du lac, il est droit comme un « I », il court il court, il est bien, il finira.

Je continue, je continue, je n’abandonnerai pas, non, pas d’abandon, NON, NIET, NADA
Mais je commence à réfléchir, intérieurement je me disais peut-être que les organisateurs repousseraient un peu les barrières horaires à cause de la chaleur et avec 10-15 min de plus je pourrai finir, je viens de passer le 3eme tour vers 6h53m de course, ça devrait aller. Mais depuis la fin du 3ème tour je ne fais que marcher, il ne reste rien, je ne cours plus, je marche, je suis OUT.

Ça y est je bascule, je verse, je tombe du mauvais coté, plus de retour en arrière, la décision est prise 3 lettres résonnent dans ma tête DNF, DNF, DNF: Did Not Finish … J’abandonne, à quoi bon continuer pour rien, pas la peine de se faire mal, ça ne sert à rien, donc si c’est pour être non-classé: BASTA, ultime action de ce triathlon: j’éteins ma montre GPS et je fais marche arrière. Ça y est je suis mort

J’arrive sous l’arche d’arrivée, je donne ma puce bien avant pour ne pas être détecté comme Finisher. Les bénévoles me donnent quand même un T-Shirt de Finisher, promis je vais barrer le mot « Finisher » pour ne pas usurper ce « non-trophée ».

Ensuite j’attends Alain avec impatience qui finira en 7h32 sur les rotules et avec des crampes, il finira en marchant mais il finira !!! Bravo Alain!

Petite Analyse à froid

Mon but était de finir dans les temps, ce ne fut pas vraiment le cas. Mais après avoir de nouveau regardé mon entrainement des 2 derniers mois et en le comparant avec l’entrainement de Jogging International, je vois que je n’ai pas trop suivi ce plan.
En durée et en kilomètres, je l’ai bien suivi, mais je n’ai pas fait assez d’enchainements vélo -> course à pied. Je me sentais bien après le vélo, les jambes étaient bien, mais je n’avais plus vraiment de puissance pour monter les 2 ou 3 bosses du lac de Courtille. Je pense qu’en suivant mieux ce plan et en dédiant plus les dimanches aux enchainements natation-vélo et vélo-course à pied, j’aurai peut-être un peu mieux fini. Mais étant un peu têtu sur les bords, je reviendrai et je finirai un L en 2019 … ou 2020

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Un peu de frais après la canicule

 

 

Triathlon du Chemin des Dames 2018 (20/05/2018)

Une première depuis longtemps, je change un peu de sport. Fini la course à pied à profusion du lundi au dimanche. Depuis le début de l’année, je diversifie les sorties pour le Triathlon de Guéret au format L. L comme longue distance: 1,9km de natation, 90km de vélo et 21,1km de course à pied. Alors depuis le début de l’année je nage, je roule et comme toujours: je cours.
Pour me roder un peu, pour cette course un peu hors norme dans la Creuse, j’ai intégrer une petite course pour entrainer les automatismes et éviter les erreurs du débutant. Pour me jeter à l’eau (et sans jeu de mots) j’ai participé au Triathlon du Chemin des Dames dans l’Aisne, dans la commune de Chamouille … oui je sais ça ne s’invente pas. Pour vraiment débuter, le format choisi était un Triathlon au format M, soit: 1,5km de natation, 38km de vélo et 10km de course à pied

Retrait des Dossards

C’est alors, avec mon vélo, ma combinaison de natation et mes running, que je débarque dans cette ville des Hauts de France. Le retrait des dossards est assez identique à ceux en course à pied ou en trail, à la seule différence que l’on nous offre a un magnifique bonnet de bain très FLASHY avec le numéro du dossard.
Avec un bonnet pareil, on nous verra de loin même en pleine nuit.

Bonnet de Bain Ultra FLASHY pour ne pas se perdre dans l’étang de Chamouille

Avant le départ

Le jour de la course, le dimanche, avec mon pote Alain, celui même qui m’a défié pour faire le triathlon L de Guéret, nous arrivons assez tôt pour nous mettre dans l’ambiance, mais surtout pour trouver une place de voiture et préparer nos affaires.

On tâte un peu la température du lac de Chamouille pour voir si l’eau ne sera pas trop froide. Un triathlète qui a couru la distance S le matin M même, nous aborde et nous assure que l’eau est à la bonne température. Et effectivement à se tremper les pieds et les mains elle semble plutôt bonne, elle est à 19°C.

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Avant le départ

Le départ

Avec Alain on vient de nager un peu et de faire 200-300 mètres dans l’étang, il regorge d’algues et n’est pas très profond. Je me retrouve à nager dans de la salade. Moi qui flippait un peu des grandes profondeurs, me voilà emmêlé dans 1mètre d’eau remplie de plantes vertes.

Après un long speech de l’animateur qui nous donne les bonnes consignes pour rouler  en respectant le code de la route (faut-il marquer les stops et poser un pied à terre?), le départ est enfin donné. Me voilà parti avec une nuée de lucioles fluorescentes (les bonnets de bains) pour 1500m de nage dans une étang infesté d’algues et de nageurs.

La natation: 1500m, 2x750m passage à l’Australienne

Alain part devant moi, enfin c’est ce que je crois. Tout le monde se ressemble avec une combinaison noire, des lunettes de bains et un bonnet jaune fluo. Je le vois donc partir, comme une balle devant moi. On est au milieu du peloton et la grande bataille commence. Je commence à me mettre à l’eau et là, c’est la grande bagarre. Certains commencent à nager et disparaitre, d’autre se montent les uns sur les autres. Je touche des pieds, des mains, des têtes, il y a des nageurs de partout, à droite, à gauche, juste en dessous « Oups pardon monsieur je vous nage dessus » au dessus « hé fais gaffe, tu me nages dessus ». En résumé, 600 nageurs lancés d’un coup, c’est une véritable orgie de batraciens en néoprène !

« Mince mes lunettes », me dis-je. Un nageur vient de donner un coup dans mes lunettes. Avec mes lentilles de vues si l’eau rentre dans les lunettes c’est la catastrophe!
Ma ou mes lentilles vont disparaitre dans l’eau et je n’aurai plus que ma myopie pour pleurer. Le pire serait de perdre qu’une seule lentille et de finir le triathlon en fermant un bon œil (et le bon). Heureusement, l’eau ne rentre pas dans mes lunettes et je peux continuer à nager. Mais c’est vraiment difficile, il m’arrive des nageurs de partout, mais petit à petit cela se calme, le peloton se disperse et je peux nager sans problème.

Après les 750 premiers mètres on fait le « passage à l’australienne », on marche 100m et on repart pour une deuxième boucle. C’est moins le bazar, mais l’eau toujours remplie d’algues est maintenant complétement noire, 600 nageurs viennent de passer et on remuer le fond et la vase. En plus j’ai une algue accroché à ma puce de chronométrage, je la sens depuis le début, rien de grave mais cela m’énerve, je sens une algue qui me retient.
Je ne vous l’ai pas dit, mais je penche à gauche, mais bien à gauche. Je nage de plus en plus sur le coté gauche, un des organisateurs vient me voir en kayak pour me demander si tout va bien. J’essaie par tout le moyens de re-pencher à droite et de rejoindre le peloton de nageurs aux bonnets fluos et heureusement je me refais nager dessus dans la meute: le pied.

Petit à petit l’arrivée de la première partie arrive enfin, je me sens bien, mais les algues et la cohue de nageurs commencent à me saouler, vivement la fin. Ça y est je touche terre, je monte sur embarcadère et là me revoilà avec 2 belles crampes aux ischio-jambiers. Là encore une belle surprise, jamais eu de crampes ici, jamais pendant tous mes entrainements depuis 6 mois.
Tous les triathlètes se précipitent vers leurs vélos. Pas moi, je prends mon temps, je suis en mode découverte et je marche pour reprendre mon souffle. Je me fais bousculer, je ne dois pas être assez grand alors.

J’essaie d’enlever ma combinaison de natation, mais le cerveau est en mode OFF. Non Sylvain, si tu veux enlever la main gauche il faut lâcher le bonnet et les lunettes de ta main gauche, sinon ça ne passera jamais.
J’arrive aux vélos, pas mal de monde est déjà parti et j’arrive dans les derniers, je jette un coup d’œil: le vélo d’Alain est encore là!
Il ne doit pas loin derrière. Je prends mes affaires, mon vélo, j’espère que je n’oublie rien et me voilà parti pour 38 km. A ma montre j’ai mis 36 minutes pour la natation, bien plus que ce que j’avais prévu, mais rien de grave. D’après mes savants calculs, je devrais mettre 1h39m pour faire les 38km de vélo et les 600m de dénivelés.

Le vélo 38km D+600m

Je monte sur le vélo, je suis trempé, ça fait un peu bizarre la première fois. Ça monte un peu et les spectateurs nous encouragent. Je mouline tranquillement, il commence à faire un peu chaud, mais je prends un peu mon temps. Je me sens bien et je n’ai aucune courbature de la nage. Je me fais pas mal doubler au début, surtout des coureurs avec des vélos qui ressemblent plus à des avions de chasse à plusieurs milliers d’euros qu’à des vélos de course.

Au milieu du parcours, une belle montée à plus de 10%. Un des avions de chasse qui vient de me doubler et qui fait un boucan d’enfer (un truc qui frotte sur sa roue ou son dérailleur) s’arrête … bizarre vient-il de crever ? Non, la pente elle est trop dure pour lui !!! Non je crois rêver, un mec qui se balade avec un vélo de triathlon et qui n’arrive pas à monter une pente de 10% … j’en tombe presque de mon vélo.
Un peu plus loin je double un coureur, il me dit « c’est les Alpes ici! » … je lui réponds … « non je viens des Alpes et ici c’est (presque) plat », bon je comprends mieux sa phrase quand il me dit qu’il vient de Picardie. Pour moi cela reste quand même relativement roulant, vu qu’il n’y a pas de col à passer, enfin un col à plus de 1000m je m’entends.

Ensuite je fais un petit bataille avec un coureur (le 481), qui me double, que je double et qui me redouble encore et on recommence plusieurs fois. Vers la fin du parcours, il y a une longue ligne droite en faux plat montant, j’embranche la 5e et je file, petit à petit je double pas mal de monde, je mouline, je me sens bien, même très bien, je flirte avec les 30km/h. Une dernière descente et on revient sur Chamouille. Pas de nouvelles d’Alain, il ne doit pas être loin derrière, mais je suis sûr qu’à la course il va bien vite me rattraper.

J’ai mis 1h34m, un peu mieux que ce que je pensais mais le plus dur est à venir

La course à pied, 10km

Je passe dans le sas pour ranger mon vélo et me préparer pour la course à pied, je me sens bien après le vélo. Je me change, je mets mes chaussures de running, ma casquette et me voilà parti pour 10km de course à pied. Je ne connais pas vraiment le parcours, mais en sortant du parc à vélo, je file sur de la pelouse fraichement tondu.

Mes jambes vont bien, mais j’ai l’impression de ne pas avancer, je me traine, tel un vrai zombi, je n’avance pas. Je regarde ma montre je suis dans les 10-11km/h, mais je trouve que je n’avance pas. En fait je pense que je suis habitué à la vitesse du vélo (entre 20 et 30 km/h) et mon cerveau me dit qu’à 10km/h je me traine comme un petit vieux. En plus il fait assez chaud et lourd (environ 28-30°C)

Je sens que la course va être dur et difficile, je n’ai pas de référence de cardio, je l’ai laissé dans mon sac, mais je sais que je suis dans le rouge. Le premier km se fait, mais il y a des petites montées, difficile de tenir le rythme. Les kilomètres s’enchainent avec des petites montées casse-pattes, je marche dans les montées, la machine est en sur-régime.

Un petit ravitaillement près du 3 ou 4e km, je prends un gel « coup de fouet », c’est vraiment efficace, je me retrouve bien mieux pendant quelques temps. Je continue, j’attends la mi-course avec impatience, il fait chaud et je suis toujours en surchauffe.

Au km 5 ou pas loin, on récupère un bracelet en plastique pour indiquer que l’on est bien arrivé au point le plus loin de la course, c’est un moyen économique contre les petits malins qui veulent tricher. En repartant je croise Alain qui n’est pas loin derrière moi, il a dû bien rouler à vélo, et à sa vitesse en course à pied il ne va pas tarder à me rattraper. Je continue, je m’accroche, mais j’alterne course et marche, la chaleur est toujours étouffante!

Le dernier km, j’y suis c’est bientôt fini, Alain réalise quelques mètres avant de me doubler que c’est bien moi, il continue me double et me dit de m’accrocher, il est bien, je m’accroche. En arrivant avant le dernier virage, un crampe dans les mollets ou les jambes arrivent, je marche un peu en laissant Alain terminer seul … mais après quelques mètres je repars, j’essaie de le rattraper, mais il est trop loin. Je fini 22 secondes derrière Alain en 3h18m58s. Je visais les 3h15m, on va dire que ce n’est pas si mal pour un premier Triathlon.

Voici mes temps officiels sur le site du Triathlon du Chemin des Dames

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J’ai bien pris mon temps lors du premier changement entre la natation et le vélo, j’avais surtout peur d’oublier quelque chose, lors du deuxième changement j’étais un peu moins stressé.

Par contre je suis assez content de mon classement sur la natation (415e), par contre en vélo j’étais persuadé d’avoir doubler pas mal de monde, mais j’ai vraiment dû perdre du temps ailleurs et me faire doubler à la sortie de la natation.
Étrangement à la course à pied, mon classement est meilleur qu’en vélo, alors que j’ai eu l’impression de me trainer comme un petit vieux.

Conclusion

Pour ce premier triathlon, je finis dans les derniers, mais je finis dans les temps que je m’étais fixé. Je voulais être un peu moins rapide en vélo, et finir un peu plus rapidement à course à pied. Mais l’enchainement vélo-course à pied fut bien plus dur que prévu, pas dans les jambes (je n’ai pas eu de crampes, ni de contractures) mais plutôt la fatigue générale, je manquais cruellement d’énergie pour finir et la chaleur était vraiment étouffante.

Maintenant, direction pour le Halftriman de Guéret pour le Triathlon distance L

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Après la course et toujours avec le sourire

Un grand merci à tous les bénévoles pour cette super course et la très bonne ambiance.

Un super merci à Alain qui m’a emmené dans le monde du Triathlon que je ne connaissais pas du tout !

Début de l’entrainement pour le Triathlon de Guéret

Voilà 2 mois et demi que je suis le plan d’entrainement pour un triathlon (distance L ou Half-Ironman), deux mois que je suis presque à la lettre le plan de Jogging International. Oui presque à la lettre, vu le temps assez pluvieux en ce début 2018 et les journées un peu courtes en soleil, j’ai un peu délaissé le vélo en ne faisant qu’une séance par semaine, mais j’ai bien suivi les 2 séances de piscine préconisées par mon ami Alain le Triathlète.

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Résumé d’entrainement Triathlon L

Il y a plus de couleurs que lors des préparations des Trails ou des courses, n’est-ce pas ? En tous les cas, je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup perdu en course à pied. Par contre en natation et en vélo les progrès sont là et bien là

Progrès en Natation

Quand on part de zéro ou presque il est facile de progresser, je ne partais pas de zéro en natation, je savais nager, mais je partais de loin.
J’étais très « brasse » et pas du tout « crawl », Alain le triathlète m’a surtout recommandé de m’entrainer en crawl, car la brasse utilise beaucoup trop les jambes, et dans un triathlon justement on a encore besoin de ses jambes. Donc, j’ai fait mes gammes, comme un pianiste le long de la piscine de Ferney-Voltaire, j’ai aligné les bassins. Début février, en revenant de vacances au Mexique, le déclic s’est fait et j’ai pu enchainer les longueurs en crawl sans trop m’essouffler.

Puis en faisant les exercices de l’entrainement de JI, la vitesse, la fluidité (recommandé par Briag) se sont vite améliorées. Cette semaine j’ai fait un test de 2000m sans arrêt, sans exercice spécifique, juste une séance de crawl avec un pull buoy. Enchainer les 80 bassins d’une traite … et les records sont tous tombés:

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Donc, en s’entrainant 2 fois par semaines, avec un pull buoy et des plaquettes, le crawl peut très bien se perfectionner sans problème en quelques mois. Bon maintenant, il faut que j’apprenne à faire la culbute et la respiration tous les 3 mouvements.

Progrès en vélo:

Là aussi en partant de zéro ou presque, il n’est pas difficile de faire des progrès. Je ne suis pas très assidu avec la « Petite Reine » même si j’ai toujours eu une grande affection pour celui-ci. J’ai là aussi suivi l’entrainement de Joggin-International. Mais pour voir les progrès c’est un peu plus subtil. J’ai bien regardé la théorie de la puissance développée par un cycliste sur un parcours: en fonction du poids du cycliste+vélo, du dénivelé, du vent et des forces de frottements. J’ai aussi lu quelques sites et blogs concernant la puissance en vélo et j’ai même installé un estimateur de puissance sur ma montre Ambit2 de Suunto. Bref je peux vous faire un cours sans problème.

J’ai fait des courbes et analysé mes sorties les plus importantes (entre 50km et 75km) pour voir si ma puissance avait un peu évolué. Et d’après Strava et le site bikecalculator, il semble que j’ai un peu gagné en puissance depuis le mois de Janvier-Février, environ 20W passant de 120-130W à 140-150W en moyenne lors de mes sorties.

Très bien mais tout cela pour dire quoi ?

C’est très bien mais ça veut dire quoi de gagner un peu de puissance lors d’un triathlon ou d’un course cycliste?
En résumant un peu la théorie des forces mécaniques:

  • Plus on est puissant, plus on va vite.

Je sais, ce n’est pas très révolutionnaire, même Lance Armstrong le sait depuis longtemps.

Ma grande peur actuellement est le parcours à vélo du Triathlon de Guéret et sa barrière horaire: 92km en moins de 4H cela fait un vitesse de minimale de 23km/h pour un dénivelé de 1100m.

Donc la question du mois de Juillet est: quelle est la puissance minimale que doit avoir un cycliste pour finir le parcours vélo ? Vous avez 30 minutes et je ramasse les copies !!!

Il existe pleins de sites, mais un m’a beaucoup plu velomath.fr pour sa simplicité et pour une courbe très simple qui permet de voir un point très intéressant:

puissance_velo
Vitesse, dénivelé et puissance du cycliste

Cette courbe s’applique très bien à moi, je fais environs 76kg, mon vélo 8,5Kg, soit a peu près 85Kg. Non, je n’ai pas calculé mon Cx en soufflerie, l’influence me semble pour le moment largement négligeable et mes calculs assez approximatifs pour négliger ce point là.

Sur la courbe on voit que la vitesse et la pente du parcours sont assez linéaires entre elles (sur des petites variations) et cela pour une puissance donnée. Par exemple pour Guéret le dénivelé est de 1100m pour 92km, soit une pente de 1100/92000=0,0119=1,19%. Si on cherche le point 23km/h (vitesse minimale) pour une pente de 1.19% on trouve à peu près 150 Watts (le point rouge sur la courbe).

J’ai donc repris mes sorties à vélo et j’ai fait la même courbe pour extrapoler ma vitesse à Guéret. Bien entendu la puissance n’est pas très fiable, mais je trouve a peu près les mêmes données linéaires. En bon ingénieur matheux, j’ai appliqué la méthode « des moindres carrées » et l’estimation me donne une vitesse entre 23,5km/h et 24,6 km/h pour faire les 92km de Guéret

La marge de manœuvre est donc « très limitée », si je fais du 24,6 km/h, je finirai l’étape vélo en 3h45min … j’ai donc 15 minutes de marge pour me changer et repartir en courant … ça va être très très court.

Objectif, rouler pour faire le premier des deux tours du parcours à 24km/h pas plus sinon c’est la panne sèche assurée au deuxième tour.

Ensuite il faudra faire le semi en moins de 2h30m … ça va être limite ce Triathlon de Guéret, les chiffres sont là !!!!

Je commence officiellement l’entrainement pour le Triathlon lundi prochain (23 avril 2018) pour 10 semaines.

1, 2, 3 … Nager, Pédaler et courir

Voilà 2 mois que toutes les semaines je m’entraine à la piscine de Ferney-Voltaire et je ressors mon vélo. Si, si jusqu’à 2-3°C je sors le vélo, ça caille mais en étant bien couvert, on survit sans problème dans les montées, mais je l’avoue le froid est tenace dans les descentes.

Nager

J’ai bien repris la natation, mon premier but est de pouvoir nager sans perdre mon souffle en nageant le crawl. En brasse, je suis assez rapide et je ne m’essouffle pas, mais d’après plusieurs conseils de vieux Triathlètes, il vaut mieux économiser les jambes en nageant le crawl.
Après 2 mois et environs 10 séances et un peu plus de 12 000m de nage, je commence à vraiment me sentir à l’aise. Plus d’essoufflement après 100m de nage libre, je peux maintenant enchainer les bassins sans problème. La glisse commence à venir et la vitesse aussi, j’enchaine les séances entre 1700 et 2300m, 2 fois par semaines et en 2 mois les progrès sont vraiment là.

Pédaler

Sur le vélo, je ne pars pas de zéro, mais l’année 2017 n’a pas été sur 2 roues, à peine 500km. D’après ce que j’ai lu et entendu concernant le Triathlon, il vaut mieux beaucoup miser sur le vélo et sur la natation.
Toutes les semaines, suivant la météo (j’évite la neige, la pluie et le brouillard), je fais une sortie entre 40-60km pour me dérouiller les jambes.
Ensuite pendant la période d’entrainement, qui commencera fin avril, je passerai à des distances plus longues de 60 à 100km pour la sortie longue, et une sortie pendant la semaine, le parcours Bureau-Maison de 60km sera parfaite pour cela. De plus la Suisse étant championne des pistes cyclables par rapport aux routes défoncées du Pays de Gex, je vais essentiellement faire des aller-retour à vélo.

Courir

On arrête pas un sport que l’on aime, j’en fais beaucoup moins, 2 à 3 sorties par semaines en fonction des autres activités. Ce jours-ci difficile de sortir sans avoir 10 cm de neige. Je me suis fait un belle sortie au bureau dans la poudreuse de Cheseaux (de la neige jusqu’au mollet), le plus dur fût de trouver le chemin caché par le poudreuse et de penser que mes Yaktrax étaient bien au chaud chez mois